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Mardi 5 juin 2007
Voici la liste des interdictions concernant les Palestiniens, selon une étude de l'Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Interdictions permanentes :

- les Palestiniens de la bande de Gaza ne peuvent demeurer en Cisjordanie ;


- les Palestiniens n'ont pas le droit d'entrer dans Jérusalem-Est ;

- ceux de Cisjordanie ne peuvent pas entrer dans Gaza par le point de contrôle d'Erez ;

- ils ne peuvent pas se rendre dans la vallée du Jourdain ;

- ils ont l'interdiction d'aller dans les villages, les terres, les villes et les alentours de la zone (seam line) située entre le mur de séparation et la "ligne verte" ;

- ils n'ont pas le droit d'entrer dans les colonies (même si leurs terres sont à l'intérieur de la zone colonisée) ;

- ils n'ont pas le droit d'entrer en voiture à Naplouse ;

- les Palestiniens résidant à Jérusalem ne peuvent pas aller en zone A (dans les villes palestiniennes de Cisjordanie) ;

- ceux de la bande de Gaza ont l'interdiction d'entrer en Cisjordanie par le check-point d'Allenby (frontière jordanienne) ;

- ils ne sont pas autorisés à partir à l'étranger par l'aéroport Ben-Gourion ;

- les enfants de moins de 16 ans n'ont pas le droit de quitter Naplouse sans un certificat de naissance (original) et sans être accompagnés par leurs parents ;

- ceux qui ont des permis pour entrer en Israël ne peuvent le faire par les mêmes points de contrôle que les Israéliens et les touristes ;

- les résidents de Gaza ne peuvent pas s'installer en Cisjordanie ;

- les résidents de Cisjordanie n'ont pas le droit de s'établir dans la vallée du Jourdain, ni dans les communautés de la zone proche de la "ligne verte" ;

- les Palestiniens ne sont pas autorisés à transporter des marchandises entre les différents check-points de Cisjordanie.

Assignation à résidence :

- les résidents de certaines localités de Cisjordanie n'ont pas le droit de voyager dans le reste de la Cisjordanie ;

- les personnes d'un certain groupe d'âge (essentiellement les hommes de moins de 30, 35 ou 40 ans, suivant les niveaux d'alerte) n'ont pas le droit de quitter les zones où ils habitent - en particulier Naplouse et d'autres villes du nord de la Cisjordanie ;

Points de contrôle et barrières :

- en janvier, on comptait 75 points de contrôle gardés en Cisjordanie ;

- il y a en moyenne quelque 150 check-points mobiles ;

- il y a 446 obstacles placés entre les routes et les villages (cubes de béton, murs de terre, 88 grillages en fer), et 74 km de barrières le long des routes principales ;

- il y a 83 portes en fer le long du mur de séparation, coupant les propriétaires de leurs terres. Seulement 25 d'entre elles sont ouvertes de temps en temps.

 

Source: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3218,36-919122@51-918189,0.html

par Le monde publié dans : Proche orient
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Lundi 14 août 2006

Le Comité International de la Croix Rouge a violemment critiqué dimanche le grand nombre de victimes civiles dans le conflit au Liban, considérant cela comme « inacceptable ».

« Le Comité International de la Croix Rouge a exprimé ses inquiétudes concernant les précautions insuffisantes prises dans les attaques par les parties du conflit armé », a dit l’agence dans un communiqué. « Il est inacceptable qu’après plus de 30 jours d’opérations militaires continues, toutes les précautions nécessaires pour épargner la vie des civils et de ceux engagés dans le travail médical n’ont toujours pas été prises », a-t-elle ajouté.

L’agence humanitaire a mis le doigt sur une frappe aérienne israélienne sur des centaines de personnes fuyant la région de Marjayoun par voiture, qui a tué au moins six personnes et en a blessés 32 le 11 août. Un volontaire de la Croix Rouge libanaise a été tué dans le raid alors qu’il essayait de donner les premiers soins à une personne blessée, a-t-elle dit.

Deux autres volontaires de la Croix Rouge libanaise ont été blessés lorsque leur ambulance avait été frappée par "deux projectiles" à l’est de Tyre, bien qu’il n’y avait pas de combats dans les alentours, a dit le communiqué. « Le CICR déplore l’impact lourd des hostilités sur les civils et sur le personnel médical et les biens de l’urgence de la Croix Rouge libanaise ».

Elle a aussi déploré « le manque continu du respect des règles gouvernant la conduite des hostilités, telle que la distinction entre les objectifs militaires et les personnes et objets militaires », a ajouté le communiqué.

par Groum publié dans : Proche orient
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Lundi 7 août 2006

Depuis le déclenchement des « représailles » israéliennes contre les territoires de l’Autorité palestinienne puis contre le Liban, le spectacle des journaux télévisés des chaînes françaises, publiques comme privées, nourrit un malaise croissant.

Une rhétorique sectaire et simplificatrice criminalise toute résistance - libanaise ou palestinienne - « justifiant » ainsi plus ou moins explicitement, outre l’assassinat de centaines de civils, la destruction sous les bombes de toutes les infrastructures de ces sociétés. En comparaison avec les autres médias européens, en particulier la BBC, ces chaînes françaises apparaissent désormais à une bonne partie du monde francophone - qui s’en détourne irrésistiblement - comme l’instrument d’une désinformation dont la crédibilité politique de la France paiera inévitablement le prix.

Aux rois des non-dits du 20 heures et des « plateaux » qui penchent sous le poids des « philosophes à gages » et autres « experts » auto-proclamés, aux princes des débats à sens inique, aux reines des enquêtes à œillères et des docus menteurs, aux montages qui trichent et qui truquent, aux mages du « 50-50 » (une minute pour les cratères et... une pour les canons) comment dire la rage ressentie devant de telles « informations » ? Comment vous dire : « Assez » ! L’arme des mots nous forge un nouveau nom : vous serez désormais la « TELAVIVISION » !

A la télavivision, on creuse le vieux sillon du sens commun de la haine ordinaire : de Gaza à la banlieue sud de Beyrouth, on stigmatise indistinctement- et aussi aveuglément qu’en leur temps ses pères nationalistes - l’entière génération politique dite « islamiste » tout entière identifiée au « terrorisme ».

À la télavivision, l’histoire religieuse des uns est pourtant la bienvenue à cimenter l’unité d’une nation et de son armée. Mais celle des autres ne produit qu’un « intégrisme » révoltant.

A la télavivision, un homme politique fréquentable n’est donc pas celui qui a su mériter le respect des siens et se faire élire démocratiquement : c’est celui qui se laisse désarmer et se soumet docilement au diktat du pays voisin !

A la télavivision, les centaines de tonnes de bombes américaines qui alimentent les arsenaux israéliens ou la longue tradition européenne de soutien sélectif à certaines « forces libanaises » sont mystérieusement oubliées et les « ingérences étrangères » ne sont plus que « syrienne » ou « iranienne » !

À la télavivision, la nucléarisation parfaitement hypothétique de l’Iran est la « grande menace » de l’heure, mais les kilotonnes, bien réelles, que l’arsenal israélien pointe sur tous ses voisins n’existent pas.

A la télavivision, seuls les guerriers d’un des deux camps ont une famille qui s’inquiète pour eux ! Etc.

En minimisant l’ampleur des cratères creusés par l’autisme guerrier israélien, la télavivision en creuse d’autres, plus profonds encore. Elle les creuse non seulement dans le tissu de nos relations avec le monde mais également au cœur de notre propre société : lorsque l’un des pieds d’une table est autorisé à être insolemment plus haut que les autres, c’est tout le « vivre ensemble » de la communauté internationale, ou nationale, qui peut s’en trouver, à terme, déstabilisé.

Au fur et à mesure que « la seule démocratie du Proche Orient », après avoir jeté en prison ministres et parlementaires de son adversaire, met en œuvre son droit à la « légitime défense » avec le soutien aveugle du pays où trône la statue de « la liberté », les mots piliers sur lesquels reposaient notre monde s’écroulent un à un. Quand comprendra-t-on enfin l’urgence de dépasser cette pernicieuse « télavivision » ?

 

Source: http://oumma.com/article.php3?id_article=2128

par Francoise Burgat publié dans : Proche orient
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Samedi 5 août 2006


En 16 jours de campagne militaire israélienne, près de 600 civils libanais sont morts. Plusieus milliers sont blessés, dont beaucoups souffriront d’un handicap.
Tous les principaux ponts du pays sont détruits. Les routes sont coupées. Les ports ont été attaqués, et sont sous blocus.
L’aéroport international est touché et fermé, et les 3 autres aéroports militaires (dont un toujours en chantier) ont été détruits.

Même les télévisions et les antennes de transmissions ont été détruites.
Bref, une destruction totale de l’infrastructure vitale du Liban.
Et bien sûr tout cela, c’est de “l’auto-défense légitime” de l’état d’Israel.

Cibler les terroristes

Le 13 Juillet, l’aviation israélienne, avec tout le progrès techinique, les missiles intelligents, et tout l’équipement de pointe dont elle dispose, etc... détruit une maison dans le village de “Al-Duwair” au sud Liban.
12 “terroristes” sont tués sur le coup : un homme, sa femme, et leurs 10 enfants.
Ce jour là, la fille de 3 mois avait un crayon dans sa main. L’aviation israélienne a cru que c’était un missile Katyousha.

Le 15 Juillet, cette même aviation super équipée, attaque un mini-bus, près du village de “Marwahin”. Ce bus tranportaient des habitants du village, qui l’ont quitté après le refus des forces de la FINUL des les aider, suite à un ultimatum israélien de quitter le village.
23 “terroristes” sont morts. Plus de la moitiée étaient des enfants. Une fillete, de près de 5 ans, portait une chemise blanche. C’est la même couleur que la chemise que porta Nasrallah, un certain jour.
L’aviation israélienne a cru que c’était le chef du Hezbollah.

Le 19 Juillet, aussi cette même aviation qui filme tout à l’aide de ses satellites dernier cri, bombarde le village de “Srifa”. 30 “terroristes” sont morts. Beaucoup étaient des enfants.
Parmis eux, un enfant avec son biberon. Bien vide, vue le manque de nourriture au sud, l’aviation israélienne a cru que c’était un militant qui se prépare a lancer une grenade.

Détruire l’infrastructure des terroristes

Plusieurs dizaines de tonnes de bombes se sont abattues sur la banlieue sud de Beyrouth.
Des dizaines d’immeubles sont détruits. En gros, c’est similaire a la destruction de Varsovie par les Nazis.
Dans un de ces immeubles détruit, il y avait un bureau d’un reponsable politique du Hezbollah.
Un bureau vide évidement.

Le missile israélien ne l’a pas touché. Il a raté sa cible. Par contre, l’immeuble a disparu.
Dans l’immeuble d’en face, il y avait un vendeur de matériel informatique. On pouvait acheter des cédéroms à 50 centimes. Un ordinateur était sur une table.
L’aviation israélienne a cru que c’était le centre de commandement du Hezbollah.
L’immeuble a été rasé.

Un peu plus au sud, près des côtes de la mer, il y avait un pont. Déjà détruit (par Israel) et reconstruit plusieurs fois, il n’a pas échappé à la destruction de nouveau.
A l’Aéroport International de Beyrouth, on ne peut pas faire monter un couteau dans l’avion. Mais, c’était fréquent que des passagers (les militants du Hezbollah), transportaient des missiles.
Puisque les Katyoushas, sont des objets fragiles, c’était autorisé de les faire monter a bord.
Le 13 Juillet, l’aviation israélienne détruit les pistes de l’aéroport.

Conclusion

Des attaques ciblées, des bombes intelligentes, et des techiniques de pointe, ont permis a l’armée israélienne de détruire et tuer les “terroristes” et leurs “infrastructures”...
C’est pourquoi, ni le G8, ni le Conseil de Sécurité, ni la Conférenfe de Rome, a demandé un cessez-le-feu.
Israel fait bien son travail : tuer, tuer encore, et détruire.

On pourrait se demander, est-ce qu’on rêve ou pas, que le monde est en train de regarder un génocide sans réagir ?

Source:http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2521

par Adel publié dans : Proche orient
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Samedi 29 juillet 2006
Une catastrophe écologique s'ajoute aux maux endurés par le Liban : une marée noire de plus de 10 000 tonnes de pétrole souille toutes les plages depuis Jiyyeh, au sud de Beyrouth, jusqu'au rivage syrien.

"On n'a jamais vu ça, s'exclame Gaby Khalaf, directeur du Centre national des sciences marines, à Batroun, à 60 km au nord de Beyrouth. Toutes les plages sont imprégnées de pétrole, ainsi que les animaux que nous avons pu observer." Le ministère de l'environnement a lancé, jeudi 27 juillet, des appels à l'aide en direction de l'ONU, de Bruxelles, de la Syrie et de la Jordanie.

La fuite de pétrole provient du bombardement de la centrale électrique de Jiyyeh par l'aviation israélienne, les 13 et 15 juillet. Les bombes ont crevé plusieurs des six réservoirs de cette centrale de 346 mégawatts. Le pétrole contenu dans les citernes a brûlé pour une partie, et s'est écoulé dans la mer pour l'autre. Selon le ministère de l'environnement libanais, plus de 10 000 tonnes de pétrole ont déjà souillé la mer, tandis que 15 000 autres tonnes, provenant des réservoirs qui continuent à fuir, pourraient s'y ajouter.

C'est une quantité comparable à celle déversée par L'Erika en 1999 : 20 000 tonnes avaient alors pollué les côtes bretonnes. Dans le cas du Liban, les dégâts écologiques pourraient être plus importants, du fait que la Méditerranée a moins de capacité d'absorption que l'océan Atlantique. D'un autre côté, le pétrole serait du type IFO 140, un hydrocarbure moins polluant que le fioul lourd............

La suite ici:
:http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-734511,36-799569@51-759824,0.html
par Hervé Kempf publié dans : Proche orient
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Vendredi 28 juillet 2006

« Honte à vous qui ne parlez que de football alors que les Libanais et les Palestiniens meurent sous les bombes israéliennes ! ». Au cours de ces derniers jours, j’ai reçu plusieurs messages comparables à celui-ci. C’est vrai que j’ai beaucoup écrit sur le football et d’autres sujets futiles tandis que les chars israéliens entraient dans Gaza avant que l’aviation de l’Etat hébreu ne dévaste le Liban. Oui, je l’admets, il aurait fallu écrire sur les Palestiniens et les Libanais sans oublier les Irakiens ; il faudrait en fait toujours écrire sur ce thème, mais ce n’est pas aussi simple.

Le sort des Palestiniens, celui aujourd’hui des Libanais, est une peine à vivre que l’écrit indigné n’arrive pas à atténuer. Appelez cela de la résignation, c’est simplement que, trop souvent, je pense que cela ne sert plus à rien. Faut-il écrire parce que simplement « ça va mieux en le disant » ?

Les Algériens, les Arabes, les musulmans, partagent dans leur grande majorité le même sentiment de colère vis-à-vis de ce qui se passe au Proche-Orient. Voilà des années que je fais ce métier et voilà des années que nous n’arrêtons pas de coucher notre révolte sur le papier. Qu’avons-nous changé ? Rien. Nous ne faisons que nous lamenter et confronter, entre nous, des convictions que nous partageons totalement.

Pourquoi ne pas écrire alors dans la presse occidentale puisqu’elle s’adresse aux opinions qu’il faut justement convaincre ? Pourquoi rester silencieux quand la propagande anti-arabe est présente dès le réveil sur les ondes des radios parisiennes et qu’elle s’étale dans toutes les publications par le biais de pseudos experts en géopolitique qui n’ont de cesse de justifier le terrorisme d’Etat d’Israël (1) ? Ce n’est pas du silence mais de l’impuissance. C’est en fait un silence imposé, une censure qui ne dit pas son nom. Il existe certes des médias (Le Monde Diplomatique, Témoignage Chrétien,...) où l’on peut faire entendre sa voix mais ils sont bien peu nombreux. Nous vivons dans un monde où la raison du plus fort prime et où la mauvaise foi règne.

Pour arriver à toucher un public qui ne demande qu’à comprendre ce qui se passe au Proche-Orient, il faut surmonter les multiples pièges d’un racisme médiatique qui fait du sang arabe qui coule un événement mineur voire négligeable ou, à l’inverse, parfois même nécessaire au nom « de la démocratie et de la liberté ».

Il est évident que ce serait chose utile que de prendre position dans l’un des grands quotidiens français pour contribuer à défendre un point de vue plus juste ou qui aille tout simplement à l’encontre de ce scandaleux « Israël ne fait que se défendre » dont on nous rabâche les oreilles en permanence. J’ai essayé de le faire, en vain. Quel que soit le texte, il est soit refusé soit amendé et vidé de sa substance car, vous comprenez, un Arabe qui donne son avis sur l’attaque israélienne au Liban, ou sur le sort indigne fait aux Palestiniens depuis plusieurs décennies, est forcément un antisémite ou un adepte de la théorie du complot ou les deux à la fois... Voilà le problème. Nous sommes suspects au départ et notre propos est toujours accueilli avec méfiance.

A l’inverse, si je rédige demain un texte insultant l’islam, mon papier aura toutes les chances d’être publié dans les pages opinions les plus prestigieuses de l’Hexagone. Mais expliquer que les Israéliens sont en tort parce qu’ils pratiquent la punition collective - laquelle est interdite par la Convention de Genève depuis 1949 - est loin d’être aisé. Cela n’entre pas « dans les choix rédactionnels » ou encore, comme on me l’a expliqué un jour, « c’est trop déséquilibré, pas assez objectif ».

Il m’est donc très difficile de trouver un support - avec audience puisque c’est le but recherché - où il me serait possible de traiter madame Condoleeza Rice de... (non, restons courtois), parce qu’elle explique, sans ciller, qu’elle est certes concernée par le sort des civils libanais mais qu’elle estime que les opérations israéliennes ne peuvent s’arrêter tout de suite.

Des soupçons, on en attire aussi quand on appelle un confrère d’une chaîne d’information pour lui demander des explications sur cette phrase prononcée durant un journal télévisé : « Israël est pris en tenaille entre le Hamas et le Hezbollah ». Avec un peu d’insistance on s’entend dire « règle de l’équilibre et de l’impartialité » comme si les forces en présence étaient de puissances égales. De même, quand on demande à un autre confrère de la presse écrite pourquoi il oublie de mentionner que l’armement israélien est américain quand il précise systématiquement que les roquettes du Hezbollah sont de fabrication iranienne, on n’obtient aucune réponse si ce n’est un soupir agacé.

Et défendre les Palestiniens n’est pas sans risque dans un pays où Sarkozy, le ministre de l’Intérieur et candidat évident à la présidentielle, se présente sur TF1 comme « l’ami d’Israël » sans guère de compassion pour les civils libanais. Et que dire de toute cette classe politique, droite et gauche confondues, qui explique la bouche en cul-de-poule que cette guerre d’Israël « est juste »... Comme nombre d’autres événements géopolitiques, cela permet de clarifier les choses.

En France, être pour les Palestiniens, défendre le Liban, pleurer l’Irak, c’est se sentir vraiment à la marge d’une élite médiatico-politique dont on peut se demander jusqu’où va sa sincérité dans son soutien bruyant (intéressé ?) à Israël... « La France solidaire du Liban sans condamner Israël », titre le quotidien « de référence » du soir : totale schizophrénie, oui ! Et c’est dans ce même quotidien que l’on nous explique qu’Israël se sent faible et que c’est ce qui explique son offensive au Liban. Un grand moment de journalisme...

Ce qui est aussi dur à accepter, c’est de voir que les Euro-Maghrébins, qui ont habituellement un accès plus facile à la parole publique, se taisent et se terrent. Il y a dans ce lot, les « beurgeois » célèbres qui craignent de ne plus passer à la télé, des ambitieux qui rêvent d’un ministère, des écrivains qui traquent le prix littéraire, des essayistes qui pensent à leurs droits d’auteur et des artistes et des sportifs qui vivent dans la hantise d’être renvoyés dans leurs cités. Mais il est vrai que n’est pas Mohammed Ali qui veut.

(1) Lire à ce Sujet le texte de Vincent Geisser : « Expertise Géopolitique Ou Propagande ? » Oumma.Com, 17 Juillet 2006.

Le Quotidien d’Oran, jeudi 20 juillet 2006

par akram belkaid publié dans : Proche orient
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