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Mercredi 7 mars 2007
La France était en ébullition il y a quelques jours parce qu’il fallait défendre, à tout prix, la liberté d’expression. Tous les médias ont rendu compte de ce procès d’un autre âge, disait-on. La liberté d’expression était une valeur, une de NOS valeurs...non négociable. Bien sûr, bien sûr...


Depuis des années, je fais face à des atteintes patentées à la liberté d’expression. Les RG interviennent pour faire pression afin que des salles soient retirées, des administrations universitaires, des mairies annulent purement et simplement des invitations ou des conférences. Le principe de la liberté d’expression ne s’applique pas de la même façon pour tous... Bien sûr, bien sûr...


Des responsables de chaînes de télévision interviennent quand des journalistes ont l’audace - ou l’inconscience - de m’inviter. L’annulation tombe alors. Cette semaine, c’est Europe 1 qui s’y met. La responsable des programmes intervient et affirme que compte tenu de mes prises de position sur les élections présidentielles (ah ???!) et après les déclarations de Nicolas Sarkozy (sur les moutons sans doute...), mon invitation n’était pas la bienvenue. Annulation donc de l’invitation de ce mercredi. M. Jean-Pierre Elkabbach, en fonction et en mission de censeur, est évidemment moins en soutien de Nicolas Sarkozy que Alain Duhamel - qui n’a plus droit à l’analyse journalistique liée aux élections- l’est de François Bayrou. Quelle belle hypocrisie ! Quelle belle et équitable liberté d’expression. Bien sûr, bien sûr.


Les médias n’en parleront pas, la censure passera. Et pourtant ! La France se réveillera bientôt de ce sommeil des doctes censeurs et des intellectuels de fonction. Elle se réveillera car on ne pourra plus en France se moquer longtemps encore de citoyens qui sentent jour après jour que l’on se moque d’eux.


Ma parole gêne, on essaie de m’empêcher d’être entendu. Leur parole gêne et gênera de la même façon et de façon plus large et importante encore... mais elles / ils sont citoyens français et la France politique et citoyenne ne pourra plus compter sans eux.

Ils donneront, de façon légale, déterminée et sans violence, à l’univers feutré des salons politiques parisiens ce que d’aucuns ont donné de façon à peine symbolique sur un terrain de foot. Un “bon coup de boule”... Et les censeurs d’aujourd’hui, n’auront d’autre choix demain que de respecter et d’entendre les résonances de ce coup de boule métaphorique.

Nous sommes de passage. Les réalités politiques changeront... comme les politiciens, comme les journalistes qui montrent si peu de respect vis-à-vis des principes dont ils nous abreuvent tous les jours. Et pourtant...leur avenir ne résistera pas à l’épreuve du temps et de la cohérence.
par Tarik Ramadan publié dans : Analyse/ Chronique
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Dimanche 13 août 2006

La « démolicratie » du Moyen Orient, la seule, l’authentique, celle qui détruit ses voisins par tous les moyens possibles et inhumains, celle qui assassine femmes et enfants innocents et se revendique honteusement d’une souffrance qu’elle n’a jamais connue, celle qui est gouvernée par une néo-bourgeoisie militaire et sioniste formée par des Ashénazes…Israël que je ne dois nommer sous peine d’être taxé d’ « antisémite » tout autant que le serait un Jean Yves Camus critiquant des Juifs antisionistes… Israël, disais-je, ne permet même pas aux convois humanitaires acheminant vivres, nourritures et médicaments d’aider les populations qu’il a si injustement et si lâchement jeté sur les routes.


Cela me rappelle curieusement la façon de procéder employée par le Sionisme lors de la deuxième guerre mondiale à croire que l’histoire bégaie car on se souvient bien de l’aide refusée par le Congrès Sioniste aux Juifs victimes des persécutions nazies.

Mais bon… mon sujet est ailleurs !

L’ «humanisme» sioniste apparaît évident aujourd’hui et seuls les hypocrites et les menteurs ne verraient pas ses conséquences ni le danger qu’il représente pour la paix dans le monde.

Deux peuples sont en train de se mourir… et on les y aide !


N’est-ce pas là définition d’un génocide ?
Ou bien ne faut-il pas parler d’holocauste dès lors qu’Israël le commet ?
Ce pays serait-il la superstar de la planète ? Aurait-il le pouvoir de narguer le monde, d’y commettre des crimes impunément ?

Qu’est-ce à dire ?
Serions nous au pays des élus… théocratiquement ?

Comme par hasard, à tous les moments les plus criminels de l’histoire d’Israël, apparaît un fait dans le monde ayant pour but de détourner l’attention d’une Communauté déjà myope !
Aujourd’hui… c’est l’ « hypothétique » attentat de Londres déjoué par la police anglaise sur de simples présomptions qui fait vendre les papiers.

Et voilà… le tour est joué !
Il ne reste plus au monde qu’à se focaliser sur le Royaume Uni et non sur celui de David.

Et, bien évidemment, une fois étant coutume, notre glorieuse presse s’empare de l’événement qui fait la une de tous les journaux ! Les spécialistes en tous genres refont surface et la main d’El Qaida que l’on croyait manchot et cul de jatte se reconstitue !

Mais l’événement de Londres n’a pas été créé seulement pour cacher les crimes de guerre de l’Etat raciste. Non ! Je crois bien qu’il se prépare autre chose que nous ne connaissons pas mais qui apparaîtra bientôt car les pratiques d’Israël restent en fait les mêmes… toujours invariables !

Oui je crois que cette affaire en couvre une autre notamment l’offensive terrestre qui s’avérera être l’une des plus grandes boucheries du siècle ! On détourne donc l’opinion publique comme le font les Etats-Unis pour montrer qu’Israël est éternellement menacé et justifie ses attaques.

Nous savons que le pays de l’Oncle Sam  essaie de gagner du temps au Conseil de Sécurité afin de permettre à son protégé de pratiquer son crime contre l’humanité en silence mais sous le regard désintéressé du monde entier.

Mais… dans tous les cas les Arabes seront les barbares… ainsi que les Musulmans… mais aussi, ce que l’on oublie très souvent… les victimes !!!

Et Bush… notre crétin préféré qui parle de fascisme islamique… lui l’ « illuminé »… mais si… mais si… c’est lui qui l’a dit !

Source:http://www.islamiya.info/modules.php?name=News&file=article&sid=6327

par makhlouq publié dans : Analyse/ Chronique
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Dimanche 23 juillet 2006
« A partir de quand pouvons-nous utiliser les mots « Crime de guerre » ? Combien d’enfants doivent être déchiquetés dans les décombres des attaques aériennes israéliennes avant que nous rejetions la formule obscène « dommages collatéraux » et que nous commencions à parler de poursuites pour crimes contre l’humanité ? »
 
Depuis Beyrouth
Robert Fisk, journaliste, The Independent, 20 Juillet 2006
 
 
 
Le poète français Charles Baudelaire avait eu cette formule heureuse : « La plus belle ruse du diable est de nous persuader qu’il n’existe pas. » Dans la même veine, on pourrait affirmer que le succès le plus diabolique des comploteurs d’aujourd’hui est de nous persuader que les comploteurs et les complots n’existent pas...
 
 
L’instrumentalisation de « la guerre contre le terrorisme » a atteint des sommets de mensonges, d’hypocrisie et de terreur intellectuelle et politique à nul autre pareil. On aurait dû entendre, et se méfier, des propos de Ariel Sharon lorsque après les attentats du 11 septembre 2001, il avait affirmé que Yasser Arafat était « (son) terroriste » indiquant - avec une curieuse prémonition - qu’un jour les Palestiniens allaient payer la note de New York. Il fallait la médiation de quelques civils innocents - « dommages collatéraux » d’une stratégie de confrontation globale - en Afghanistan, puis en Irak, avant que la foudre ne s’abatte sur les Palestiniens dans « les territoires dévastés ».
 
 
Israël avait prévu d’attaquer le Sud Liban depuis quelques longs mois déjà. Les observateurs le savaient, le Hezbollah le savait. Ce dernier a choisi d’anticiper l’attaque pour déplacer le centre de gravité du conflit et en faire une question régionale et globale. C’était sans compter avec la veulerie des gouvernants arabes et leur complicité silencieuse alors que des centaines de civils innocents succombent sous les bombes. Mais nous le savions, le concept de « civils innocents » n’existe que marginalement dans le lexique des autocraties arabes.
 
 
On aurait pu s’attendre à ce que les Nations Unies, la voix proclamée de la sagesse des nations, interviennent, fasse cesser le massacre... De biens mauvais souvenirs reviennent à notre mémoire. Il y a plus de dix ans à Srebrenica, les forces de paix ont livré ceux qu’elles devaient protéger et qu’elles avaient auparavant désarmés. Au Rwanda, les forces des Nations Unies sont venues protéger et faire fuir les Blancs, « les étrangers » et ont proprement livré encore les Tutsis à la folie meurtrière des Hutus. Il y a une semaine, des familles et des civils libanais sont venus demander refuge dans le quartier général des forces des Nations Unies constituées de Ghanéens : ces dernières ont refusé de les protéger... sur la route de l’exil, quelques heures plus tard, ces familles - 27 personnes - ont été décimées par les bombes israéliennes. A quoi servent les représentants des Nations Unies ? Qui servent-elles enfin ? Une honte... à répétition.
 
 
Israël a annoncé qu’elle avait besoin d’une semaine à dix jours pour mener à bien ses opérations. Le G8 a demandé un cessez le feu, puis rien, le silence et la gêne. Par un heureux hasard des calendriers meurtriers, voilà que Condolezza Rice annonce sa visite dans la région... dix jours exactement après les précisions formulées par le Premier Ministre israélien. A croire que Tel Aviv tient l’agenda de la secrétaire d’Etat américaine. On n’oubliera pas de citer ici cette question - et la formule - de Nicolas Sarkozy au Ministre israélien de l’intégration qui venait « bénir » tout à la fois les Français qui ont décidé de s’exiler en Israël et la valeureuse armée israélienne : "De combien de temps l’Etat d’Israël a-t-il besoin pour terminer le travail ?" (Le Monde, 20 juillet). Terminer le travail ? Tuer des innocents, saccager un pays ? A l’aune des images qui nous parviennent quant aux conséquences meurtrières de « ce travail à finir », les propos de Sarkozy sont bien plus choquants que les formules « voyous » ou « racailles »... Une honte encore. Mais si peu d’échos dans les médias...
 
 
L’Agence France Presse vient de nous apprendre que les Etats-Unis avaient fourni ces derniers jours des armes aux Israéliens : « une commande de bombes à guidage de précision. » Pour éviter de tuer trop de civils sans doute... la belle humanité ! Pour Les Etats-Unis comme pour la Grande Bretagne tous ces morts, nous dit-on, sont les victimes de la nécessaire et impérative « guerre contre le terrorisme ». Cette guerre permet tout de fait... le terrorisme d’Etat, le meurtre, la torture, les enlèvements, les lois liberticides et, en aval, la criminalisation des immigrants et des demandeurs d’asile.
 
 
A celles et à ceux qui observent sans broncher les horreurs du Moyen Orient, l’oppression inique des Palestiniens, la souffrance des Libanais et qui pensent qu’il suffit d’être neutres et qu’ainsi ils seront protégés et sauvés du marasme comme le sont les « étrangers » du Liban que leur pays respectif protège et rapatrie par milliers quand les « Libanais », les « Arabes », sont laissés à leur misérable destin... à ceux-là, il faut dire avec force que la folie ou la complicité meurtrières des Etats-Unis et de leurs alliés a, et aura, des conséquences qui ne s’arrêteront pas aux frontières de leurs riches pays comme on y arrête les immigrants « de là-bas. »
 
 
Dans notre quotidien, dans notre paix sociale, dans notre convivialité, dans notre sécurité, dans nos lois, dans nos droits, dans nos libertés comme dans nos vies... nous ressentirons bien vite et très concrètement les conséquences de nos lâchetés devant la barbarie. Le silence de celles et de ceux qui ne savent plus dénoncer « les terreurs officielles » ni se lever en face de tant d’injustices et de telles horreurs est une honte, effectivement. Une de plus. A n’en point douter, nous serons un jour conviés - d’une manière ou d’une autre - à la table de ceux qui ont des comptes à rendre et nous devrons, comme tant d’autres, y boire la substance de notre honte et de notre démission déshumanisées. 
 
 
Ces derniers jours, je suis resté pensif. A quoi peut-il bien servir de « condamner le silence » de la communauté internationale face à l’oppression continuée du peuple palestinien et aux massacres perpétrés au Liban... A quoi cela peut-il bien servir, en effet ? Peut-être à se donner le droit - au nom de la cohérence - de faire silence quand les puissants de ce monde s’agiteront pour faire « condamner » les conséquences de leur silence ! Peut-être...il y aurait quelque logique à cela.
 
 
Ou peut-être plus simplement... au nom de la dignité... pour refuser de se taire et ne jamais cesser de résister aux oppresseurs et aux meurtriers, même riches, même « civilisés » !
par tarik ramadan publié dans : Analyse/ Chronique
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Jeudi 4 mai 2006

De plus en plus, se font entendre des voix d’intellectuels "engagés" qui annoncent un pseudo-choc civilisationnel irrésistible et programmé. Ils distillent ainsi au gré d’interventions médiatiques ce propos. Le dernier en date, Luc Ferry, m’a littéralement fait sursauter (ces derniers temps, je sursaute beaucoup devant ma télévision...) Présentons le personnage. Luc Ferry est un philosophe. Preuves en sont ses lunettes d’écaille et ses cheveux ondoyant légérement sur la nuque. En effet, apprenez que la pilosité, la coupe de cheveux renseignent beaucoup, dans les codes télégéniques, sur les idées et opinions : « je suis un dictateur : voyez ma moustache », « je suis un terroriste : voyez ma barbe », et enfin « je suis un philosophe : voyez mes cheveux »...

Philo... sophiste !

Donc, je reprends, Luc Ferry est capillairement un philosophe. Et tout ce qu’il dit prend aussitôt le goût et l’ampleur d’une pensée profonde hautement philosophique. Quand le sieur Ferry s’exprime, ce sont toutes les mannes des plus grands penseurs qui sont invoquées.

Ainsi peut-il déclarer « philosophiquement » sur LCI que les musulmans ont un rapport banal à la mort (de l’Autre s’entend), ontologiquement différent du nôtre (« nous » = les Occidentaux bien sûr) ; et, à l’appui de cette affirmation, il évoque et invoque un ami tunisien (« donc » musulman) qui lui aurait déclaré quelque chose comme : « Tu sais, nous on a l’habitude d’égorger, avec tous les moutons qu’on tue ; égorger, ça ne nous fait rien... »

Cet ami tunisien est la touche ethnique du propos qui est censée apporter une dimension de subjectivité qui objective dans le même mouvement les commentaires de Luc Ferry ; en effet, cet ami, puisqu’on le suppose musulman, ne peut donc être soupçonné d’amalgames, de raccourcis ou de racisme contre sa propre religion. CQFD...

Tristes tropismes

Que dire face à ce salmigondis de propos « philosophiques » ? Rappelez d’abord que l’abattage traditionnel des animaux en terre d’islam prend sa source dans la tradition abrahamique et mosaïque (commune au christianisme et au judaïsme). Luc Ferry ignore-t-il, dans sa grande sagesse, que l’islam se réfère explicitement au sacrifice d’Abraham commémoré par l’Aïd-el-Kebir et que le rituel d’abattage musulman est identique au rituel juif prescrit à Moïse (Deutéronome, chapitre XII, verset 16 : « Seulement le sang, vous ne devrez pas le manger. Tu le verseras à terre comme de l’eau » ?

Ce genre de raisonnement court, d’autres, en leur temps, l’ont tenu : faut-il rappeler que, dans les délires antisémites, les rabbins étaient accusés de sacrifier ou d’égorger des nouveaux-nés chrétiens pour fabriquer avec leur sang le pain azyme nécessaire à Pessah (La Pâque juive commémorant la sortie d’Egypte). Eh oui, eux aussi étaient censés ne pas faire de grande différence entre un être humain et un mouton... Myopie religieuse, quand tu nous tiens !

On peut encore rappeler, en ces temps de commémoration de la bataille sanglante, inutile et monstrueuse de Verdun, les « profondes pensées » tenus par un autre philosophe, Henri Bergson, en août 1914 : « La lutte engagée contre l’Allemagne est la lutte même de la civilisation contre la Barbarie » [1].
Déjà l’argument de « la civilisation » et des « barbares », le « eux contre nous » à l’origine de tant de guerres...

C’est la même ratiocination qui se développe en Europe aujourd’hui contre les « barbares mahométans ». Ceux-ci menaceraient de l’extérieur et de l’intérieur la « civilisation judéo-chrétienne » (dixit Max Gallo), ou plus récemment encore « les valeurs de la République » (dixit Philippe Val). Ces mêmes « valeurs républicaines », d’ailleurs, qui en leur temps ont poussé un autre Ferry (Jules, cette fois-ci) à favoriser la conquête et l’occupation de pays supposés inférieurs car déjà férocement égorgeurs (mais ça devait être moins gênant à l’époque...).

Paul Nizan, en son temps, dénonçait dans les années 30 la bêtise et la veulerie de la presse et des intellectuels « chiens de garde », les deux étroitement liés : « La guerre devenue Idée, l’objet même de guerre disparaît (...). Non point un jeu sanglant au profit des fabricants d’armes mais une croisade philosophique, mais une bataille d’esprits » [2].

Chronique d’un clash civilisationnel désiré

Luc Ferry, comme tant d’autres, « pro"F"étise » du haut d’une prétendue chaire en philosophie appliquée. Et on assiste, depuis quelques temps, à la vaticination d’un choc des religions. Une guerre des monothéismes révélés entre la « civilisation judéo-chrétienne » et l’Islam se profilerait insidieusement.

On pythonise, dans les vapeurs médiatiques, une pseudo-incompatibilité atavique et culturelle de l’islam avec les autres religions.

Pourtant, car encore une fois les faits sont têtus, les Juifs ont été pendant 2000 ans rejetés et persécutés par cette « civilisation chrétienne » pour ces mêmes raisons d’incompatibilité supposée, jusqu’à l’horreur de l’Holocauste... Pourtant les musulmans se réclament des « Gens du Livre » (ce mot désigne la Bible) et reconnaissent les prophètes juifs comme les prophètes chrétiens...

Pourtant les mots utilisée dans cette nouvelle islamophobie rappellent étrangement le champ lexical utilisé dans l’antisémitisme des années 30. Les "rats" musulmans d’Oriana Fallaci font ainsi douloureusement écho au film de propagande nazi, le "Juif Suss" dans lequel se superposait aux visages de supposés Juifs des rats grouillants . De même, le journal de Goebbels, édité récemment, fait souvent référence à une "racaille juive" dont il voulait "nettoyer" l’Allemagne nazie.
LA suite ici:   http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2406
par Hassinamechal publié dans : Analyse/ Chronique
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Mardi 28 mars 2006
« Bonjour, dit le petit prince. »[1]

-  Bonjour, dit le ministre le plus important.

-  Que fais-tu ? demanda le petit prince.

-  Je construis un modèle social. Je brade les entreprises publiques ou les noie dans un conglomérat privé, je supprime les contrats à durée indéterminée, j’invente les contrats nouvelle embauche et première embauche et je réduis les impôts des riches pour qu’ils emploient les pauvres comme domestiques. Parce qu’il y a beaucoup de chômage.

Et, sur l’écran de l’ordinateur du ministre, se dessina une courbe de croissance des dividendes.

-  C’est la courbe du chômage ? demanda le petit prince.

-  Non. Enfin, oui, c’est pareil. Le chômage et les profits, ça va ensemble.

-  Pourquoi ? s’obstina le petit prince qui ne renonçait jamais à une question. Les chômeurs perçoivent des dividendes ?

-  Ah non, les dividendes sont pour les actionnaires qui peuvent acheter d’autres actions qui leur servent à recevoir d’autres dividendes, et ainsi de suite. Ça s’appelle l’accumulation. Tu ne connais donc pas ça sur ta planète ? demanda le ministre, soudain l’air intéressé.

-  Sur l’étoile où j’habite, rien ne se vend, rien ne s’achète. Chacun rend des services gratuitement.

Le ministre demanda un instant. Il téléphona et, peu après, un monsieur bien mis et une dame avec de la prestance les rejoignirent. S’adressant à eux, le ministre leur dit :

-  Il existe une étoile non marchande. Pouvez-vous y apporter le progrès ?

-  Oui, répondit le monsieur bien mis. Mais, auparavant, il faut écrire une directive libéralisant le commerce des services entre les planètes.

-  Les habitants de mon étoile refuseront de renoncer à leurs services et de voir leur travail méprisé, objecta le petit prince.

-  La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? interrogea la dame, faussement ingénue.

Sentant les choses mal tourner, le ministre, patelin, dit au petit prince :

-  Donnez-nous l’adresse de votre étoile. Le capital ne fera qu’une visite de reconnaissance, car lui seul a la liberté totale de circuler.

-  Sur mon étoile, l’eau du puits est gratuite et elle coule sans l’aide du capital, s’entêta le petit prince.

Mais, dèjà, les autres étaient partis, emportant avec eux la position de l’astre encore inviolé. Le petit prince, étonné que l’on pût rêver d’une étoile pour autre chose que la lueur de son réverbère et la douceur de ses fleurs, reprit sa marche et rencontra le renard.

-  Tous les hommes sont-ils comme le ministre important, le monsieur bien mis et la dame fière ? lui demanda le petit prince.

-  Non, répondit le renard. Mais plus les marchands marchandisent, plus le lien social se distend et la solidarité se dissout dans l’appât du gain. Un modèle chasse l’autre.

-  Je ne comprends rien à votre histoire de modèles, rétorqua le petit prince, très en colère. Pour avoir autant de chômeurs et de précaires, souffrez-vous de trop ou de pas assez de solidarité ?

-  Modèle est un mot magique. Tu crois qu’il désigne ce qui est bon pour tous, ce qui est un bien commun à préserver et même à étendre. En fait, il désigne aussi n’importe quelle organisation existante, même catastrophique pour les plus humbles.

-  Votre modèle est encore plus compliqué que la fleur de mon étoile qui a des épines, murmura le petit prince.

-  Tu n’as pas vu le pire. Car il y a des experts du déclin qui expliquent que le modèle catastrophique est venu à cause d’un trop bon modèle antérieur et qu’il y a du chômage parce que nous ne travaillons pas assez longtemps. Nous n’avons plus de réverbères mais nous avons de puissants projecteurs médiatiques aveuglants qui sont tournés vers les miettes laissées aux pauvres, laissant dans l’ombre l’opulence, le luxe et le gaspillage.

-  Comment s’appelle votre modèle ? demanda le petit prince, au comble de la perplexité.

-  Capitalisme. Ça veut dire : modèle qui marchandise tout au nom de la mise en valeur.

-  Valeur, c’est comme modèle, vous m’embrouillez avec vos mots à double sens. N’y a-t-il donc personne pour s’insurger contre cette marchandisation des choses et des relations et contre cette perversion des mots ?

-  Oh, si. Mais combattre le modèle capitaliste suppose de réunir plusieurs conditions : mettre fin à la propriété qui autorise tous les accaparements dont celle des biens communs, placer ceux-ci hors marché, réconcilier progrès social et écologie et garantir que ces décisions soient prises démocratiquement. On essaie d’apprivoiser toutes ces choses ensemble pour en faire un réel anticapitalisme.

-  « Qu’est-ce que signifie apprivoiser ?

-  Ça signifie créer des liens (.) On ne connaît que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. »

Source: L’Humanité, 24 mars 2006 

http://www.oulala.net/Portail/breve.php3?id_breve=1098

par Jean marie Harribey publié dans : Analyse/ Chronique
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Mercredi 15 mars 2006

Bon. Le monde s’écroule. Mon monde. J’en suis le témoin, comme bien d’autres. Il s’écroule et je n’y crois toujours pas. Pourtant tous les signaux sont au rouge et on sonne le glas dans toutes les contrées... On meurt d’un tas de maladies bizarres qui n’existaient pas, générations spontanées, toutes créations ténébreuses du cerveau humain. Les éléments se déchaînent, la glace des pôles fond, le trou d’ozone s’agrandit et la seule énergie dont "on" veut bien que l’on dispose est en train de se raréfier à vitesse grand V. Dans 20 ans, terminé le pétrole. Et finies nos économies civilisées. La terre se rebelle contre l’utilisation imbécile que nous en avons faite. Tous. De celui qui vide son cendrier sur la chaussée à celui qui jette son sac plastique dans la forêt, qui mettra 400 ans à disparaître, polluant au passage notre sol et nos nappes phréatiques. De celui qui concocte des lois qui nous emprisonnent chaque jour un peu plus à celui qui s’en met plein les fouilles lorsque les pandémies nous déciment. Pas un pour racheter l’autre, aucune distinction de rangs, de races, de religions ni financières quand il s’agit de la survie de sa propre petite personne égotique et peureuse. Le monde se meurt tandis que nous nous mourrons, bouffis de vanités, dévorés par la peur qui nous inonde à la moindre nouvelle terrible dont les géniaux manipulateurs médiatiques s’amusent à nous nourrir. Et moi, je vis tout ça. Dans 1000 ans, quand tout sera fini, je pourrai témoigner de ma bêtise, de notre manque d’amour qui nous a poussé à nous auto-détruire. En masse.

Bientôt, nous ne roulerons plus dans nos carrosses. Le cheval fera un merveilleux come-back. Ou la voiture solaire, si messieurs nos brillants dirigeants daignent sortir de leurs cartons toutes ces merveilleuses inventions qui nous rendraient la vie belle, à tous. Mais le bonheur de l’humanité n’est pas bon pour tout le monde... Bientôt, fini l’air pur de nos montagnes. Tchernobyl a déjà fait des siennes, notre mépris de l’environnement depuis 200 ans n’a pas arrangé les choses, et l’on nous prépare d’autres armes plus cruelles encore qui détraqueront notre ciel et notre esprit à jamais. Bientôt nous serons confinés, pour les plus chanceux, numérotés, badgés, cloîtrés dans nos maisons à redouter la dernière épidémie, le dernier déchaînement du ciel, le raz-de-marée qui fait le tour de la terre et la tsunamise sans répit. Enterrés...

Il faudra alors cultiver notre terre, faire pousser notre blé et nos tomates, devenir végétarien, bien forcés, les bêtes se meurent elles aussi. Du carnivore civilisé que nous étions ne restera pas grand chose. De toute façon, nous devenons tous de plus en plus virtuels... Peut-être est-ce là le début d’un âge d’or où nous saurons tous notre place exacte dans l’univers. Jusqu’à présent la terre fut souvent notre ennemie, il est temps qu’elle soit l’amie qu’elle a toujours été, temps que nous vivions à l’unisson du monde que l’on nous a donné, vaste champ d’expérimentation qui a besoin de beaucoup d’amour pour fleurir à foison. Bientôt, chacun d’entre nous devra connaître son voisin, car il ne pourra vivre sans lui. Les communautés refleuriront et si nous ne faisons pas les mêmes bêtises, si nous avons bien appris notre leçon, alors tout sera enfin parfait sur notre terre. Il faudra bien sûr effacer les traces de nos dogmes et de nos rites, abandonner toutes nos convictions, religieuses y compris, afin de créer un monde de communion et de partage. Depuis combien de temps tentons-nous de le faire ?... Oubliant depuis des millénaires que l’autre, c’est nous... Et que notre bonheur passe par le sien.

Ouais, le monde se meurt. Et je meurs avec. Je le vois disparaître. Nous changeons d’époque... Je suis témoin.

par christophe publié dans : Analyse/ Chronique
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