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Mercredi 6 décembre 2006

Quelle fonction exerciez-vous à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle et que s’est-il passé puisque vous n’y travaillez plus ?

J’étais agent d’escale et mon employeur était Pénauille Servisair. J’exerçais depuis 5 ans. Tout se passait bien jusqu’où jour où on m’a retiré mon badge. Fin avril dernier, j’ai reçu un courrier signé du préfet, où on me signifiait que mon comportement « pourrait nuire à la sûreté aéroportuaire » (sic).

Sans plus d’explications ?

Oui, le document est très confus, et très vague sur le fond, on ne me donnait aucun détail. Il était ajouté que j’avais dix jours pour y répondre par écrit en réclamant un entretien oral sous peine de voir mon badge abrogé. J’ai écrit immédiatement. Entre temps, le 31 mai, il y a eu le renouvellement de mon badge, je m’attendais à des difficultés mais ça s’est passé sans problème.

Je n’ai pas reçu de réponse à mon courrier. Jusqu’au jour où (nous étions en août) j’ai reçu un appel téléphonique de l’assistant du préfet. Après s’être présenté, il m’a dit que son appel faisait suite au courrier du préfet et m’a demandé si j’étais toujours d’accord pour un entretien oral jeudi ou vendredi, sinon on procèderait à l’abrogation de mon badge. Au début, j’ai demandé à repousser le rendez-vous car j’avais prévu une autre activité le vendredi mais apparemment, je n’avais pas le choix,

je devais venir à l’une de ces dates précises où on abrogerait mon badge. Le vendredi, j’y ai donc été avec un ami calé dans le domaine juridique, parce qu’on m’avait dit que je pouvais être accompagné. Lorsqu’on est arrivé, trois personnes nous attendaient, dont l’assistant du préfet. Deux personnes se trouvaient face à moi, une troisième derrière. L’assistant m’a dit « on vous écoute », mais j’ai rétorqué que je voulais connaître le but de l’entretien, je lui ai dit « vous m’avez convoqué, c’est à vous de vous expliquer ». Il s’est mis à toussoter, il y a eu un moment de gêne, il regardait ses collègues, ne sachant visiblement pas par quoi commencer.

Puis il a dit « nous allons entamer le domaine religieux », et m’a demandé si je priais dans une mosquée. J’ai répondu « oui, je prie dans une mosquée comme les chrétiens prient dans une église et les juifs dans une synagogue ». Ensuite, on m’a demandé dans quelle mosquée précise je me rendais, j’ai répondu que cela dépendait de la situation géographique où je me trouvais, que je n’avais pas de mosquée attitrée.

On m’a demandé aussi si j’avais effectué mon pèlerinage. J’ai répondu, « oui, c’est le cinquième pilier de l’islam ». On m’a alors demandé où je l’avais effectué, j’ai répondu que je l’avais fait à Médine et la Mecque, bien sûr, me disant surpris qu’ils ne le sachent pas.

On m’a demandé si j’avais été dans d’autres pays du Golfe. J’ai répondu que ma profession me permettant de disposer de billets de faveur, j’en ai profité. J’ai été effectivement à Dubaï mais aussi dans une quinzaine d’autres pays, la République Dominicaine, la Turquie, les Etats-Unis, etc.

On m’a demandé pourquoi je portais la barbe. J’ai expliqué que nous les Musulmans nous tentons de nous conformer à la Sunna du prophète, de lui ressembler, comme des Juifs portent la barbe en l’honneur de Moïse, des chrétiens en l’honneur de Jésus (d’ailleurs, les chrétiens orthodoxes portent une barbe bien plus fournie que la mienne). On m’a demandé si j’y tenais beaucoup. J’ai expliqué que ma femme m’aimait bien comme cela.

On m’a aussi demandé si je connaissais des salafistes. J’ai dit que j’en avais entendu parler comme tout le monde, surtout du fait qu’on en parle dans tous les médias. Mais que ceux dont j’ai entendu parler sont des radicaux, je n’ai rien à voir avec eux.

J’ai tenu à leur faire comprendre que la religion, c’est un mode de vie ; j’ai travaillé pendant 5 ans avec des femmes, des Juifs, des chrétiens, je paye mes impôts, j’ai toujours aimé travailler dans le « relationnel ». Comme j’ai parlé des femmes, mon interlocuteur a réagi en me demandant « ça ne vous pose pas de problème de leur serrer la main, de leur faire la bise ? ». Pour détendre l’atmosphère, mon ami a répondu « si ça se sait, sa femme le tue ! », ce qui les a fait rire.

On m’a demandé si je me sentais français. J’ai répondu que si j’ai fait une demande de naturalisation en 1999, c’est parce que je voulais être Français. J’ai dit que je me sentais français et musulman. Cela fait 30 ans que je vis en France, dans mon travail, je n’ai jamais eu une absence, je suis respectueux de mes collègues comme des passagers, je suis assidu, je n’ai jamais reçu une seule plainte.

L’entretien a duré vingt-cinq minutes, c’était le 25 août. Une semaine plus tard, j’ai reçu une lettre du sous-préfet qui m’informait que mon badge était abrogé parce que je représentais un danger « significatif » pour la sûreté aéroportuaire et que l’entretien n’avait pas donné la preuve du contraire ! Que je présentais une « vulnérabilité incompatible » avec ma fonction.

Là encore, y avait-il des éléments probants, des faits précis expliquant cette décision ?

Pas du tout. On a abrogé mon badge comme ça, et depuis cette date, je ne travaille plus. Je ne perçois pas non plus d’indemnités des Assedic, je n’ai que mes yeux pour pleurer. Je tente de faire valoir mes droits devant les tribunaux, j’ai pris un avocat. En tout, ils ont retiré le titre d’accès à 72 personnes, et parmi celles là, 14 personnes ont protesté et 4 ont eu gain de cause en référé il y a quelques semaines devant le tribunal administratif. J’ai été débouté.

On a dit que j’avais des liens avec des islamistes radicaux dans des pays du Golfe, mais sans plus de détails. Vous imaginez ? On vous accuse de choses très graves mais on ne prend même pas la peine de le prouver. Je voulais des noms, des dates, des lieux ! Mais je n’ai rien eu de tout cela. Ils ont encore menti en accusant aussi mon frère et en disant qu’il avait travaillé dans la même entreprise que moi, alors que c’est complètement faux !

Il suffira que mon petit frère réclame un certificat de travail à cette société où il censé avoir travaillé (un certificat qu’il sera évidemment impossible de lui délivrer puisqu’il n’y a jamais travaillé) pour prouver le mensonge. C’est d’autant plus honteux que mon frère est fragile, il a des problèmes psychologiques, ne sort jamais de chez lui et est suivi par des psychiatres.

Toutes ces accusations ne sont basées sur rien de concret, mais sur du flou, de l’abstrait. Par exemple, il y a une personne que je connais et qui travaillait sur la piste, à qui on a reproché le fait que son oncle s’est fait expulser en 1995, mais quel rapport avec lui ?

Depuis la sortie du livre de Villiers, c’est une psychose qui s’est installée dans l’aéroport. On est des boucs émissaires, on nous traite arbitrairement, c’est pour ça qu’on a eu recours à la justice. Courant février, mon affaire va être examinée par une juridiction de fond, au pénal. Maintenant, on veut des preuves, pas des accusations basées sur des on-dit !

Etes vous confiant pour la suite des évènements ?

Non, pas du tout, je suis pessimiste. Je pense qu’ils ne veulent pas de Musulmans à l’aéroport, c’est aussi simple que ça. Ils nous grappillent des droits petit à petit, dans le domaine politique, ça ne fait que commencer. Le message que je ressens c’est un peu « on fait ce qu’on veut de vous ». Vous imaginez ce qui va se passer pour les Musulmans qui restent à l’aéroport ? Les barbus vont se raser la barbe, les gens ne vont plus du tout pratiquer, tout cela par peur de perdre leur travail.

Quelles sont les réactions de vos collègues, notamment les non musulmans ?

Une de mes collègues a pleuré. Eux sont bien placés pour savoir que je suis irréprochable, je n’ai pas eu une seule absence en 5 ans, j’ai de très bons rapports avec tout le monde. Mes collègues ne comprennent pas. J’ai pas mal de copains, des collègues qui sont prêts à témoigner, qui m’appellent. Ils sont tristes pour moi, c’est quand même une discrimination au grand jour, une discrimination caractérisée, je n’avais jamais vécu cela !

Je me sens sali, mon honneur bafoué. Je me bats pour faire valoir mes droits en justice. Mais franchement, même si j’ai gain de cause, je ne sais pas si je pourrais encore travailler dans cette entreprise, comme avant, comme si rien ne s’était passé, je n’aurais plus la même motivation. Quelque part, c’était le but à mon avis.

Comment expliquez-vous que parmi les dizaines de personnes dont les badges ont été abrogés, seules 14 ont déposé plainte ?

Je ne peux pas répondre à leur place. Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que cette affaire a installé un vrai climat de terreur à l’aéroport. Certains ont peut-être peur d’éventuelles représailles. Et puis, il faut aussi payer les avocats ! Tenez, moi ça fait trois mois que je n’exerce plus. Mais je ne perçois aucune indemnité ! Et puisque officiellement je fais toujours partie de la société, je ne peux même pas travailler ailleurs ! En plus, ma femme a des problèmes de santé et ne peut pas travailler, j’ai aussi un enfant à charge, on vit tous sur mes économies, ça ne pourra pas durer éternellement…

Y a-t-il des associations, musulmanes ou autres qui vont ont apporté leur soutien ?

Il y a le collectif contre l’islamophobie qui nous aide, notamment Lila Charef. Il semble aussi que la LDH nous soutienne, le MRAP aussi, et la Halde a dit qu’elle va examiner mon dossier après que je l’ai sollicitée. Mais pour ce qui est de l’UOIF ou du CFCM, je n’ai reçu aucun soutien. Il y a eu aussi un représentant d’un mouvement musulman alsacien qui a pris contact avec moi, il voulait faire une manifestation mais j’ai refusé, je ne voulais pas que mon affaire soit récupérée politiquement.

Mais mon employeur ne m’a même pas appelé. C’est une sorte de « complot », quelque part, ça l’arrange, un barbu à l’aéroport ça fait peur, alors si on l’en débarrasse, c’est peut-être mieux pour lui. De Villiers a ouvert une brèche, on peut dire qu’il a réussi son coup. J’ai gardé un article qui est paru juste au moment de la sortie de son livre, Il était dit que la police se penchait sur une centaine de dossiers « sensibles » et allait faire en sorte que 60% d’entre eux soient exclus, et c’est exactement ce qui s’est passé. Et ça, c’était bien avant les convocations et les retraits de badge, c’était prévu de longue date.

Même des gens rasés, qui n’ont pas de barbe ont été inquiétés parce qu’ils ont fait le pèlerinage, ça dérange, pour eux, ce n’est pas normal que des jeunes fassent leur pèlerinage, ça devrait être réservé aux vieux ; ils ne font que des amalgames, si vous faîtes le pèlerinage, c’est que vous êtes fanatique, que vous vous êtes radicalisé etc. Ils aimeraient que les Musulmans soient le moins pratiquants possible, qu’ils fassent à la rigueur le ramadan, mais pas plus.

A votre connaissance, les dossiers des autres personnes mises en cause sont-ils aussi inconsistants ?

Je suis en relation avec trois personnes. Mon collègue qui travaillait sur la piste et dont je vous ai déjà parlé a très peur, le pauvre, parce qu’il avait demandé la nationalité, il ne tient qu’avec des cachets ; un autre qui était agent d’escale, a une toute petite barbe mais il a fait le pèlerinage. Quand il a fait son Hajj, il en a profité pour faire la Omra dans la foulée, et là, les RG l’ont convoqué et lui ont dit « t’as déjà fait un pèlerinage, pourquoi t’en fais un deuxième ? » ! Le troisième n’a pas de barbe, on lui a aussi reproché son pèlerinage, mais il a obtenu gain de cause au référé.

En fait, le point commun qui nous réunit tous (en plus d’être musulmans bien sûr), c’est qu’on est pratiquants. Ils savent qu’on prie à la mosquée (donc il y a eu sûrement « délation ») et aussi qu’on a fait notre pèlerinage à la Mecque (pour ça, on est fichés d’office).

Quelles leçons tirez vous de cette affaire ?

La première leçon que j’en tire, c’est une confirmation. On nous dit d’avoir foi en la République, mais c’est la République qui n’a pas foi en nous. Ils se disent contre l’intégrisme religieux, le fanatisme, mais nous on est parfaitement intégrés, on fréquente des gens de tous les horizons, alors que là on veut nous désocialiser, nous asphyxier, nous incriminer !

La France n’est pas prête à accepter l’islam, quand vous voyez cette peur de l’islam qui s’exprime, tous ces amalgames qu’ils font ! La barbe ça devient synonyme de radicalisme, le pèlerinage d’extrémisme, plus les années passent, plus ça se dégrade. Au début, quand le livre de Villiers est sorti, ils l’ont tous critiqué soit disant.

Pour moi, ça ne fait que commencer, après l’aéroport, ça sera peut-être au tour de la RATP, ça a commencé avec l’interdiction du voile à l’école, certains veulent maintenant l’interdire dans la rue, c’est un mouvement qui s’étend, on trouvera bientôt autre chose pour nous étouffer socialement. Il y a des Musulmans qui ont des taxiphones et qui sont sur écoute, des commerçants qui sont harcelés sous prétexte d’inspection de l’hygiène, on nous empêche de créer des écoles, etc.

C’est la liberté de culte qui est menacée, ils veulent la mainmise sur tout ce qui nous concerne. Je ne crois pas en l’avenir, l’étau se resserre, je n’ai aucun espoir.On nous parle d’assurer la sûreté du pays, c’est légitime et nous aussi on veut être en sécurité, mais on ne l’obtiendra pas avec cet arbitraire, ces abus, ces actes gratuits ! Sarkozy a dit en gros « ça y est, on a sécurisé l’aéroport, on l’a débarrassé des radicaux », mais est-ce qu’il nous connaît ?

Non ! Il ne connaît pas ma vie, je n’ai pas de dettes, on ne m’a pas retiré un seul de mes douze points de permis. Justement, c’est ça l’islam, le civisme, la paix, la tolérance, aider les personnes en difficulté, avoir un bon comportement. C’est d’ailleurs ces aspects qui attirent beaucoup de gens vers l’islam !

J’ai une femme et un enfant à charge, je ne peux pas travailler ni être indemnisé et en février, ça fera 6 mois que je survis sur mes économies, je ne vais pas pouvoir tenir longtemps comme ça, c’est une situation infernale.

Propos recueillis par Fatiha Kaoues

par oumma publié dans : News
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Vendredi 24 février 2006

ESPIONNAGE - Un Genevois recruté par Berne a infiltré l’entourage d’Hani Ramadan.
Valérie Duby et Alain Jourdan

Publié le 23 février 2006

Sa mission était d’infiltrer le Centre islamique de Genève. Recruté par la police fédérale au début 2004, Christian (prénom fictif), 35 ans, sans emploi, a accepté le job. « Je sortais de prison dans le cadre d’une affaire d’escroquerie. J’avais déjà collaboré avec la police. Je me suis dit pourquoi pas », explique le Genevois.

Christian est rapidement mis en contact avec des commissaires du Service d’analyse et de prévention, à Berne.

« L’opération d’infiltration du Centre islamique a été baptisée Memphis. Mon nom de code était Menes. Il a fallu me construire une histoire afin de justifier mon intérêt pour l’islam. Dans le jargon des services, on appelle cela une « légende ». Plusieurs séances de préparation ont eu lieu dans des locaux loués au nom d’Antoine Lepage, près de l’aéroport. »

Christian rencontre Hani Ramadan pour la première fois le mardi 17 février 2004, à l’issue d’une conférence au Centre islamique de la rue des Eaux-Vives. « Je ne devais pas manifester un trop grand intérêt pour l’islam au départ. Seulement faire état de préoccupations existentielles à l’issue d’une ¬période troublée. »

Comme le dit la taupe, ce n’est pas tous les jours que l’on croise des Occidentaux qui manifestent un intérêt pour la religion musulmane : « Hani Ramadan a mordu à l’hameçon. »

Les agents du SAP savent que l’opération ne va pas rapporter gros en termes de renseignements au début. « Le but était surtout de créer des liens avec Hani Ramadan et les personnages gravitant autour de lui. Les policiers fédéraux me faisaient confiance. Naturellement, ils étaient au courant de mes antécédents judiciaires. Mais ils ne cherchaient pas non plus une vierge effarouchée ! Je n’étais pas mensualisé. Juste défrayé. De toute manière, je ne faisais pas cela que pour l’argent. »

Il se convertit à l’islam

Le 30 avril 2004, deux mois après sa rencontre avec Ramadan, Christian se convertit à l’islam. Il se prénomme désormais Sayyid. Et se rend quotidiennement prier au centre des Eaux-Vives. Au fil des jours, Sayyid a l’occasion d’entrer en contact avec de nombreuses personnes. « Il m’a été très facile d’établir des rapports de confiance, les gens étaient accueillants. » Il rencontre par exemple l’un des deux hommes arrêtés en octobre 2005 pour avoir surfé sur le Net et visité des sites extrémistes violents, à l’Université de Genève.

« A chaque fois que je rencontrais des individus suspects ayant des liens avec des réseaux islamistes, le SAP les identifiait comme appartenant à des services de renseignements étrangers. On me demandait alors de me recadrer sur Hani Ramadan. C’était la priorité absolue. L’objectif central de l’opération. Le SAP voulait tout savoir, qui il fréquentait, qui se rendait au centre. Et même le nombre de sucres dans son café... C’était absurde.

 »Mon contact à Berne n’était pas forcément intéressé par les autres infos que je lui amenais en rapport avec la sécurité de notre pays. La police genevoise, avec laquelle j’ai toujours conservé un contact, a été écartée de l’opération. »
« Un jour j’ai décidé de tout dire à Hani Ramadan »

Au fil des mois, Christian-Sayyid se met à apprécier le directeur du Centre islamique : « Plus j’apprenais à le connaître et plus j’étais surpris par son attitude. Lui-même se montrait méfiant de tous ceux qui maniaient un langage révolutionnaire, n’hésitant pas à exclure du centre certains musulmans. » Hani Ramadan est dans le collimateur des autorités. Il a été renvoyé de l’enseignement public pour avoir publié dans les colonnes du Monde en 2002 une tribune libre sur la charia dans laquelle il défendait les vertus dissuasives de la lapidation.

Christian est approché pour se rendre en Irak. Il ira en Syrie, avec l’accord de son contact à Berne. De là, il rédige un mémoire sur les rencontres effectuées à Damas. A son retour, en février 2005, il décide de stopper sa collaboration. « J’en avais marre. J’avais envie de vacances. Je voulais rejoindre des amis en Espagne. J’ai informé Berne, mais mon agent traitant ne voulait rien entendre. On m’avait pourtant toujours dit que je pourrais stopper ma collaboration à tout moment. Par des menaces à peine voilées, on m’a expliqué que si les autorités espagnoles apprenaient mon séjour en Syrie, elles pourraient l’interpréter dans un mauvais sens... Pendant plusieurs mois, le SAP a tout fait pour que je continue. En octobre 2005, j’ai accepté une rencontre afin de mettre les choses au point. On m’a demandé une nouvelle fois d’identifier des gens sur des photos. »

Christian conclut : « J’ai moi-même une morale assez élastique, mais dans cette affaire je dois dire que je n’ai pas compris leurs méthodes. Il y a quelques semaines, j’ai décidé d’avouer la vérité à Hani Ramadan et de rendre cette affaire publique. Et il y aurait encore beaucoup de choses à dire. »

Joint par téléphone, Hani Ramadan n’a pas souhaité s’exprimer sur cette affaire. « De toute manière, le centre n’a rien à cacher. Nous travaillons dans la plus grande transparence », se borne-t-il à répondre.

(vdy/aj)


Services secrets, services muets
Christian n’est pas un mythomane. Il fournit le numéro de téléphone de son contact au SAP. Etonné d’être joint par des journalistes, l’officier traitant refuse de s’exprimer. Guido Balmer, porte-parole du Département fédéral de justice et police répond par un communiqué : « Conformément à la pratique, le Service d’analyse et de prévention (SAP) ne peut ni confirmer ni infirmer le fait que des personnes lui livrent des informations. Dans les cas concrets, nous ne nous prononçons ni positivement ni négativement pour ne pas mettre en danger d’éventuelles sources d’informations. Mais la loi permet au SAP de faire appel à des particuliers pour rechercher des informations.

 

C’est uniquement sur les fronts de l’extrémisme violent, du terrorisme, de l’espionnage et de la prolifération des armes de destruction massive que le SAP, à savoir le service de renseignements intérieurs, peut recueillir des informations en faisant appel à des informateurs.

Le SAP a donc parfaitement le droit d’inciter des personnes à lui livrer certaines informations (...).

Les informateurs sont dûment informés des limites juridiques liées à leurs activités. A titre d’exemple, il n’est pas admis qu’une personne commette un cambriolage ou une autre infraction pour obtenir des informations. » _ (vdy/aj)

http://www.tdg.ch/tghome/toute_l_info_test/geneve_et_region/islamique__23_02_.html

par Valerie duby publié dans : News
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Jeudi 20 janvier 2005

par Khalid bougayou publié dans : News
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Lundi 6 décembre 2004
par Khalid bougayou publié dans : News
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Lundi 15 novembre 2004
 

De violents combats ont opposé l'armée américaine à des rebelles à Baaqouba, au nord-est de Bagdad, alors que les GI's reprenaient en partie le terrain perdu à Mossoul et que les Marines tentaient de réduire les dernières poches de résistance à Falloujah.

L'aviation américaine a effectué des raids aériens à la lisière sud de Baaqouba (60 km au nord-est de Bagdad) après de violents combats dans ce secteur entre insurgés et forces de sécurité irakiennes.

Selon le sergent Steve Johnson, les affrontements ont fait 20 morts parmi les rebelles, qui seraient encore au nombre de 80, alors que quatre soldats américains ont été blessés.

"Les accrochages continuent", a précisé le sergent en début d'après-midi. Il a indiqué que les accrochages avaient commencé vers 08h00 (05h00 GMT) lorsqu'un bus transportant entre 20 et 40 rebelles est arrivé à Baaqouba.

Baaqouba et sa région sont le théâtre de fréquentes attentats contre les troupes américaines et irakiennes ainsi que contre les responsables locaux. "Il y a eu une série d'attaques ces derniers jours, notamment avec des engins explosifs, et ces attaques ressemblent à celles qui ont eu lieu en juin quand un grand nombre d'insurgés sont arrivés dans la ville", a-t-il ajouté.

A Falloujah, au huitième jour de l'offensive qui a fait 38 morts et 275 blessés dans les rangs américains, cinq morts dans ceux de l'armée irakienne et 1.200 parmi la guérilla (surement des civils parmis eux) selon l'armée américaine, des champignons de fumée étaient visibles lundi au dessus de la ville, alors que l'aviation bombardait les dernières positions des rebelles.

"Les forces irakiennes et la Force multinationale ont arraché aux rebelles le contrôle de la plus grande partie de Falloujah mais les opérations ne sont pas terminées", a indiqué une source militaire.

"Nous reprenons ces postes de police que les éléments anti-irakiens (terminologie américaine pour désigner les rebelles) ont pillé, volant des armes, avant de les incendier", a indiqué à l'AFP le capitaine Duane Limpert, porte-parole du corps expéditionnaire américain Olympia, basé à Mossoul.

La guérilla, a-il ajouté, n'occupe pas les postes de police "mais est active aux alentours, a attaqué des édifices gouvernementaux et a essayé d'établir des barrages pour montrer sa force".

Il a annoncé que des commandos de l'armée irakienne et des gardes nationaux en majorité kurdes, venus du Nord et du Kurdistan, avaient été dépêchés dans la ville pour rétablir l'ordre.

par Khalid bougayou publié dans : News
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Samedi 13 novembre 2004
 LA HAYE (AP) -- Une mosquée de Helden, localité du sud-est des Pays-Bas près de la frontière allemande, a été détruite dans un incendie tôt samedi matin, a annoncé la police qui soupçonne un acte criminel. On ne déplore pas de victimes.

Le feu s'est déclaré vers 6h du matin et a pu être maîtrisé par les pompiers dépêchés sur place. L'édifice religieux a été en partie détruit par le sinistre, qui coïncide avec la fin du Ramadan. «Nous sommes tous sous le choc. Nous avons demandé à chacun de garder son calme, en particulier les jeunes», a déclaré Mohammed elAmriti, un des responsables du lieu de culte.

Plus d'une vingtaine d'actes de vandalisme contre des lieux symboliques de la communauté musulmane ont été signalés aux Pays-Bas depuis l'assassinat, le 2 novembre, du réalisateur néerlandais Theo van Gogh par un musulman soupçonné d'appartenir à une mouvance radicale.

par Khalid bougayou publié dans : News
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