International

Jeudi 21 octobre 2004
De sa longue carrière politique, Ariel Sharon entend, à 76 ans, léguer à Israël un élément fondamental : l'impossibilité pour les Palestiniens de créer un Etat indépendant sur la majeure partie de la Cisjordanie où les colonies israéliennes pourront se développer dans de vastes secteurs annexés de fait. Ce seront des zones de sécurité d'où il sera possible de contrôler les populations palestiniennes vivant sur le reste de ce territoire.

C'est ainsi qu'il faut lire la récente interview de Dov Weisglass, ex-chef de cabinet, conseiller et avocat du Premier ministre au quotidien Haaretz. Il confirme que l'évacuation des implantations de Gaza et du nord de la Cisjordanie a pour but d'empêcher indéfiniment la création d'un Etat palestinien et cela avec l'accord de Washington. C'est une nouvelle étape du projet d'Ariel Sharon visant à changer la réalité du conflit avec les Palestiniens et qu'il a commencé à appliquer dés son élection à la présidence du Conseil en février 2001. Le plan avait été préparé en détail par le général de réserve Meir Dagan * à l'époque, son conseiller pour les affaires de sécurité. Il prévoyait dans le détail la neutralisation d'Arafat, «un assassin avec qui on ne négocie pas», et la destruction de l'accord d'Oslo, «le plus grand malheur qui se soit abattu sur Israël». Une opération d'intensité croissante visait à isoler progressivement le président palestinien tant sur le plan intérieur que diplomatique.

Durant les deux premières années de l'Intifada, l'armée israélienne a presque systématiquement riposté aux grands attentats commis par le Hamas en attaquant des cibles de l'autorité palestinienne et du Fatah. Leur chef, Yasser Arafat, n'a jamais réalisé le piège dans lequel il se précipitait en refusant, par crainte d'une guerre civile en Palestine, de donner l'ordre à ses services de sécurité d'arrêter les chefs islamistes à Gaza. Ce n'est que le 27 mars 2002, après l'attentat-suicide commis par un terroriste du Hamas et faisant vingt-neuf morts israéliens à Netanyah le soir de la Pâque juive, qu'Arafat a appelé son chef de la sécurité à Gaza pour lui donner le feu vert. «Trop tard, a répondu Mohammed Dahlan, les Israéliens vont passer à l'attaque.» Quarante-huit heures plus tard commençait l'opération «Rempart». Elle était dirigée contre l'Autorité autonome issue des accords d'Oslo. Depuis, Arafat est assigné à résidence dans les ruines de la Mouqata, son QG à Ramallah. Cohérence et franchise sont deux qualités dont Ariel Sharon et son équipe ne sont pas dépourvus.

En fait, la seule nouveauté dans les déclarations de monsieur Weisglass concerne le soutien, sans précédent, accordé par les Etats-Unis à la politique israélienne. Mais, là aussi, on ne saurait être surpris. Une partie de l'administration Bush est acquise aux thèses de monsieur Sharon. A la Maison Blanche et au Pentagone, la plupart des hommes en place ont toujours exprimé des opinions très critiques de la politique de concession des travaillistes israéliens. Au Conseil national de sécurité par exemple, Elliot Abrams est chargé du dossier Proche-Orient. Dès 1993, il a déclaré son opposition au processus d'Oslo. Au Pentagone, le sous-secrétaire à la Défense chargé des affaires politiques, Douglas Feith, est proche du mouvement des implantations. Dans ces conditions, Dov Weisglass n'a probablement pas eu beaucoup de difficultés à convaincre ses interlocuteurs américains. Pour les colons, c'est autre chose. Ils refusent ses explications, à savoir que le retrait des colonies de Gaza et de quatre autres situées dans le nord de la Cisjordanie leur permettra de conserver le reste ad vitam æternam. Leur réveil est dur : Sharon, qui fut leur parrain et principal bienfaiteur, n'a jamais accepté l'idéologie du Grand Israël ou du mouvement messianique. Dans sa vision sécuritaire, la terre n'est pas sacrée et peut faire l'objet de concessions à des fins stratégiques.

Dans ses déclarations à Haaretz, monsieur Weisglass se vante d'avoir «effectivement conclu avec les Américains qu'on ne discutera jamais d'une partie des colonies. Quant au reste, on en parlera lorsque les Palestiniens deviendront des Finlandais...». C'est-à-dire lorsqu'ils auront un comportement occidental, européen, démocratique, non violent et doux, du moins selon la vision du monde scandinave du conseiller d'Ariel Sharon. Il sait que la société palestinienne ne prend pas le chemin de l'européanisation. Elle subit une véritable tragédie humanitaire et se développe dans un environnement de plus en plus répressif. Dans la bande de Gaza, près de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté de 2 dollars par personne et par jour. Selon les Nations unies, quarante-cinq Palestiniens sont tués chaque mois dans ce territoire (pour deux tiers des combattants). Au cours des quatre dernières années, 25 000 Palestiniens ont perdu leur logis, détruit par l'armée israélienne.

Tout cela signifie une pérennisation du conflit qui restera, en l'absence de toute possibilité de compromis, le principal élément déstabilisateur du Proche-Orient et des relations intercommunautaires en Europe. Pour éviter de nouvelles catastrophes, il faudrait, affirme Michel Barnier, le ministre français des Affaires étrangères, que le retrait de Gaza réussisse et soit coordonné avec les Palestiniens dans le cadre de la fameuse «feuille de route destinée au règlement permanent du conflit israélo-palestinien sur la base de deux Etats» du quartet. Pour les diplomates européens et américains, ce plan de paix est toujours d'actualité, comme le répète Ariel Sharon mais en ajoutant : «Il faudra d'abord que les Palestiniens cessent le terrorisme !» Et deviennent finlandais ?
Par Khalid bougayou
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 24 octobre 2004
Les Etats-Unis pourraient attaquer le futur réseau européen de satellites de positionnement global Galileo s'il était utilisé par une puissance hostile telle que la Chine, indique dimanche l'hebdomadaire londonien The Business.Le programme Galileo, un ensemble de 30 satellites et de stations au sol qui doit devenir opérationnel en 2008, a été lancé par l'Union européenne et l'Agence spatiale européenne pour se placer sur le marché en forte expansion des satellites de positionnement global, passé de 10 milliards d'euros en 2002 à 20 milliards en 2003.La Chine est devenue le mois dernier un partenaire du programme Galileo qui pourrait contribuer à rendre des services dans le domaine des télécommunications pour les Jeux olympiques de Pékin en 2008, mais qui a aussi des applications stratégiques militaires.Selon un document secret de l'aviation américaine, rédigé en août et dont le Business a obtenu une copie, le sous-secrétaire à l'US Air Force a écrit: "Que ferons-nous dans dix ans lorsque que les vies des Américains seront mises en danger parce qu'un adversaire aura décidé de se servir du système de positionnement global ou peut-être du système Galileo pour attaquer les forces américaines avec précision ?".Le journal révèle aussi un désaccord entre les autorités américaines et européennes surgi ce mois-ci à propos de Galileo lors d'une conférence à Londres, qui a failli faire avorter prématurément le projet de système satellitaire.Selon la presse, les délégués européens ont déclaré qu'ils ne déconnecteraient ni ne bloqueraient les signaux en provenance de leurs satellites, même s'ils étaient utilisés lors d'une guerre avec les Etats-Unis.Un délégué européen de haut niveau à la conférence de Londres a déclaré que leurs interlocuteurs américains avaient réagi "calmement" à la position européenne."Ils ont clairement fait comprendre qu'ils tenteraient d'agir d'une manière selon eux +réversible+, mais que si nécessaire, ils mettraient en oeuvre une action irréversible", selon le responsable cité par le journal.Washington a manifesté depuis longtemps ses doutes sur Galileo, qui pourrait concurrencer son propre Système de positionnement global (GPS), bien que la querelle transatlantique ait pris fin en principe, selon la presse, avec un accord signé en juin.Les responsables américains ont exprimé la crainte que le système européen rival, qui intègre aussi la Russie et Israël, en plus de la Chine, compromette les opérations militaires des Etats-Unis et de l'Otan qui reposent sur le GPS pour la navigation et la localisation des combattants. Galileo pourrait aussi interférer avec le système de positionnement classé du Pentagone connu sous le nom de M-Code, selon eux.Par ailleurs, l'hebdomadaire Business avertit dans son éditorial que les choix technologiques -- Galileo contre GPS -- vont maintenant alimenter de nouvelles divisions politiques internationales."Les décisions technologiques exigées par Galileo signifient que les pays doivent se soumettre à la vilaine délimitation de la guerre en Irak: pro-Amérique (GPS) ou anti-Amérique (Galileo)."De ce fait, la Grande-Bretagne, le plus fidèle allié des Etats-Unis pour la guerre en Irak, se retrouvera encore une fois piégée entre les deux camps, selon le journal. AFP | 24.10.04 | 04h37
Par Khalid bougayou
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 26 octobre 2004
Dimanche 24 octobre, le président Zine el-Abidine Ben Ali a été réélu avec 94,48 % de votes favorables, pour un taux de participation officiel de 91,5 %, au terme d'une parodie d'élections présidentielle et législatives. Ce qui n'empêche pas Raouf Seddik de passer consciencieusement la brosse à reluire à son président en affirmant dans La Presse, journal entièrement à la botte du pouvoir, que "présence dans les médias, organisation de meetings, distribution de tracts sur le terrain : au-delà des résultats définitifs, les élections présidentielle et législatives de l’année 2004 laisseront incontestablement dans les annales de notre pays le souvenir d’un renforcement remarquable du jeu démocratique". Sans vergogne, La Presse évoque "la facilité avec laquelle les formations de l’opposition ont pu disposer d’espaces de rassemblement et de tribunes". Toujours selon ce courtisan, "les témoignages incontestablement spontanés et sincères concernant la neutralité de l’administration qui émanaient de plusieurs de ces formations confortent, dans leur tonalité, ce constat".De son côté, la Ligue tunisienne des droits de l'homme a estimé que les résultats de ces élections "traduisent la volonté du régime de punir les perturbateurs et de récompenser les proches du pouvoir". En particulier, précise la Ligue, le score de Ben Ali est "aberrant pour une vraie démocratie", en admettant que "par rapport au dernier scrutin où il avait obtenu plus de 99 %, le pouvoir devient plus raisonnable". En particulier, la Ligue estime que l'opposant Mohamed Ali Halouani a payé le prix d'une véritable campagne électorale, laquelle - contrairement aux affirmations fantaisistes de La Presse - a été en permanence contrariée par le pouvoir d'une manière tyrannique. M. Halouani et son parti Ettajdid ont perdu deux sièges au Parlement (3 contre 5 en 1999), une punition "pour avoir osé affronter le pouvoir", analyse la Ligue tunisienne des droits de l'homme.
Par Khalid bougayou
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 27 octobre 2004
 SYRACUSE, New York (AP) -- Quand l'alerte antiterroriste grimpe, la cote de popularité de George W. Bush suit le mouvement... et progresse d'environ trois points en moyenne, selon les observations d'un sociologue de l'Université de Cornell.

Une alerte antiterroriste entraîne une augmentation de 2,75 point en moyenne de la popularité du président américain dans la semaine qui suit sa diffusion, a noté Robb Willer, directeur adjoint du Laboratoire de sociologie de l'université, qui a débuté son étude au lendemain des attentats du 11 septembre 2001.

La cote de popularité de Bush avait alors grimpé de 51%, le 10 septembre 2001, à 86% cinq jours plus tard.

Le sociologue a examiné les 26 alertes diffusées par les agences fédérales, y compris celles faisant état d'une menace terroriste accrue, entre février 2001 et mai 2004. Il a comparé avec les sondages de l'institut Gallup menés au cours de la même période. Ces alertes ont augmenté la popularité du président de «façon conséquente», explique-t-il. AP

Par Khalid bougayou
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 29 octobre 2004
 

DUBAI (Reuters) - Dans une vidéo diffusée par la chaîne arabophone Al Djazira, Oussama ben Laden a accusé samedi le président George Bush d'avoir trompé les Américains et il a assimilé son administration aux gouvernements arabes "corrompus".

Le chef d'Al Qaïda, dont le message est diffusé à quatre jours de l'élection présidentielle américaine, a dit que Bush avait trompé ses compatriotes au fil des années qui se sont écoulées depuis les attentats du 11 septembre 2001 contre New York et Washington.

Il a aussi exprimé la volonté d'expliquer aux Américains comment éviter les attentats, et a dit avoir pensé pour la première fois à attaquer les Etats-Unis après l'invasion du Liban par Israël en 1982.

Par Khalid bougayou
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 31 octobre 2004
 Journaliste réputée, la Suédoise Cecila Uddén vient d'être mise en quarantaine pour deux semaines par Sveriges Radio, la radio de service public suédoise. Ancienne correspondante aux Etats-Unis et actuelle présentatrice d'une émission hebdomadaire nommée Konflikt, elle a déclaré en direct mardi qu'elle trouvait «évident que Kerry est mieux pour le monde que Bush». Après un débat interne éclair et houleux, la sanction est tombée cette semaine, assortie d'un mea-culpa de la journaliste qui s'est excusée d'avoir donné «une impression trompeuse» sur les exigences journalistiques de la radio.
Par Khalid bougayou
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus