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Mardi 3 avril 2007

La détention des 15 soldats Britanniques en Iran. Je vous propose de lire le point de vue incisif et croquant de cette affaire par un ancien des [i]Monty Python, trés sarcastique il dénonce l'emballement médiatique de cette affaire a de son instrumentalisation nauséabonde par les médias des"civilisés qui mettent des sacs sur la tête des prisonniers muslmans et qui s'accablent quand l'Iran barbare permet aux prisonniers "civilisés" d'écrire des lettres a leur famille voir de fumer devant la caméra tranquillement

Pas de tête encapuchonnée. Pas de décharges électriques. Pas de coups. Ces Iraniens sont à l'évidence des gens non civilisés.
par Terry Jones, The Guardian (UK), Samedi 31 mars 2007, traduit de l'anglais par Djazaïri

Je partage l'indignation exprimée dans la presse britannique au sujet du traitement des membres de nos forces navales accusés par l'Iran d'être entrés illégalement dans ses eaux territoriales. C'est déshonorant. Nous n'aurions jamais songé à traiter des captifs de cette manière - leur permettre de fumer des cigarettes par exemple, même s'il a été prouvé que fumer tue. Et quant à contraindre la pauvre militaire Faye Turney à porter un foulard noir, puis à en laisser la photo être diffusée dans le monde entier - les Iraniens n'ont-ils aucune notion de ce qu'est un comportement civilisé? Pour l'amour de Dieu, quel mal y aurait-il eu à lui mettre la tête dans un sac? C'est ce que nous faisons avec les Musulmans que nous capturons : nous leur mettons des sacs sur la tête, ce qui gêne la respiration. Il est alors parfaitement admissible de les photographier et de diffuser les images à la presse car les captifs ne peuvent pas être reconnus et humiliés comme le sont ces malheureux militaires britanniques.
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Il est de même inacceptable que ces captifs Britanniques soient contraints de parler à la télévision et de dire des choses qu'ils pourraient regretter plus tard. Si les Iraniens leur mettaient des bandes adhésives sur la bouche, ils ne pourraient pas parler du tout. Bien entendu ils auraient probablement encore plus de mal à respirer - particulièrement avec un sac sur la tête mais au moins ils ne seraient pas humiliés.
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Et qu'est-ce que ça veut dire de permettre aux captifs d'écrire des lettres à leurs familles pour dire qu'ils vont bien? Il est temps que les Iraniens s'alignent sur le reste du monde civilisé : ils devraient accorder à leurs captifs l'intimité du confinement solitaire. C'est un des nombreus privilèges octroyés par les USA à leurs captifs de Guantanamo Bay.
La vraie marque d'un pays civilisé est qu'il ne se précipite pas pour inculper des gens qu'il a arbitrairement arrêtés dans des endroits qu'il vient d'envahir. Les détenus de Guantanamo, par exemple, ont joui de toute l'intimité qu'ils désiraient pendant près de cinq ans, et le premier détenu vient à peine d'être inculpé. Quel contraste avec la scandaleuse hâte des Iraniens pour exhiber leurs captifs devant les caméras!
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Qui plus est, il est évident que les Iraniens ne proposent aucun exercice physique digne de ce nom à leurs prisonniers Britanniques. L'armée US s'assure que ses captifs Irakiens profitent d'activités physiques sous la forme d'excitantes "postures de stress" que les captifs doivent conserver pendant des heures sans interruption afin d'améliorer leur résistance et renforcer leur musculature. Un exercice courant consiste à les faire se tenir debout sur la pointe des pieds puis à s'accroupir de sorte à ce que leurs cuisses soitnt parallèles au sol. Ce qui provoque une douleur on tense et, fianalement, une défaillance musculaire. C'est un loisir tout ce qu'il y a de sain avec l'avantage que les captifs avoueront n'importe quoi pour que ça s'arrête.
Et ceci m'amène à cette dernière observation. Il est évident, d'après les images TV que la soldat Turney a subi des pressions. Les journaux ont convaincu des psychologues d'examiner les images et tous ont conclu qu'elle était "malheureuse et sous contrainte."
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Ce qui est si effroyable, c'est la manière sournoise dont les Iraniens l'ont mise dans cet état. Elle ne porte aucun signe de marques d'électrocution ou de brûlures ni de traces de coups au visage. C'est inacceptable. Si des captifs doivent être soumis à la coercition, comme par exemple les forcer à mimer des positions sexuelles, ou leur délivrer des chocs électriques sur les parties génitales, ils doivent être photographiés, comme à Abou Ghraib. Les images devraient alors être diffusées dans tout le monde civilisé afin que chacun puisse voir exactement ce qui s'est passé.
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Comme Stephen Glover l'a souligné dans le Daily Mail, il ne serait peut-être pas bon de bombarder l'Iran en représailles à l'humiliation infligée à nos soldats, mais il est certain que les Iraniens doivent en souffrir les conséquences - par un renforcement des sanctions, comme le Mail le suggère, ou simplement en obligeant le Président Bush à agir vite et à envahir l'Iran, comme il l'envisage de toute façon, et à apporter la démocratie et les valeurs occidentales à ce pays, comme il l'a fait en Irak.
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Terry Jones est réalisateur, acteur et membre des Monty Python

http://www.terry-jones.net/

par terry jones publié dans : International
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Samedi 15 juillet 2006
Les opérations du Hamas et du Hezbollah étaient des provocations militaires contre Israël, nul ne peut le nier. Mais en répondant à ces deux incidents circonscrits par des actes de guerre de grande envergure, Israël entame une escalade totalement disproportionnée.

La démesure nuit en tout, et elle est suspecte. Même si l’inénarrable George W. Bush, qui n’en est pas à une manifestation de soutien inconditionnelle près à Israël, prétend « qu’Israël a le droit de se défendre », l’Europe, elle, dénonce les réactions totalement disproportionnées de Tel-Aviv. Et elle a raison de s’inquiéter : 52 civils Libanais dont 15 enfants sont déjà morts lors des tirs de l’armée israélienne sur des villages du Sud Liban et l’aéroport de Beyrouth. Et ce n’est pas fini puisque les Israéliens eux-mêmes ont prévenu que ce n’était que le tout début des hostilités, menaçant de « faire revenir le Liban 30 ans en arrière ». En tout cas c’est un beau début, avec des frappes ciblées sur des ponts pour couper le pays, et des destructions d’un aéroport civil, rien de moins !

La communauté internationale est désemparée. Mais n’est-ce pas là une conséquence logique, méritée, et prévisible, de la mollesse de ses tentatives pour résoudre la crise israélo-palestinienne depuis plus d’un demi-siècle, et d’un parti pris lâche et cynique ? Laissant pourrir le terreau de la misère et de la détresse des Palestiniens sans espoir, aucune des voix qui comptent sur la scène internationale n’a véritablement laissé une chance à une paix bâtie sur un accord équitable. D’où l’avènement du Hezbollah, mi-milice armée, mi-parti politique, un état dans l’état au Liban et une force politique indéniable au Moyen-Orient. Et d’où aussi l’accession du Hamas au gouvernement de l’État Palestinien.

À qui profite le chaos ? Aux Syriens, à l’Iran, au Hamas et au Hezbollah, et sûrement à Ehoud Olmert, qui montre ainsi sa détermination à ses électeurs. Mais, le basculement dans une crise grave pourrait mener à la guerre et à un embrasement du Moyen-Orient avec ses cortèges de malheurs pour la population civile des trois côtés (Libanais, Palestinien et Israélien), avec la destruction d’infrastructures coûteuses et indispensables au bon fonctionnement du pays. Sans compter que la Syrie, et aussi l’Iran, où plane la menace d’une frappe sur des installations nucléaires, entreront aussi en lice tôt ou tard.

L’enlèvement de trois soldats constitue-t-il un crime tel, qu’une véritable déclaration de guerre s’ensuit avec une telle intensité des frappes ? À quoi attribuer cette hâte et cette démesure des Israéliens à montrer sa force sans retenue et à promettre l’apocalypse à ceux qui l’ont outragé ? Vulnérable, pris en étau, Israël réplique dans la démesure, franchissant une ligne rouge qui autorise toutes les craintes et enclenchant la spirale des violences.

Forte de sa supériorité militaire, Israël est sûr de gagner. Mais gagner quoi ?

Ashoka

par Ashoka publié dans : International
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Mardi 4 juillet 2006

Le bureau du premier ministre (Dominique de Villepin ?) canonné depuis un hélicoptère. Le ministre de l’intérieur, (Nicolas Sarkozy ?) jeté dans un fourgon cellulaire comme un vulgaire malfrat, un sac poubelle sur la tête ? Trente députés (UMP ? Socialistes ?), élus municipaux et autres ministres tout aussi promptement menottés et cagoulés sans autre forme de procès ? En pleine canicule, soixante dix pour cent des habitants (de la France ?) privés d’électricité, et donc non seulement de lumière ou de réfrigération mais également d’eau ? Les ponts bombardés et le pays coupé en petits morceaux ? Les chasseurs qui passent régulièrement le mur du son pour briser les vitres et terrifier petits et grands ? Les observateurs étrangers et les ONG tenus à l’écart ? Le pays exsangue (salaires puis alimentation en vivres coupés) transformé en un terrifiant ghetto ?

Ouf, ce n’est pas chez nous ! Non ce n’est pas la France que son voisin surpuissant (qui, bien plus que la paix, veut, encore et encore, des hectares de terre) est en train de martyriser pour se venger d’avoir perdu son monopole absolu de faire des prisonniers.

Ce n’est pas en France que l’on recherche un « jeune » soldat de l’armée qui canonne sans trêve (7000 obus en quelques semaines) depuis ses frontières maritimes et terrestres, le territoire qu’elle a eu « le courage », comme on dit sur France Culture, de quitter, il y a quelques mois, au milieu des larmes de ses frères les colons.

Ouf, nous pourrons suivre en paix France Portugal !

Les rédacteurs en chef de la presse écrite et audio visuelle du pays « des Lumières » et « des Droits de l’homme » - moins lucides encore qu’une partie au moins de la presse israélienne - pourront continuer à nourrir notre passion pour une équipe (« black beur blanc », la preuve qu’on les aime quand ils marquent des buts !) et en même temps, notre soumission pitoyable à la sinistre loi du plus fort. De titre euphémisant « Hamas Israel : l’épreuve de force ? » « Israel fait montre de fermeté ») en silence même pas honteux, le crime que commettent quotidiennement les media de l’hexagone contre la déontologie de l’information de guerre couvre le crime contre l’humanité qui se profile en Palestine.

Dormons Français ! La police de nos amis est « ferme » : à Gaza, 700 000 habitants- terroristes sont désormais sous les verrous.

Source:http://www.oumma.com/article.php3?id_article=2103

par Françoise Burgat publié dans : International
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Vendredi 30 juin 2006

Un Etat surpuissant viole toutes les lois internationales, commet quotidiennement des crimes de guerre, se venge d’une résistance palestinienne qui refuse de plier. Imaginez que des soldats israéliens entrent avec armes, chars et véhicules blindés dans Jéricho, territoire autonome de pleine souveraineté palestinienne, prennent d’assaut et détruisent une prison de l’Autorité palestinienne tuent plusieurs personnes et enlèvent des prisonniers palestiniens sous responsabilité et protection américano-britannique.

Impossible : Israël est un Etat de droit, la seule démocratie du Proche-Orient. Et d’ailleurs la communauté internationale aurait tout fait pour obtenir la restitution des prisonniers !

Imaginez que l’armée israélienne envoie en un mois plusieurs milliers d’obus dans la bande de Gaza “dégagée“ de la présence des colons ( et sous totale souveraineté palestinienne) par terre, mer, air. Tuant des civils dont de nombreux enfants enfermés dans un territoire clos et cadenassé de toutes parts par cette même armée, en blessant plus encore. Au prétexte de poursuivre et éliminer, sans le moindre simulacre de jugement, des personnes qu’elle désignerait sous l’appellation de “dangereux terroristes“ et dans le but de faire cesser les tirs de Qassams, ridicules pétoires au regard des missiles et autres drones israéliens.

Impossible : Israël est un Etat de droit, la seule démocratie du Moyen-Orient. Et d’ailleurs la communauté internationale, à commencer par la France et le secrétaire général de l’ONU, sourcilleux du respect du droit international et de la 4ème Convention de Genève, auraient exigé - et obtenu - des sanctions immédiates, appliquées avec fermeté contre l’Etat coupable d’un tel crime de guerre !

Imaginez qu’une nuit l’armée israélienne entre dans Ramallah, ville de pleine souveraineté palestinienne, que des soldats israéliens déguisés en Palestiniens assassinent un jeune homme, membre de l’Autorité palestinienne.

Impossible : Israël est un pays civilisé, respectueux du droit, la seule démocratie du Moyen-Orient. Et d’ailleurs la communauté internationale aurait immédiatement condamné un tel acte contraire à toutes les règles du droit international.

Imaginez à Naplouse, Tulkarem, Jenine, Hébron... Tous les jours des destructions, des arrestations, des morts...

Maintenant faites un effort encore plus grand. Imaginez l’inimaginable :

Imaginez que des Palestiniens des Comités de la Résistance populaire palestinienne de la bande de Gaza soient parvenus à creuser un tunnel leur permettant de passer sous la clôture érigée par l’Etat israélien et d’attaquer une position militaire israélienne destinée à les maintenir enfermés, à les punir et le cas échéant à tuer ceux qui s’approcheraient de la clôture.

Imaginez qu’ils parviennent à enlever et faire prisonnier l’un des soldats, “franco-israélien“ de surcroît ! Et n’allez surtout pas penser qu’il s ‘agirait d’un acte de résistance...

Imaginez qu’à la suite de ce raid audacieux l’Etat israélien masse des milliers de militaires, des véhicules, des tanks, des bulldozers, des F16...tous équipés des armements les plus perfectionnés. Que cette armée envahisse et pilonne la minuscule bande de Gaza surpeuplée, pour récupérer son soldat, refusant de négocier un échange de prisonniers : un soldat “franco-israélien“ contre 100 femmes et 300 enfants détenus illégalement en Israël.

Imaginez que , toujours à la suite de ce raid, l’Etat israélien se livre pendant la nuit, en Cisjordanie, à une énorme rafle, enlevant 8 ministres du gouvernement palestinien légitime, 20 élus du Conseil législatif palestinien légitime, et un grand nombre d’autres élus palestiniens légitimes.

Impossible ! Israël, pays civilisé, épris de paix et de justice, la seule démocratie du Moyen-Orient ne ferait courir aucun risque à son soldat, et ne tirerait pas à l’aveuglette sur une population civile - parmi laquelle de très nombreux enfants -, n’arrêterait pas ces représentants légitimes d’un peuple avec lequel il prétend vouloir parvenir à la paix, pour déloger quelques terroristes tout « assoiffés de sang » qu’ils soient .

Et d’ailleurs est-ce que la France tolèrerait qu’un de ses enfants* soit volontaire pour aller tuer des Palestiniens ? - car un soldat en armes ne peut être innocent : ce n’est pas pour aller cueillir des fleurs qu’il est posté avec son char à la lisière de la bande de Gaza ! - Est-ce que la communauté internationale, l’ONU et son Conseil de Sécurité laisseraient se développer pareille folie sans intervenir énergiquement ? est-ce que la France n’interviendrait pas pour éviter un carnage et sauver son ressortissant ?

Hélas , il n’y a rien à imaginer. Tous ces évènements ne sont que la triste réalité du Proche-Orient, et les réactions de la communauté internationale et de la France n’ont jamais eu lieu. Un Etat surpuissant viole toutes les lois internationales, commet quotidiennement des crimes de guerre, se venge d’une résistance palestinienne qui refuse de plier - et réussit quelques actes militaires - sur l’ensemble d’une population qui n’en peut plus de violences, de privations, de punitions, de l’indifférence internationale qui autorise tout à l’occupant et qui va même jusqu’à le soutenir en établissant un boycott contre le peuple martyrisé - mais encore debout - . Jusqu’à quand ?

Et jusqu’à quand la France que les Palestiniens aiment tant assistera-t-elle passivement à l’agonie de ce peuple dont le tort est de vivre sur une terre que l’Etat israélien veut pour lui et pour lui seul ?

*Pour rappel : des représentants de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine se sont fait admonester par le Consulat de France à Jérusalem pour s’être rendus dans la bande de Gaza où ils travaillent sur des projets civils.

Les membres d’une mission civile AFPS qui devaient se rendre à Gaza pour le suivi de projets de coopération ont essuyé un refus des autorités israéliennes et françaises, et 2 membres de la même mission ont été expulsés manu militari à leur descente d’avion à Tel Aviv.

Source : Association France Palestine Solidarité (AFPS)

http://www.oumma.com/article.php3?id_article=2098

par Françoise Leblon publié dans : International
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Mardi 27 juin 2006
Dans la nuit de dimanche à lundi, l’armée israélienne a perpétré une nouvelle vague d’enlèvements dans les territoires palestiniens occupés, arrêtant 17 jeunes hommes de Naplouse.

Après passage à tabac et interrogatoires raffinés dans des lieux tenus secrets, sans possibilité aucune de communiquer et sans même bien souvent qu’aucune incrimination ne leur soit notifiée, ces jeunes iront rejoindre les 10.000 otages palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.

Le raid nocturne des occupants à Naplouse a été rapporté par les médias palestiniens ; il a fait deux petites lignes dans les journaux israéliens, et pas un mot ailleurs dans le monde occidental.

Mais qui ne connaît désormais, sous toutes les latitudes, le visage du soldat Schalit ? Du Vatican au Quai d’Orsay, en passant par la Maison-Blanche et le 10 Downing Street, les chancelleries du monde entier rivalisaient lundi, sous la houlette de la propagande israélienne, pour exiger la libération de ce conscrit de l’armée d’occupation, que des combattants palestiniens, des « terroristes » en somme, ont eu l’impudence de capturer, dimanche matin, lors d’une opération militaire aux abords de la bande de Gaza.

Faisant preuve d’audace et de courage, un commando palestinien a en effet réussi, dimanche matin, après avoir percé un tunnel souterrain de plusieurs centaines de mètres, à sortir de cette prison à ciel ouvert qu’est la bande de Gaza, et à faire un peu payer, pour une fois, le prix du sang, à une armée qui asphyxie tout un peuple depuis des décennies.

Deux combattants palestiniens, ainsi que deux soldats israéliens, ont trouvé la mort au cours de cette attaque du point fortifié israélien de Keren Shalom, qui jouxte la bande de Gaza, tandis que le soldat Gilat Schalit était porté disparu. L’hypothèse privilégiée -encore que non confirmée de manière objective lundi à la mi-journée- étant qu’il a été blessé lors de l’assaut palestinien, et fait prisonnier par les résistants. Des « diplomates étrangers » en poste à Gaza, s’exprimant sous couvert de l’anonymat, ont déclaré au Haaretz que Gilad Schalit était modérément blessé, et qu’il avait été soigné par des médecins palestiniens.

C’est peu de dire que le militarisme israélien n’apprécie pas du tout ce type de situation. Que les Palestiniens assiégés parviennent une fois de temps en temps, malgré l’effroyable disproportion des forces en présence, à rendre des coups à une armée confortablement installée dans ses blindés et ses casemates bétonnées représente en effet un premier camouflet. Mais qu’en plus, un Juif, un « jeune Juif » (le portrait de Gilad Schalit, avec ses lunettes de fort en math’s style Harry Potter a été instantanément diffusé aux rédactions du monde entier par les services de propagande de l’armée israélienne) soit tombé vivant entre les mains de ces « sauvages » que sont par définition les Palestiniens est carrément intolérable.

Aux premières rumeurs, selon lesquelles le groupe palestinien qui détiendrait Schalit (groupe qui ne s’était pas identifié, lundi après-midi, le chef du gouvernement Hamas, Ismael Hanyieh, ne revendiquant pas, pour sa part, l’action militaire) pourrait envisager de proposer la libération du soldat contre celle d’une partie des prisonniers palestiniens, notamment les femmes et les enfants, la direction israélienne a immédiatement répondu par la menace : « on ne négocie pas avec les terroristes », ont martelé les dirigeants israéliens toute la journée de dimanche, tout en déployant des centaines de tanks et de blindés sur le pourtour de la bande de Gaza, et en menaçant de mort les dirigeants du gouvernement palestinien membres du Hamas.

Ils ont ainsi montré leur profond mépris pour la vie humaine, y compris celle de Schalit, car il est évident (et plusieurs épisodes passés de tentatives ratées pour délivrer des prisonniers israéliens sont encore présents dans les mémoires) que la menace d’une intervention armée présente un danger accru pour le captif lui-même.

Mais les dirigeants israéliens, qui ne se gênent pas pour cracher à la figure du monde entier lorsque cela les arrange (voir leur fin de non recevoir à toutes les résolutions de l’ONU depuis des décennies), savent aussi qu’ils peuvent compter sur le soutien des puissances du monde entier dans leur déni du droit à l’existence du peuple palestinien.

Alors, c’est à l’étranger qu’on demande de « sauver le soldat Schalit ». Lundi matin, c’est la France qui a reçu le premier appel, lorsqu’il a été opportunément révélé que Gilad Schalit a deux nationalités, israélienne et française, parce que l’une de ses deux grand-mères était française. Mais plutôt que de s’interroger sur l’illégalité, pour un citoyen français, de servir une armée étrangère coupable de crimes de guerre continuels, les autorités françaises ont reçu 5/5 le message d’Ehud Olmert, et multiplié les déclarations affirmant qu’elles faisaient « le maximum » pour obtenir la libération du soldat.

Peu après, c’est le président israélien Katsav qui s’adressait au Vatican pour lui demander un petit coup de pouce divin, aussitôt accordé de bonne grâce par le nonce apostolique à Tel-Aviv. Bush, Rice, Merkel y allaient eux aussi de leurs trémolos, sans oublier la pitoyable prestation de Mahmoud Abbas, qui s’est permis de rendre par avance le gouvernement Hamas, qu’Abbas a pourtant lui-même nommé, responsable du sort du soldat Schalit !

A Gaza, la population craint le pire, bien sûr. Mais elle continue de résister. Et nous devons être plus que jamais à ses côtés.

Par CAPJPO-EuroPalestine
www.europalestine.com

par islamiya publié dans : International
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Mardi 27 juin 2006

Nous avons rencontré Nizar Sassi, ce Lyonnais de 27 ans, juste après le suicide de trois prisonniers de Guantanamo par pendaison. Et avant que le président américain Georges Bush n’affirme à Vienne qu’il « aimerait bien » fermer ce camp installé dans une enclave de l’île de Cuba. Nizar Sassi, originaire de Tunisie, né à Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise, a passé trente mois derrière les barreaux. Il était en Afghanistan en septembre 2001. Arrêté au Pakistan, livré aux Américains, cet ancien agent de médiation dans le métro de Lyon, a survécu plus de deux ans dans une minuscule cage grillagée à Guantanamo.

Selon lui, il est pratiquement impossible de se suicider dans ce camp, les prisonniers étant surveillés 24 heures sur 24. « Les Américains cherchent à se débarrasser des prisonniers jugés dangereux et qu’ils ne peuvent pas inculper faute de preuves », souligne Nizar Sassi. Il est l’auteur de « Prisonnier 325, Camp Delta » (*).

Soulignons que Philip Grant, juriste et président de Trial, association suisse contre l’impunité, dresse un parallèle entre Guantanamo et les explications données par Hermann Goering pour justifier l’existence de camps de concentration en Allemagne : Ils servaient à interner des gens qui n’avaient pas commis de crime, mais qui, selon les nazis, semblaient susceptibles d’en commettre « si elles restaient en liberté ».

Connaissiez-vous les trois prisonniers qui se sont suicidés par pendaison à Guantanamo (deux Saoudiens et un Yéménite) ? Leurs morts vous étonnent-elles ?

Nous ne nous connaissions pas sous nos noms de famille. Mais oui, j’ai croisé les deux Saoudiens à Guantanamo. Les tentatives de suicide y sont très fréquentes, mais habituellement elles n’aboutissent pas car nous sommes surveillés en permanence par des gardiens. Les Américains arrivent presque aussitôt pour détacher les pendus. Comment voulez-vous vous dissimuler lorsque vous êtes enfermé dans une cage de 2 mètres sur 1,80 mètre ? J’ai le souvenir d’un jeune homme de 19 ans : il est resté paralysé de sa tentative de pendaison.

Vous-même, avez-vous pensé au suicide dans ce camp ?

Non, j’avais trop envie de vivre, ou du mois de survivre. Mais si j’étais resté plus de trente mois à Guantanamo, aurais-je tenu le coup ? A la fin, j’étais véritablement à bout. Je n’ai pas subi les mêmes humiliations que de jeunes Saoudiens ou Pakistanais. Je suis né en France et j’étais moins choqué qu’eux quand des femmes militaires américaines venaient péter et roter devant nous. Il faut savoir que les gardiens se permettaient de nous pisser dessus ! Dans ces conditions, ils ne se gênaient guère pour jeter le Coran dans les toilettes.

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De nombreux spécialistes du terrorisme dénoncent l’absurdité de Guantanamo. Même si les prisonniers ont commis des actes de terrorisme, au bout de trois ou quatre ans, ils sont incapables de fournir la moindre information exploitable. Pourquoi les garder sans jugement dans ce camp ?

Je n’irai pas jusqu’à dire que tous les prisonniers de Guantanamo sont innocents. Mais la plupart n’ont aucun lien avec le terrorisme. Ce sont souvent de pauvres types vendus aux Américains pour 3000 ou 5000 dollars par des Afghans ou des Pakistanais. C’est mon cas, en 1981, j’avais 22 ans. Il n’est pas difficile d’enquêter sur mon passé : j’étais vigile après avoir été agent de médiation dans le métro à Lyon. Je ne connaissais même pas Al-Qaïda et je ne parlais ni arabe ni anglais. Je n’ai jamais tiré un coup de feu contre quelqu’un.

Malgré tout, en septembre 2001 vous étiez en Afghanistan.

Etait-il interdit d’aller en Afghanistan à cette époque ? Non. J’étais jeune et j’aimais les armes. Je suis parti là-bas pour quelques semaines, en été, afin d’apprendre les techniques de combat et le maniement des armes. Je ne suis ni un islamiste ni un terroriste. Je n’ai séjourné que peu de temps au camp El Farouk, étant tombé malade au bout d’un mois.

Que s’est-il passé après le 11 septembre ?

C’était le sauve-qui-peut. Tora-Bora, sur les contreforts de l’Himalaya, était la seule voie de passage praticable pour fuir au Pakistan. J’y ai passé un mois sous des bombardements épouvantables. J’ai été arrêté au Pakistan : pour cette population pauvre, j’étais une sorte de jackpot qui tombait du ciel. Elle m’a vendu pour 5 000 dollars aux Américains en prétendant que j’étais un terroriste.

Les Américains sont-ils aussi stupides que cela

Au départ, ils étaient persuadés que nous étions responsables des attentats du 11 septembre ! Les soldats ne se gênaient pas pour nous passer à tabac presque quotidiennement, pour nous humilier. J’ai d’abord été emprisonné en Afghanistan, puis à Guantanamo. Les personnes qui nous interrogeaient se succéder sans cesse sans, apparemment, se concerter. On nous posait toujours la même question, du style, « connaissez-vous Oussama Ben Laden » ? C’est effrayant, il aurait suffi de livrer n’importe quel nom sous la torture pour que les Américains tentent d’arrêter aussitôt la personne citée.

Les gardiens de Guantanamo sont-ils dupes de cette situation ?

Pas tous. On ignore qu’un régiment entier, qui se conduisait trop humainement vis-à-vis de nous, a vite été déplacé hors de Guantanamo. En fait, cette base est à usage interne pour les Américains. Bush veut faire passer le message suivant : rassurez-vous braves gens, les « méchants » ne vous feront plus de mal, ils ne sortiront jamais d’ici.

Y-a-t-il des « méchants » à Guantanamo ?

J’ignore s’il y a beaucoup de « méchants » qui entrent à Guantanamo, mais il y en a beaucoup qui en sortent ! La plupart des prisonniers répètent que s’ils parviennent à quitter un jour ce lieu, dès le lendemain ils prendront la route de l’Irak pour se battre contre les Américains. Guantanamo est une machine à créer de la haine. Mais pour ma part, je préfère passer un trait sur mon passé. Je travaille dans une société agroalimentaire, grâce au maire de Vénissieux. Je ne regarde pas la TV et je ne suis pas l’actualité.

Quelle est votre situation en France ?

A mon retour de Guantanamo, j’ai été inculpé pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » et incarcéré. Je passe en jugement à Paris du 3 au 12 juillet prochain, ainsi que les cinq autres détenus français le Guantanamo. Il y avait un septième Français, mais les traitements subis en prison l’ont rendu fou.

Source: http://www.oumma.com/article.php3?id_article=2093

par Oumma publié dans : International
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