Analyse/ Chronique

Jeudi 4 novembre 2004

Par Tarik Ramadan

 Lors de sa dernière émission (30 octobre), Thierry Ardisson a invité Caroline Fourest et lui a donné l’occasion, seule à seul et pendant près de 15 minutes, de répandre des calomnies et des mensonges à mon sujet. Sur chacun des points abordés pendant l’interview, Caroline Fourest déformait mes propos ou mentait sur mes prises de position (je n’aurais jamais pris position sur la violence conjugale, je verrais la conspiration juive partout, etc.) avec la « bénédiction objective » de Thierry Ardisson qui ne lui a opposé aucune contradiction ni aucun contradicteur. Sur le plateau de Tout le Monde en parle le propos de Caroline Fourest était « parole d’Evangile » et Thierry Ardisson s’est transformé pour l’occasion en bien curieux apôtre de la bonne parole. Somme toute, rien n’est plus clair dans les faits : ses amitiés « dans le milieu » lui imposent de véritables contorsions intellectuelles mariées à un manque de courage réel, grave et attristant.

Caroline Fourest a de plus osé affirmer sur le plateau que j’avais refusé un face à face avec elle dans l’émission Mots croisés. Quel grossier mensonge ! Mon bureau a reçu un premier appel de Nathalie Saint-Cricq, la rédactrice en chef de Mots croisés, le 16 septembre pour une participation à une émission prévue le 11 octobre. Mon assistante a demandé une copie de l’ouvrage afin de prendre une décision en connaissance de cause. Le livre a été envoyé avec du retard et la date de l’émission a finalement été déplacée au lundi 8 novembre. Les conditions avaient été fixées : face à face sur le plateau, en direct et avec un temps de parole égal. Au même moment, la Télévision Suisse Romande envisage d’organiser un autre face à face entre Caroline Fourest et moi-même à Genève dans l’émission Infrarouge. Contactée le jeudi 21 octobre, Caroline Fourest, par l’intermédiaire de sa maison d’édition, refuse d’y participer prétextant une crainte « pour sa sécurité » puis, lorsqu’ un duplex depuis Paris lui est proposé, elle affirme que son « plan média », déjà établi, ne lui permet pas d’y prendre part. Devant cette dérobade, mon bureau appelle la collaboratrice d’Arlette Chabot pour lui demander de confirmer que Caroline Fourest est bien prête au face à face prévu pour Mots croisés. La rédactrice en chef affirme devoir se renseigner et promet de rappeler pour confirmation définitive... puis, plus de nouvelles entre le 22 octobre et le 2 novembre. Entre-temps, Caroline Fourest est intervenue le 30 octobre chez Thierry Ardisson et a menti. A la suite de cette émission, mon bureau a rappelé la collaboratrice d’Arlette Chabot le 2 novembre pour savoir ce qu’il en était : comme par hasard, elle n’avait pas compris qu’elle devait rappeler, le programme avait changé, Arlette Chabot était occupée mais Nathalie Saint-Cricq allait rappeler le lendemain. Le lendemain, par hasard encore, la rédactrice en chef ne répond plus, interminablement occupée sur une autre ligne de téléphone, et aucune explication quant à ce « changement de programme » très curieux et bien malhonnête. Or, dans les faits, Caroline Fourest a, par deux fois, refusé le débat.


Arlette Chabot comme Thierry Ardisson ont, dans les faits, protégés une soi disant journaliste d’investigation, menteuse et malhonnête. Il n’y aura pas de débat contradictoire ni de vérification des élucubrations d’une protégée de chez Grasset. Reste la seule vraie question du jour : qui est dangereux pour la République d’aujourd’hui et de demain ? Qui travaille à briser les fondements du vivre ensemble ? Qui stigmatise et ment sur l’autre, l’Arabe, le musulman, présenté comme une menace et un danger à combattre par tous les moyens, même les plus malhonnêtes. Le vrai danger c’est Caroline Fourest et tous ses compères, pseudo journalistes d’investigation, reporters idéologues ou intellectuels sectaires, qui, à longueur d’interviews, d’articles et de livres répandent le mensonge, la manipulation pour propager la peur, la suspicion et l’exclusion des citoyens toujours trop arabes, toujours trop musulmans.

La suite ici: http://www.oumma.com/article.php3?id_article=1245

Par Khalid bougayou
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Vendredi 5 novembre 2004
 

Monsieur Sarkozy avait déclaré «  une identité blessée c’est une identité qui se radicalise ». Je ne partage pas du tout ce point de vue puisqu’une identité qui est blessée dans sa chaire c’est une identité qui se scandalise et qui ne supporte plus que les pouvoirs publics restent dans le silence lié à la peur de s’écarter de certains électeurs proches des extrêmes.

 

Le silence c’est la complicité, l’immobilisme c’est la lâcheté, la fuite c’est la trahison.

 

Il est fini le temps désormais de la timidité et de la pudeur en pensant qu’avec le temps tout aller rentrer dans l’ordre et que les musulmans pouvaient vivre leur religion dans la tranquillité sans se justifier de ne pas être des terroristes et de ne plus être montrer du doigt comme des personnes non civilisées et en marge de la société.

 

Tout se matraquage médiatique qui ne cesse d’associer intégration, maghrébin, délinquance extrémiste, musulman, terrorisme, taliban, Ben Laden… Les jeux des médias à la course de l’audimat non jamais cessé de faire des émissions et des reportages ce qui a conditionné  trop de français dans la peur des musulmans et pire l’islamophobie.

 

Les hommes politiques sont complices puisque leur loi sur la laïcité a pris tellement d’espace dans leurs interventions et parfois en disant que la république était en danger pour quelques filles voilées.

 

Stop à l’hypocrisie et à la sournoiserie  car tout le monde avait compris que la loi sur la laïcité visait essentiellement les musulmans. La  meilleure preuve c’est que lors de la rentrée scolaire le ministre de l’éducation nationale a annoncé le nombre de filles voilées mais n’a rien dit sur les croix et sur les kippas.

 

Pendant la campagne sur les élections européennes  tout le monde se précipitait pour avoir la primauté de la décision à ne pas vouloir l’entrée de la Turquie dans la communauté européenne. Certains comme De Villiers en ont fait leur cheval de bataille pour les élections alors que tout cela n’avait rien avoir avec ces élections.

 

C’est étonnant que l’on n’ait jamais parlé des 10 nouveaux pays entrant sur leur vocation à être dans la communauté européenne. Tout les prétextes sont bons pour écarter les vraies raisons : pour certains c’est sa géographie, d’autre sa culture et la taille du pays et son grand nombre d’habitants alors que le vrai problème de la Turquie c’est que c’est pays est certes laïc mais à majorité musulmane.

 

 

Aujourd’hui encore au lieu de parler de la constitution européenne et de débattre de son contenu on préfère parler que de la Turquie.

 

Ce n’est ni un hasard ni une erreur de dossier c’est tout simplement pour surfer sur la peur de l’islam et des musulmans que tous ces opportunistes politiques avides de victoire sont prêts à monter les français les uns contre les autres.

 

Quand on entend publiquement monsieur Imbert, membre du haut conseil à l’intégration, insulter l’islam sans aucune réaction politique, cela en dit long.

 

Les débats ne cessent pas. Cela passe sur le débat entre  l’islam en France et l’islam de France, comme si il y avait une chrétienté et un judaïsme de France ou en France. Alors qu’il existe un seul coran, une seule bible et une seule thora.

 

On parle de musulman modéré comme si l’islam reconnaissait les dérives et qu’il y avait plusieurs islams.

 

Le vrai problème c’est que derrière tout cela se cache une volonté d’assimilation comme s’il fallait être un mauvais musulman pour être un meilleur Français et qu’un bon musulman fait un mauvais français.

 

En tant que militant politique, je ne cesse de dénoncer toutes ces dérives qui ne font que diviser la France en plusieurs catégories.

 

Je ne veux plus que l’on demande aux français de confession musulmane de se justifier de ne pas être un terroriste, un taliban ou un modéré.

 

Alors que pendant ce temps on tague et on brûle les mosquées, on jette leur C.V à la poubelle, on les attaque physiquement. Toute cette mascarade et cette hypocrisie de la dénonciation alors que dans les faits il n’y a rien qui est produit.

Je serai très attentif sur le sujet du futur président de l’UMP et sur le fait  que l’on  ne retrouve pas encore les mêmes imposteurs qui ne disent rien et ne proposent rien si ce n’est de se préoccuper de leur ventre comme de bons alimentaires.

 Mourad Ghazli :

Ancien candidat à la presidence de l'ump en 2002
Président du clubfrancefraternité
www.clubfrancefraternite.net
Par Mourad Ghazli
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Mercredi 10 novembre 2004
 

 Par Jean-Louis Sagot-Duvauroux

Difficile pour un jeune que la société française désigne d’abord comme un Noir et comme un Malien d’avouer qu’il parle à peine la langue de sa mère ou que le voyage au pays des parents est d’abord une corvée. Difficile de s’affirmer Français quand pour son père c’est une sorte de trahison et pour la France une commodité de langage lourde de sous entendus...

L’extrême confusion qui entoure l’image de soi chez les jeunes Français nés dans des familles africaines est un des nœuds qui caractérisent la difficile et souvent douloureuse émergence d’une France débarrassée des remugles de son histoire coloniale, se construisant sans complexe telle qu’elle est devenue, surtout dans les périphéries urbaines, c’est-à-dire multicolore. Un jeu de miroirs menteurs s’est établi entre ces jeunes, leurs parents, la société française et les sociétés où ils ont leurs origines familiales. Il en résulte d’innombrables illusions d’optique qui souvent condamnent à l’inefficacité les intentions les meilleures et qui entretiennent des situations parfois tragiques de non-communication.

Frappé par ces situations et les discours stéréotypés dans lesquelles elles sont enfermées plutôt que décrites, j’ai développé, d’abord au hasard des rencontres, puis avec des groupes de jeunes constitués à Pantin et à Fresnes, un travail d’interrogation critique sur la représentation de soi, travail facilité par ma longue fréquentation de l’Afrique. Depuis le milieu des années 70, j’ai en effet établi un lien intense avec le Mali. Je m’y suis marié. J’en parle la langue principale. Je tiens aujourd’hui une place significative dans sa vie théâtrale et cinématographique. Cette expérience m’a mis en contact quotidien, je pourrais dire en osmose, avec des Maliens du Mali, mais aussi avec des familles vivant en France, parents et enfants. Elle croise la réflexion critique et philosophique que j’essaye de développer sur les mouvements de la société. Elle a notamment alimenté les analyses sur la hiérarchisation des identités humaines qui font l’essentiel de mon ouvrage « Héritiers de Caïn » (Editions La Dispute, 1997).

Le travail mené avec les jeunes, notamment à Fresnes, fut une expérience passionnante, souvent jubilatoire et j’ose dire salvatrice. Mettre enfin de la vérité dans le brouillard, même quand on trouve des avantages aux camouflages divers qu’il permet, ça fait du bien. Les jeunes, tout d’abord, s’en sont sentis comme libérés, capables enfin de dire des mots jusque-là interdits parce que menaçants, culpabilisants, trop confus, trop chargés. Portés à la connaissance de parents, d’enseignants, de professionnels de l’action sociale ou de tout simplement de citoyens préoccupés par ces questions, les fruits de ce travail ont souvent provoqué un vif intérêt. Car les confusions avec lesquelles s’étaient battus ces jeunes sont les mêmes qui plombent la capacité des adultes à jouer leur rôle. Pour eux aussi, l’ouverture de la perspective est une urgence.

Cette expérience, qui s’est notamment traduite par une recherche-action commandée par le ministère de la Jeunesse et des Sports et par une chronique hebdomadaire dans le quotidien L’Humanité, donne la substance et le ton d’un ouvrage mêlant intimement le récit et l’interrogation critique.

Jean-Louis Sagot-Duvauroux a été le rédacteur en chef de Droit et Liberté, le mensuel du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP. En 1981, il a créé en tant que rédacteur en chef son magazine Différences. Il a été à cette époque membre du secrétariat national du mouvement, responsable notamment de la solidarité contre l’apartheid en Afrique du Sud.

Membre du Conseil scientifique de l’Institut de documentation et recherches sur la paix (IRDP)

Par Khalid bougayou
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Jeudi 18 novembre 2004

Suite à la parution d’un article dans le Monde daté du 17 novembre 2004 intitulé "D’anciens militants d’extrême droite se recyclent dans une association familiale laïque", le MRAP tient à dénoncer et à condamner avec la plus grande fermeté les immondes propos judéophobes, anti-musulmans et antichrétiens diffusés dans la revue Respublica sous la signature de Jocelyn Bézecourt. Non seulement ces textes relève l’origine juive de certaines personnalités, mais il diffuse sans complexe les pires poncifs antisémites classiques.

Le MRAP tient particulièrement à dénoncer une nébuleuse nationale-républicaine (UFAL, Mouvement des maghrébins laïques de France, Respublica, Gauche républicaine, association AIME, et d’autres) qui, depuis plusieurs mois et sous couvert de défense de la laïcité, tente d’entraîner la France dans la théorie du choc des civilisations. De façon récurrente apparaissent les noms de gens fréquentant les mêmes tribunes, participant aux mêmes colloques, fustigeant les mêmes associations des droits de l’homme (LDH, MRAP, etc.), ou signant les mêmes appels enflammés en défense de la laïcité (Jocelyn Bézecourt, Kébir Jbil, Rachid Kaci, etc...).

Le MRAP avait alors montré les affinités de certains de ces laïques avec des intellectuels sulfureux de droite extrême : Rachid Kaci, Alexandre Del Valle, Guy Millière, sans oublier « l’icône raciste » Fallaci. Si cette mouvance était déjà gangrenée par l’extrême droite, il est apparu rapidement que cette nébuleuse nationale-républicaine comportait aussi une tendance se réclamant de la gauche, héritière des gauches chauvines dont on a connu le passé peu glorieux, des années quarante à la guerre d’Algérie. Il n’est dans ce contexte pas étonnant de voir le maghrébin « national-laïque » Kébir Jbil voler au secours de Respublica et de l’UFAL après avoir pris la défense des Del Valle, Millière et consorts, ni de le voir animer des réunions avec un Jocelyn Bézecourt qui se revendique judéophobe avant d’aller tenir une conférence de presse contre le MRAP avec Monsieur Clément Weil Raynal, ce même Clément Weil Raynal dont on pourra ainsi juger de la pertinence dans la lutte contre l’antisémitisme.

Le MRAP rappelle qu’il a en son temps condamné les alliances de la droite avec le Front National. Il n’aura donc pas de complaisance avec ceux qui, à gauche, officiellement ou tacitement par leurs silences, cautionnent cette gauche nationale-laique ou la rejoigne dans les campagnes de calomnies contre le MRAP. Notre mouvement s’honore de subir depuis des mois le harcèlement de tous ces imposteurs directs ou indirects du combat laïque.

L’heure est venue de tirer le bilan des pétitions, des colloques, des textes, des appels communs établis au nom de la laïcité, des petites conférences de presse assassines avec ce courant national-républicain aux relents racistes avérés. Dans une période marquée par une inquiétante montée de tous les racismes, ce genre de comportements ne peut qu’accentuer dangereusement le climat raciste et les passages à l’acte.

A cet égard, la vigilance et la mobilisation de tous les démocrates reste une obligation et une urgence absolue. Le MRAP lance un appel à l’ensemble des organisations, des syndicats, des partis politique, des représentants des différentes "communautés", pour qu’ils dénoncent avec la plus grande fermeté cette offense à la laïcité et qu’ils condamnent publiquement ce genre de propos intolérables. Il demande que soient isolés ces extrémistes manipulateurs, d’extrême droite ou de gauche nationaliste raciste, usurpant la cause laïque ou féministe.

Paris, le 18 novembre 2003

Par Khalid bougayou
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Vendredi 26 novembre 2004

A propos d’un « reportage partial » de Mohamed Sifaoui sur Tariq Ramadan

Par Vincent Geisser

Le 24 septembre 2004, la Télévision suisse romande (TSR) décidait de déprogrammer un reportage de Mohamed Sifaoui consacré à l’islamologue Tariq Ramadan. La principale raison invoquée par le chaîne publique helvétique est le caractère « partial » du documentaire et son absence totale d’objectivité. Or, quelques semaines plus tard, surfant sur la vague du sensationnalisme de la « menace islamique », l’émission phare de France 2, Envoyé spécial, récupère ce « procès-reportage » à la charge de T. Ramadan qui devrait, en principe, être diffusé le 2 décembre prochain. Au regard de cette décision de la rédaction de France 2, deux interrogations nous viennent immédiatement à l’esprit. La déontologie journalistique n’aurait-elle pas la même signification de part et d’autre des Alpes ? France 2 se serait-elle spécialisée dans le recyclage médiatique des reportages sécuritaires, dignes des « services policiers » des régimes autoritaires du Monde arabe et d’ailleurs ? Le médiateur de la chaîne publique nous apportera t-il des réponses ?.

Que Mohamed Sifaoui, ce journaliste « très spécial », se lance aujourd’hui dans un « procès-reportage » contre l’islamologue Tariq Ramadan, n’étonnera personne. Depuis quelques années, tant dans les médias audiovisuels que dans la presse écrite, ce registre sécuritaire s’est largement banalisé, devenant même un genre dominant. Dans une précédente étude, nous avions ainsi mis en évidence l’émergence dans le paysage médiatique français d’une « expertise de la peur » qui, sous couvert de scientificité et de rigueur journalistique, véhicule les pires clichés et fantasmes sur les associations et personnalités musulmanes de l’Hexagone. Jouant très largement sur le registre émotionnel, ces nouveaux apprentis sorciers du journalisme contribuent à légitimer une lecture caricaturale de l’islam européen, directement importée du bled et largement influencée par les régimes autoritaires : « au-delà des registres émotionnel et victimaire, c’est une véritable idéologie de combat qui transparaît dans leurs propos : les essayistes algériens sont des ‘éradicateurs’ qui s’assument sans complexe : en janvier 1992, ils avaient justifié l’arrêt brutal du processus électoral en Algérie au nom de la préservation de la ‘démocratie’. Aujourd’hui, ils s’attaquent systématiquement à tous ceux qui osent critiquer les très graves violations des droits de l’homme commises par l’armée algérienne pendant la guerre civile. La virulence de leur discours rejoint parfois celle de leurs ennemis, les islamistes radicaux [...]. Plus grave encore, ces auteurs ont en commun d’observer un silence complet sur la manipulation de la violence islamiste par les services secrets algériens, pourtant aujourd’hui largement établie, qu’il s’agisse des massacres commis par le GIA contrôlés par la Sécurité militaire ou des attentats de 1995 en France »1.

Mais ne nous y trompons pas : cette relation entre les régimes autoritaires du Monde arabe et les « nouveaux journalistes sécuritaires » n’est pas simplement théorique. Nombreux parmi eux entretiennent des rapports très étroits avec les services de sécurité du Maghreb, travaillant ainsi à la commande. De ce point de vue, Mohamed Sifaoui, auteur du reportage sur Tariq Ramadan, est un « cas d’école » (on devrait plutôt dire un « cas de service ») : ancien pigiste dans des quotidiens algériens (Horizons, Le Soir d’Algérie, L’Authentique...), totalement inconnu des milieux journalistiques algérois, il fait sa « percée médiatique » à la faveur d’un rapprochement avec les services de sécurité et de certains généraux. Bien qu’il n’ait jamais appartenu directement au Département algérien des Renseignements et de la Sécurité (DRS), il s’en serait progressivement rapproché pour des raisons du pur opportunisme professionnel. Dans un article relativement récent, Hichem Aboud, auteur de La Mafia des généraux, lève d’ailleurs certaines zones d’ombre sur les méthodes sécuritaires de ce journaliste « très spécial » : « Comment un réfugié politique [Mohamed Sifaoui] publie un livre2 qui encense le pouvoir et s’érige en défenseur zélé de ces généraux qu’il pourfendait dans ses discussions en privé et dans la version initiale de La Sale Guerre ? Comment un réfugié politique, opposant au régime par définition, jouit-il des largesses de la télévision algérienne connue pour être un instrument entre les mains des généraux mafieux ? Le peu de doute qui restait pour ceux qui hésitaient à voir en Mohamed Sifaoui le parfait agent envoyé par le Département des Renseignements et de la Sécurité (DRS) du général Tewfik, pour infiltrer les milieux de l’opposition en exil est levé pour beaucoup d’observateurs [...]. Et pourtant, Mohamed Sifaoui n’a jamais été un agent du DRS. On ne lui a jamais fait signer un dossier d’agent [...]. Sifaoui, comme beaucoup d’autres journalistes, était fasciné par ce monde mystérieux du renseignement et de l’espionnage. Pour connaître de près cet univers, il se lia d’amitié avec un journaliste dont le frère était capitaine au DRS. A la faveur de ses activités journalistiques il pensait trouver la brèche pour se rapprocher des services de renseignements militaires »3.

Pour ceux qui doutaient encore de cette collusion entre l’ancien pigiste anonyme d’Alger et les services sécuritaires, Mohamed Sifaoui lèvera définitivement le voile en venant témoigner, en juillet 2002, en faveur du Général Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense, et surtout directement responsable du « carnage du 5 octobre 1988 », où plusieurs centaines de jeunes manifestants algérois trouvèrent la mort. Sans état d’âme et en pleine connaissance du passé sanguinaire du Général Nezzar, Mohamed Sifaoui lui apportera un soutien total, lors du procès de Paris, en été 2002 : « Sifaoui a rendu hommage à Nezzar "pour avoir arrêté le processus électoral de 1991 (et ainsi évité) à l’Algérie (de devenir) un autre Afghanistan" »4.

Ce qui est le plus étonnant au regard de cette collusion évidente et affichée avec les services sécuritaires algériens, c’est que, non seulement Mohamed Sifaoui ne sera jamais freiné dans sa carrière journalistique en France, mais qu’en plus, il jouera très largement sur ce registre du « renseignement » pour se faire une place médiatique dans l’Hexagone. Il sera recruté par l’hebdomadaire Marianne de Jean-François Kahn, écrira quatre ouvrages « grand public », tous fondés sur des enquêtes à forte dose de sensationnalisme dans les milieux islamistes5, et réalisera plusieurs reportages qui seront achetés par des chaînes publiques et privés françaises (M6 et France 2). Dans son dernier livre, L’islam, la République et le monde, Alain Gresh dénonce sur un mode ironique les méthodes douteuses de ce journaliste « très spécial » : « Enfin un journaliste d’investigation ! Enfin une enquête qui nous plonge dans les réseaux du djihad ! Tintin a trouvé un rival en la personne de Mohammed Sifaoui, qui nous entraîne au pays des islamistes, comme son courageux prédécesseur nous faisait découvrir le Congo et ses grands enfants d’habitants [...]. C’est Zone Interdite, l’émission de M6 qui, le 23 mars 2003, diffuse ce reportage, quelques jours après le début de l’attaque des Etats-Unis contre l’Irak. Le journaliste présente ce ‘document inquiétant’, une plongée sans précédent dans l’un de ces réseaux, un voyage avec ces fous d’Allah, qui parlent pour la première fois à visage découvert’. Nous avons pourtant déjà vu ces images dans l’émission Complément d’enquête, sur France 2, le 27 janvier 2003. Mais peut-être que le journaliste de M6 ne considère pas France 2 comme une chaîne de télévision...  »6.

la suite ici:  http://www.oumma.com/article.php3?id_article=1280

 

Par Khalid bougayou
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Vendredi 3 décembre 2004

Je suis certain, cher lecteur, que comme moi, stupidement, telle une mouche cherchant la déjection vous vous êtes rabattu sur l’émission d’Envoyé spécial diffusée par France 2 afin de savoir ce que l’on nous apporterait de nouveau sur le compte du « sulfureux », de l’« énigmatique, du «communautariste», du «double langagiste» (pourquoi pas ?)… Tariq Ramadan… et c’est le millième des qualificatifs qu’on lui attribue !

La montagne a accouché cette fois non point d’une souris mais d’un ciron… qui est le plus petit des animaux visibles !!!

En somme, je n’ai aucunement été déçu par la qualité du film, ni par les réalisateurs et encore moins par France 2!

J’ai trouvé le reportage digne de ceux qui le produisent… dans la nullité !

Reportage ? Certainement pas !
«Rapportage»…. Sûrement !

En fait… je ne sais si vous l’aviez remarqué cher lecteur, mais la vidéo-gag rapportait non point le discours de Tariq Ramdan mais surtout l’image de Sifaoui… d’un Sifaoui présent à toutes les mascarades, dans tous les décors, assidu enfin tout au long de sa comédie musicale !

Avez-vous jamais vu les visages des « reporters » dans les autres émissions d’Envoyé spécial ?
Oui, à la fin… et seulement à ce moment ! Mais cette fois c’était du Sifaoui partout, dégoulinant dans toutes les parties de la pellicule !
Un vrai Sifaoui-show !
Mais, en dehors des particularités d’un individu qui cherche ostensiblement à se mettre en valeur… analysons l’ «œuvre» !
Notre génie des salles obscures rapporte des discours ôtés visiblement de leur contexte.
Il se fonde sur les dires d’un tel qui aurait ouï dire que Tariq Ramadan était en rapport avec Al Qaida !
Est-ce sérieux ?
Est-ce du journalisme ?
Pour qui nous prend-on ?
Des allégations montées en épingle mais sans aucune preuve et surtout sans aucun fondement réel, aucune base, aucun argument !!!
Rien !
Le vide !
Le néant !
Ainsi donc pour M. Sifaoui… si vous avez le malheur d’être cité par un SDF auquel vous auriez fait l’aumône par charité c’est que vous êtes « logiquement » un sans abri !
A ce tarif là, sortir d’un hôpital signifie pour lui que l’on était obligatoirement malade… ou mieux… sortir d’un cimetière signifie être mort !
Géniale conclusion !

Baghal affirme que Tarik Ramadan a « cité » Al Zawairi, Sifaoui en opportuniste glisse volontairement pour affirmer qu’il en est le complice… pis encore, qu’il est un membre d’Al Qaida !

C’est cela la vérité que nous apporte M. Sifaoui ?
Nous savons pertinemment que notre pseudo journaliste n’est qu’un avide de sensationnel.
Il a eu l’intelligence de vendre sa marchandise à une chaîne au service de lobby dont l’intérêt est de salir les arabes, les Noirs et les Musulmans en raison de considérations politiques.

M. Sifaoui… vous ne m’avez pas convaincu !
Mais bien sûr… n’épousant pas votre discours je dois être un défenseur de Tariq Ramadan et donc un adjoint de Zawahiri sinon un membre actif d’Al Qaida ! Chirac est bien un Arabe puisqu’il a serré la main de Saddam Hussein, de Maamar Kaddafi et de Hosni Moubarak, n’est-ce pas ?

La question de fonds que l’on doit se poser n’a pas pour sujet Tariq Ramadan… mais Sifaoui… dont les flirts avec le pouvoir, la sécurité militaire algériens doivent nécessairement et naturellement nous interpeller !

 

http://www.islamiya.info/modules.php?name=News&file=article&sid=5067

Par Khalid bougayou
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