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Vendredi 5 mai 2006
Ce mardi 2 mai au matin, Mme Nabaoui s'est rendue à son lieu de travail dans la ville de Strasbourg. C'est dans le hall d'entrée de l'immeuble qui abrite son cabinet médical, que Mme le Dr Nabaoui a découvert les inscriptions racistes et islamophobes, s'attaquant directement à sa famille. On pouvait ainsi lire : « Nabaoui au four », « sale arabe », le tout orné de croix gammées. Son mari Abdelhaq Nabaoui est le président sortant du CRCM d'Alsace. Enseignant, il est actuellement président de la région Grand Est de l'Union des organisations islamiques de France et vient d'être nommé aumônier national hospitalier par le Conseil français du culte musulman (CFCM). Ce n'est pas un hasard.


C'est la troisième fois que la famille Nabaoui est victime de vandalisme islamophobe. La première a eu lieu en 2004, lors de la profanation de tombes musulmanes au cimetière de la Meinau à Strasbourg, où on pouvait lire à côté des tombes saccagées « Nabaoui à mort » ; Puis, la même année, lors des profanations de 50 tombes musulmanes du cimetière militaire du quartier Cronenbourg à Strasbourg, à laquelle M. Chirac avait vivement réagi, qualifiant ceci d' « actes scandaleux » ; Mme Nabaoui avait reçu les mêmes attaques sur son lieu de travail. Et ce mardi pour la troisième fois, les Nabaoui sont victimes d'actes racistes.

M. Nabaoui a porté plainte auprès du préfet de Strasbourg et compte en aviser le cabinet du ministre de l'Intérieur, ainsi que le président de la République. « Lorsqu'on s'attaque à votre famille c'est très difficile, surtout que les attaques sont nominatives. C'est le prix à payer pour porter des responsabilités, on se doit de participer à l'évolution de nos frères et sœurs dans cette société » explique Abdelhaq Nabaoui. « Cependant, je ne pense pas que ce soit simplement des attaques personnelles, c'est toute la communauté musulmane qui est touchée et attaquée par ces actes racistes » conclut-il.
par Saphirnews publié dans : Discriminations et racisme
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Jeudi 4 mai 2006

De plus en plus, se font entendre des voix d’intellectuels "engagés" qui annoncent un pseudo-choc civilisationnel irrésistible et programmé. Ils distillent ainsi au gré d’interventions médiatiques ce propos. Le dernier en date, Luc Ferry, m’a littéralement fait sursauter (ces derniers temps, je sursaute beaucoup devant ma télévision...) Présentons le personnage. Luc Ferry est un philosophe. Preuves en sont ses lunettes d’écaille et ses cheveux ondoyant légérement sur la nuque. En effet, apprenez que la pilosité, la coupe de cheveux renseignent beaucoup, dans les codes télégéniques, sur les idées et opinions : « je suis un dictateur : voyez ma moustache », « je suis un terroriste : voyez ma barbe », et enfin « je suis un philosophe : voyez mes cheveux »...

Philo... sophiste !

Donc, je reprends, Luc Ferry est capillairement un philosophe. Et tout ce qu’il dit prend aussitôt le goût et l’ampleur d’une pensée profonde hautement philosophique. Quand le sieur Ferry s’exprime, ce sont toutes les mannes des plus grands penseurs qui sont invoquées.

Ainsi peut-il déclarer « philosophiquement » sur LCI que les musulmans ont un rapport banal à la mort (de l’Autre s’entend), ontologiquement différent du nôtre (« nous » = les Occidentaux bien sûr) ; et, à l’appui de cette affirmation, il évoque et invoque un ami tunisien (« donc » musulman) qui lui aurait déclaré quelque chose comme : « Tu sais, nous on a l’habitude d’égorger, avec tous les moutons qu’on tue ; égorger, ça ne nous fait rien... »

Cet ami tunisien est la touche ethnique du propos qui est censée apporter une dimension de subjectivité qui objective dans le même mouvement les commentaires de Luc Ferry ; en effet, cet ami, puisqu’on le suppose musulman, ne peut donc être soupçonné d’amalgames, de raccourcis ou de racisme contre sa propre religion. CQFD...

Tristes tropismes

Que dire face à ce salmigondis de propos « philosophiques » ? Rappelez d’abord que l’abattage traditionnel des animaux en terre d’islam prend sa source dans la tradition abrahamique et mosaïque (commune au christianisme et au judaïsme). Luc Ferry ignore-t-il, dans sa grande sagesse, que l’islam se réfère explicitement au sacrifice d’Abraham commémoré par l’Aïd-el-Kebir et que le rituel d’abattage musulman est identique au rituel juif prescrit à Moïse (Deutéronome, chapitre XII, verset 16 : « Seulement le sang, vous ne devrez pas le manger. Tu le verseras à terre comme de l’eau » ?

Ce genre de raisonnement court, d’autres, en leur temps, l’ont tenu : faut-il rappeler que, dans les délires antisémites, les rabbins étaient accusés de sacrifier ou d’égorger des nouveaux-nés chrétiens pour fabriquer avec leur sang le pain azyme nécessaire à Pessah (La Pâque juive commémorant la sortie d’Egypte). Eh oui, eux aussi étaient censés ne pas faire de grande différence entre un être humain et un mouton... Myopie religieuse, quand tu nous tiens !

On peut encore rappeler, en ces temps de commémoration de la bataille sanglante, inutile et monstrueuse de Verdun, les « profondes pensées » tenus par un autre philosophe, Henri Bergson, en août 1914 : « La lutte engagée contre l’Allemagne est la lutte même de la civilisation contre la Barbarie » [1].
Déjà l’argument de « la civilisation » et des « barbares », le « eux contre nous » à l’origine de tant de guerres...

C’est la même ratiocination qui se développe en Europe aujourd’hui contre les « barbares mahométans ». Ceux-ci menaceraient de l’extérieur et de l’intérieur la « civilisation judéo-chrétienne » (dixit Max Gallo), ou plus récemment encore « les valeurs de la République » (dixit Philippe Val). Ces mêmes « valeurs républicaines », d’ailleurs, qui en leur temps ont poussé un autre Ferry (Jules, cette fois-ci) à favoriser la conquête et l’occupation de pays supposés inférieurs car déjà férocement égorgeurs (mais ça devait être moins gênant à l’époque...).

Paul Nizan, en son temps, dénonçait dans les années 30 la bêtise et la veulerie de la presse et des intellectuels « chiens de garde », les deux étroitement liés : « La guerre devenue Idée, l’objet même de guerre disparaît (...). Non point un jeu sanglant au profit des fabricants d’armes mais une croisade philosophique, mais une bataille d’esprits » [2].

Chronique d’un clash civilisationnel désiré

Luc Ferry, comme tant d’autres, « pro"F"étise » du haut d’une prétendue chaire en philosophie appliquée. Et on assiste, depuis quelques temps, à la vaticination d’un choc des religions. Une guerre des monothéismes révélés entre la « civilisation judéo-chrétienne » et l’Islam se profilerait insidieusement.

On pythonise, dans les vapeurs médiatiques, une pseudo-incompatibilité atavique et culturelle de l’islam avec les autres religions.

Pourtant, car encore une fois les faits sont têtus, les Juifs ont été pendant 2000 ans rejetés et persécutés par cette « civilisation chrétienne » pour ces mêmes raisons d’incompatibilité supposée, jusqu’à l’horreur de l’Holocauste... Pourtant les musulmans se réclament des « Gens du Livre » (ce mot désigne la Bible) et reconnaissent les prophètes juifs comme les prophètes chrétiens...

Pourtant les mots utilisée dans cette nouvelle islamophobie rappellent étrangement le champ lexical utilisé dans l’antisémitisme des années 30. Les "rats" musulmans d’Oriana Fallaci font ainsi douloureusement écho au film de propagande nazi, le "Juif Suss" dans lequel se superposait aux visages de supposés Juifs des rats grouillants . De même, le journal de Goebbels, édité récemment, fait souvent référence à une "racaille juive" dont il voulait "nettoyer" l’Allemagne nazie.
LA suite ici:   http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2406
par Hassinamechal publié dans : Analyse/ Chronique
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Jeudi 27 avril 2006

La liberté a ses limites, c’est entendu. Mais une société où l’on a plus le droit de marcher à plus de trois quand on a entre 15 et 18 ans est une société qui marche sur la tête. Et nous ne saurions rester inactif plus longtemps face à de telles dérives. Cela se passe à Monfermeil, certes, mais nous sommes tous concernés au plus haut point.

J’ai fait une petite rechute ce matin. J’ai acheté (première erreur) et j’ai lu (deuxième erreur) le quotidien Libération du jour. Et je n’ai pas été déçu. Depuis le 7 avril, les jeunes de 15 à 18 ans n’ont plus le droit de se promener à plus de trois au centre-ville de Montfermeil, et ce de jour comme de nuit. La mesure devrait s’appliquer jusqu’au 30 juin de cette année. Cette brillante idée politique est l’œuvre du maire UMP Xavier Lemoine, ancien villieriste et tenant d’une droite à l’aile droite très élastique. Voilà pour l’information.

Maintenant, quelques remarques tant sur la forme que sur le fond, voire sur le fond de la forme.

Relevons d’abord que nous sommes le 26 avril. Et que l’arrêté date du 7 avril. Il a donc fallu 19 jours au quotidien Libération (comme au reste de la presse d’ailleurs) pour nous informer de cette mesure ahurissante. Force est donc de constater que ce type d’information n’intéresse que moyennement la classe médiatique dominante. A l’heure des surenchères sécuritaires et des mots de trop sur le sujet, plus de deux semaines sont nécessaires pour apprendre que la radicalisation droitière empêche désormais nos adolescents de se promener ensemble. La nouvelle n’est pas prioritaire, et c’est bien le premier enseignement que l’on peut tirer de l’affaire.

Sur le fond maintenant. Comment ne pas s’alarmer d’une telle mesure ? Comment fait-on dans ce pays pour n’y voir qu’une nouvelle parmi d’autres. Comment tous ces journalistes embourgeoisés peuvent-ils la mettre en sourdine dans des moments pareils ? Si l’arrêté avait concerné les juifs ou les noirs, les handicapés ou les femmes, il est évident que nous n’aurions plus entendu parler que de lui. Mais les jeunes... Ah les jeunes ! Il faut bien leur fixer des limites en ces temps de laxisme généralisé. Il faut bien protéger nos rues de leur fougue juvénile et profondément mal intentionnée. Alors allons-y gaiement, tout est permis en la matière. Et personne ne s’offusquera outre mesure d’un nouvel épisode anti-jeune. Parce qu’au fond, si tant de voix s’alarment par principe de ce qui se passe à Montfermeil, il n’en restera pas moins que l’écrasante majorité de la population française a parfaitement intégré les leçons dispensées par les classes médiatique et politique. Les gens ont peur, les gens sont pétrifiés d’angoisse. Ils le sont d’abord pour des raisons évidentes telles que la perte du sens de leur existence, la précarisation progressive de leur vie professionnelle, familiale, financière ou simplement sociale. Et comme chacun sait, la peur est très mauvaise conseillère. Elle exige un bouc émissaire, ou davantage si possible. Et ce bouc émissaire est là, devant nous, tout désigné : le jeune. Mais attention ! pas n’importe quel jeune. Il s’agit du jeune de banlieue, d’origine étrangère visible, et portant l’uniforme qui sied. Le jeune qui fait peur en somme. Alors on lui mène la vie dure. Il n’avait déjà plus le droit de se joindre aux autres à l’entrée de son immeuble. Ca faisait peur justement. Une peur fantasmée, bien sûr. Personne ne nie que certains halls d’immeubles soient devenus relativement angoissants à certaines heures et dans certains quartiers. Mais nous n’interdisons pas la voiture pour éviter les accidents, ou pour faire taire l’angoisse des parents qui voient leurs enfants sortir chaque matin de leur domicile pour aller braver le monstre tentaculaire de la circulation urbaine. Il y a des peurs qu’on ne soignera jamais, des peurs qu’on normalise et qu’on néglige. Des peurs que l’économie réclame. Et d’autres qu’on peut exploiter. La peur de l’étranger, porteur de valises piégées, ou celle du jeune qui vous agresse pour un regard ; ces peurs-là sont très utiles. Elles font et défont les présidents, elles agitent les sondages, elles politisent le commun des mortels. Elles ramènent les gens à la chose publique en effet, mais par le bas. Par la petite porte, qui porte un petit « p ». Le « p » de politicien, le « p » de populisme », le « p » de Le pen ou de pasqua. C’est donc là le plus grave à mon sens. Sur le principe, tout le monde condamnera la chose, mais en pratique, chacun se dira que peut-être il est utile d’en venir à de telles mesures. Parce que c’est vrai quoi, on est plus tranquille dehors, ils nous font peur ces jeunes-là, et puis ils ne sont pas comme nous, ils s’habillent tous pareil, ils se comprennent, ils nous detestent, etc. Alors finalement, une petite entorse aux libertés publiques, hein, si ca ramène la paix civile... C’est celà qui me terrifie, cet acquiescement tacite, enfoui au fond des bas instincts frileux d’une grosse majorité de la population. Ca me terrifie parce qu’on n’éteint pas le feu en soufflant dessus.

Enfin, la dernière remarque à faire me semble-t-il concerne la façon dont le journal traite cette information. Avec cette photo d’anthologie. Une photo qui couvre une bonne moitié de page, et sur laquelle on peut voir quatre jeunes, traversant le passage clouté, de gauche à droite, à la façon cent fois revisitée des Beatles sur la pochette de leur album Abbey Road. Deux sont noirs, et deux sont basanés. Tous portent des baskets et un jean. Le premier et le troisième sont couverts d’une capuche blanche. Ils ont l’air amusés, plutôt fiers. Mais ils sont mitraillés sans le savoir. Ils ne sont que l’image d’eux-mêmes. Visibles ici tels qu’on veut les voir. Tels que le photographe a voulu qu’ils soient. Parce qu’on dirait des casseurs, parce qu’on dirait des délinquants, parce que ces quatre-là focalisent tout ce que les bonnes gens craignent et haïssent chez cette jeunesse exotique de l’intérieure. Comment voulez-vous écrire un article contre une mesure anti-jeune si vous mettez en scène, en pleine page ou presque, quatre gosses manipulés, choisis justement pour tout ce que leur apparence signifie de violent, d’incontrôlable et de dangereux. Tous les pires fantasmes post-coloniaux ressurgissent ici, toute la stigmatisation d’une génération mal aimée, toute la mystification des banlieues sont ici condensés. C’est sur cette photo qu’on distingue le fameux indigénat de la République, si justement analisé par le sociologue Saïd Bouamama*. Alors voilà, Libération fait du spectacle et de l’art moderne là où nous aurions besoin d’un « J’accuse ».

La violence et la peur font vendre, et Libération appartient à Rothschild. Inutile de préciser que Libération veut vendre, et que son sens des responsabilités passe bien après son sens des affaires. Et ce journal est à l’image des autres. Tous ceux qui ont mentionné le fait que les deux agresseurs du jeune belge de la semaine dernière étaient de « type nord-africain », alors qu’ils sont polonais. Tous ceux qui ont fait leurs choux gras des casseurs en les présentant allégrement comme des sauvages et qui acceptent de respecter une droite soi-disant républicaine qui parle et qui pense comme elle le fait ces temps-ci. Les médias de masse, avec leur support visuel omniprésent, ont fait de nous des consommateurs d’image. Ces quatre jeunes sont anonymes, et pourtant tout le monde a le sentiment de les connaître un peu. Ce sont des « racailles », et l’analyse peut s’arrêter là chez la majorité des lecteurs. Ce genre d’article devrait faire l’objet de la plus sévère condamnation morale. Et il faudra bien que nous finissions par sanctionner ce journalisme irresponsable et souffleur de braise.

Un pareil arrêté municipal, pris par un maire de la droite médiatiquement fréquentable, est en soi le signe que les choses vont très mal. Et si nous laissons faire, si nous acceptons cette dérive généralisée, médiatique et politique, nous n’aurons pas d’excuse. Il y a là tout autant de raisons de s’insurger que pour le CPE, et pourtant il a fallu 19 jours pour apprendre la nouvelle. Les stigmates que nos penseurs et responsables imposent à toute une partie de nos concitoyens sont proprement intolérables. Les symptômes sont maintenant bien trop visibles et trop nombreux pour que nous puissions encore croire que c’est normal. Que nous sommes toujours en république et que notre mère la Démocratie veille sur nous. République ou Démocratie, ce ne sont que des mots, et ils ne protègent en rien des horreurs et autres infamies dont certains semblent vouloir les habiller.

Source: http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2389
par Gregsameer publié dans : France
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Mardi 18 avril 2006
« Après une année d'activité, les pôles régionaux de lutte contre l'islam radical présentent un bilan encourageant» nous dit Le Monde. Les données statistiques de 2005 appuient cette analyse :
• 47 salles de prières musulmanes ont été contrôlées
• 473 commerces tenus par des entrepreneurs musulmans ont été contrôlés
• 85 cafés et points phone gérés par des acteurs économiques musulmans ont été contrôlés

Ces cibles sont toutes soupçonnées d'être « susceptibles de servir de lieux de financement ou de prosélytisme » musulman. Entendons, des lieux au service du mouvement Salafiste ou du mouvement Tabligh.

La France de « l'islam harcelé »


En janvier 2005, à la création des « Pôles régionaux de lutte contre l'islam radical », l'objectif était dans la dénomination. Mais le mode d'action était inconnu. L'article de Piotr Smolar nous apporte quelques indices : en une année, 276 mesures judiciaires ont été prises, 310 décisions administratives aussi ; des mesures d'éloignement du territoire, des interdictions d'activité etc. On apprend même que 55 de ces sanctions ont déjà été exécutées.
Mais ce n'est pas tout. Car, au cours de la même année, les services du fisc, les services d'hygiène, chargés du contrôle sanitaire, ont spécialement diligenté 283 procédures à l'encontre des mêmes cibles, ces fidèles de « l'islam radical ». On finit par se demander s'il n'y a pas acharnement de nos services sur une catégorie spécifiée de citoyens.

Analysons ces données en prenant la base syndicale de 254 jours ouvrés en 2005. Ce qui fait environ 36,3 semaines. D'où le bilan ci-dessus s'exprime comme suit :
• 605 lieux musulmans contrôlés par les « Pôle régionaux de lutte contre l'islam radical » en 2005. Ce qui fait une moyenne de 17 contrôles par semaine.
• 586 mesures judiciaires et décisions contre des gestionnaires de lieux musulmans en 2005. Ce qui fait une moyenne de 16 sanctions par semaine.

Ces visites et sanctions s'ajoutent au travail de contrôle ordinaire des services réguliers de l'Etat. L'on peut donc légitimement se demander si l'islam n'est pas une religion harcelée en France. Selon M. Milhos, directeur central des RG, « l'objectif est de déstabiliser l'islam radical très en amont, sans perturber l'action des services dans le cadre de la lutte antiterroriste ni interférer avec l'islam républicain. »

M. Milhos ne définit pas « l'islam républicain ». Et le musulman francophone aimerait savoir ce qu'est « l'islam radical ». Car il reste dans nos souvenirs que, lors du débat sur la loi antifoulard, une certaine commission nous a expliqué que la « musulmane radicale » était une jeune fille « enhijabée » et manipulée qui menaçait l'Etat français laïc. Cette musulmane était « radicale » parce qu'elle refusait de troquer son fichu sur la tête pour une « main de fatma » à son cou. Mais à ce jour, « l'islam radical » comme « l'islam républicain » sont des notions qui restent à préciser en complément de l'islam sunnite et de l'islam shiite.

Par contre, du bilan de l'année 2005, rendu public par les Services, il nous est permis de penser que nous sommes entrés dans l'ère de «l'islam harcelé » en France. C'est un islam dont les fidèles sont dans le collimateur des services de l'Etat. A ce titre, ses acteurs économiques et sociaux bénéficient officiellement d'un régime particulièrement intense de contrôles et de sanctions.

La solution est ailleurs
Le Conseil français du culte musulman (CFCM) dont la charge est de s'occuper des affaires de culte musulman, apparaît aujourd'hui comme une imposture géante dans laquelle la communauté nationale se trouve honteusement piégée. Décrédibilisé par ses errements politico-judiciaires, le CFCM fait l'effet d'un pantin désarticulé que quelques ministres marionnettistes ont cessé de faire bouger.

Pendant ce temps, froidement et silencieusement, la liste des victimes de la loi antifoulard s'allonge, année après année. Exclues du système officiel, les jeunes filles qui ont les moyens de payer, font le bonheur des promoteurs d'établissements secondaires privés qui affichent leur label islamique. C'est là un moindre mal dira-t-on.

La suite ici: http://www.saphirnews.com/La-chasse-aux-musulmans-radicaux-est-bonne_a2810.html?PHPSESSID=972b40a147b45d190631ae59af82e8b3
par Saphirnews publié dans : France
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Mardi 11 avril 2006

Qu’est-ce qui a changé ?

Rien, absolument rien. La dernière décision de l’Union Européenne de mettre un terme à son aide à l’Autorité Palestinienne n’est ni une surprise ni un revirement politique. L’Europe continue de plier devant les injonctions américaines et sa politique proche orientale reste caractérisée par la peur, la frilosité et l’hypocrisie.

Depuis plus de soixante ans, on manipule, on ment et l’on trompe. On impose aujourd’hui à l’Autorité palestinienne trois conditions au nom de résolutions des Nations Unies ou du droit international que les gouvernements israéliens successifs n’ont eut de cesse de moquer, de négliger et de transgresser. Dans les couloirs des cabinets de Washington ou de Bruxelles, tout le monde le sait, tout le monde se tait.

Plus récemment, on est allé jusqu’à faire semblant de croire aux bonnes intentions du gouvernement de Ariel Sharon qui « oeuvrerait pour la paix ». On a admis les grands mensonges qui ont suivi les « accords » de Sharm al-Shaykh avec le « retrait historique » de Gaza et l’engagement unilatéral « pour la paix. » On a fait mine de croire qu’il s’agissait d’accords sans relever la mise en scène uniquement destinée à gagner du temps. Dans la liesse artificielle, et à grands coups de projecteurs et caméras, on a fait mine de penser que Gaza était libérée alors qu’Israël s’accaparait, en installant d’autres colonies ailleurs, deux fois et demi plus de terre qu’elle n’en avait restituées.

On a fait mine de croire aux intentions pacifiques du Premier Ministre Ariel Sharon (pour qui les Palestiniens, puis Arafat, puis Abû Mâzen, puis les Palestiniens n’étaient pas des partenaires fiables) qui, avec son nouveau « parti modéré », puis son successeur ont « construits » une paix unilatérale dessinée, ici, par un bantoustan odieux et, là, par un « mur - prison » inhumain sur moins de 19% du territoire palestinien. Belle paix, en vérité. Dans les couloirs des cabinets de Washington ou de Bruxelles, on le sait, on se tait.

Rien n’a changé. Le piège de la transparence électorale se referme simplement sur un peuple dont les soixante dernières années d’histoire n’auront fait que mettre en lumière le cynisme infâmant et la peur abyssale de la classe politique européenne. Voilà donc que ce peuple a fait le « mauvais choix démocratique » : il recevra, certes, une aide humanitaire mais rien pour l’Autorité Palestinienne élue qui devra, elle, comprendre et appliquer les résolutions des Nations Unies et le droit international.

Qu’importe que le mur israélien se construise en transgressant ce même droit, qu’importe que les assassinats politiques et les exécutions sommaires perpétrés par le gouvernement de Tel Aviv perdurent contre ce même droit, qu’importe enfin la multiplication des colonies de peuplement niant les termes de ce droit... qu’importe ! La démocratie israélienne, qui voit ce pays être dirigé depuis si longtemps par des femmes et des hommes ayant eux-mêmes été des assassins, ou ayant directement aidé à des massacres (comme ce fut le cas pour Sharon à Sabra et Shatila), est digne de respect et ne sera soumise, elle, à aucune condition. Bien au contraire, c’est elle qui impose ses conditions aux Etats-Unis comme à l’Europe. Avec l’arrogance de son bon droit, absolu et souverain. Dans les couloirs des cabinets de Washington ou de Bruxelles, on le sait, on se tait.

Rien n’a changé. L’Europe a pris hier une décision qui est à l’image de sa politique au cœur du conflit israélo-palestinien et qui est peut-être, exceptionnellement, le seul dossier sur lequel il semble exister le semblant d’ « une politique étrangère européenne ». Mais celle-ci est triste, inquiétante et, au fond, révoltante. La peur qui tétanise les plupart des politiciens européens face à l’Etat d’Israël et à la puissance de certains lobbies sionistes est proprement sidérante.

L’amour du pouvoir et la peur de le perdre feraient-ils à ce point s’aveugler et se taire les consciences humaines devant les horreurs quotidiennes subies par les Palestiniens ? Qui fera mine de croire à l’existence d’un soupçon d’éthique politique ? Qui sont ceux, et quel courage les distingue, qui ce sont presque excusés de l’opinion majoritaire de leurs peuples, lorsqu’il y a trois ans (dans un sondage forcément anonyme) les Européens affirmaient qu’Israël était le pays qui menaçait le plus la paix du monde ? Alors que tous, dans les couloirs des cabinets de Washington ou de Bruxelles, le savent et que tous se taisent.

Verra-t-on un jour des politiciens un peu honnêtes, un peu courageux... qui oseront enfin dire ce que le monde sait ? Enfin. Peut-être sera-ce aux peuples de devoir les élire ? Enfin. La route est longue mais en face de l’hypocrisie et du cynisme ambiants et complices, il faut au moins décider de ne pas se taire. Jamais. La dignité des Palestiniens est de résister, la nôtre est de dénoncer. Si nous voulons moins de violence, il faut « unilatéralement » rompre le silence. Cela veut dire dénoncer les peurs autant que les politiques injustes et ignobles qui continuent à laisser tuer et mourir un peuple entier dans des territoires occupés, exsangues, dans des prisons à ciel ouvert, au vu et au su de tous.

A l’heure où j’écris ces lignes, une bombe s’abat, chaque cinq minutes, sur Gaza et elle tue et terrorise des milliers d’enfants, un peuple entier. A moins que ces bombes aient cette vertu pédagogique d’enseigner aux Palestiniens les conséquences palpables des « bons choix démocratiques » d’Israël que les Etats-Unis et les Européens soutiennent au nom d’un droit international sélectif. Belle leçon, bel avenir de paix. Beaux mensonges, belle farce. Colonisé par la peur, conscient et complice de sa démission collective, la classe politique européenne ne cesse de plier face aux diktats américains, à la puissance d’Israël et à ses lobbys agissants. Dans les couloirs des cabinets de Bruxelles, tout le monde le sait, tout le monde se tait.

Les Palestiniens continueront de souffrir. Il ne peut être question de cesser de critiquer chacune des décisions politiques injustes qui font perdurer l’horreur et empêche de parvenir à une paix juste. Car enfin, c’est la majorité des Européens qui, contre une classe politique de plus en plus lâche, a raison : Israël est bien aujourd’hui le pays qui met le plus en danger la paix du monde. Et cela, dans les couloirs des cabinets de Washington ou de Bruxelles, et jusqu’à Tel Aviv, tout le monde le sait.

par Tarik Ramadan publié dans : International
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Lundi 3 avril 2006
Makan Dabo, 37 ans, habite en France depuis 1990. Il est malien. Résident régulier. Avec des papiers, insistent ses amis. Jusqu'en janvier, il travaillait, menait une vie sans histoire. Jusqu'à ce 20 janvier, date de sa condamnation pour aide au séjour irrégulier. La peine est lourde, et double : 8 mois de prison ferme et interdiction du territoire français de cinq ans. Makan Dabo dort aujourd'hui en prison et pourrait être expulsé vers son pays d'origine à sa sortie dans quelques mois.

Lapidaire. Il a été arrêté le 19 janvier après qu'un compatriote sans-papiers a donné son adresse pour se faire domicilier. Lors d'une descente chez lui, la police est tombée sur un autre Malien sans-papiers et a embarqué tout le monde. Makan Dabo a été jugé en comparution immédiate.

Ses amis ont monté un comité de soutien auquel se sont joints la Ligue des droits de l'homme, la Cimade, le Mrap, le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature. Ils écrivent des attestations, expliquant qui est Makan Dabo. Un bosseur «intègre, gentil, quelqu'un qui ne mérite pas de se voir privé de sa liberté», résume un copain. Les militants de la campagne pour le respect du numerus clausus en prison (pas plus d'un détenu par place) dénoncent une condamnation «disproportionnée».

Arrivé en France en 1990, Makan Dabo s'était installé assez vite à Lyon. Julien Henry l'a connu en 1993. Ils travaillaient alors tous deux comme aides-cuisiniers au Passage, un restaurant chic et cosy du centre-ville. Ils ont même habité un an ensemble, logés par leur employeur. Makan Dabo est resté jusqu'en 2005 dans cet établissement. Julien Henry parle d'un type «débrouillard. Il est arrivé à se faire une place à force de ténacité, ce n'est pas facile quand on ne sait ni lire ni écrire et qu'on débarque du Mali».

En 2000, Makan Dabo avait fait une demande de rapprochement familial pour sa femme et ses deux enfants. Il n'a jamais eu de réponse, mais il a obtenu pour lui un titre de séjour de dix ans en 2003.

Requête. Makan Dabo avait déjà été condamné à trois mois ferme en 2002 pour avoir hébergé un de ses frères. A l'époque, grâce à son employeur, il avait obtenu un aménagement de peine : une semi-liberté qui lui permettait de travailler. En janvier, au moment de son arrestation, Makan Dabo était employé d'un autre restaurant lyonnais, L'Hostel. Son employeur s'est engagé à le reprendre s'il était libéré. Me Sophie Hassid, son avocate, a déposé une requête en relèvement de son interdiction du territoire. Elle ne devrait pas être examinée avant septembre. Date à laquelle Makan Dabo pourrait déjà être expulsé.

Source: http://www.liberation.com/page.php?Article=371925

par liberation publié dans : France
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