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Lundi 5 juin 2006

lace Denfert Rochereau à Paris, ce dimanche 4 juin, devait se tenir une manifestation en soutien au peuple palestinien. Interdite pour la préservation de « l'ordre public », une centaine de personnes rassemblées sur la place du 14ème arrondissement de Paris ont été interpellées par la Police Nationale. Un jeune homme de 16 ans aurait été tabassé par les gendarmes après avoir crié "Allahou Akbar" (Dieu est grand).



Arrestations

La manif interdite
La manifestation de dimanche 4 juin à 15h, qui devait partir de la Place Denfert Rochereau et terminer sa course devant l'Assemblée Nationale, a été interdite à la dernière minute. Organisée à l'appel d'associations telles que La Pierre et l'Olivier, l'AZLS, le Comité Cheikh Yassine, le collectif de la Communauté tunisienne en Europe ou encore les collectifs Guantanamo et Dieudonné, cette manifestation avait pour but de dénoncer la politique européenne et l'embargo subi par la population palestinienne.

Vers 15h15 selon un militant, les policiers auraient interpellés une bonne centaine de personnes présentes. Parmi celles-ci, Ginette Hesse Skandrani qui a appelé à la manifestation au nom de la « Pierre et l'Olivier », Maria Poumier, Présidente de l'association Entre la Plume et l'Enclume. De nombreux enfants ont aussi été emmenés par les forces de l'ordre en direction de différents commissariats de la ville. C'est après six heures d'arrestation et d'interrogatoire, que vers 21h, les derniers manifestants quittent le commissariat du treizième arrondissement de Paris. Convoqué au Parquet, Ginette Hesse Skandrani, témoigne qu'un jeune de 16 ans a été tabassé par les gendarmes et arrêté après avoir crié « Allahou Akbar » (Dieu est grand). Soigné à l'Hôtel-Dieu, il était toujours en garde à vue dimanche soir.

Aucun média n'aurait semble t il fait part de l'annonce et du suivi de cette manifestation. Les associations accusent un certain lobbying pro israélien qui aurait fait circuler une « consigne de silence total relative à cette grave atteinte à la liberté de manifestation », selon un militant pro palestinien.


Interdiction de manifester

Pour organiser une manifestation, les associations doivent faire une demande à la préfecture de la ville. Celle ci s'autorise le droit de refuser tout rassemblement simplement dans le cas ou il menacerait gravement l'ordre public. Il s'agit de savoir ce que veut dire « menacer l'ordre public ».

Voici un extrait de l'arrété, remis en main propre à Ginette Hesse Skandrani :

« Considérant les récents incidents liés à la situation internationale au Proche-Orient qui se sont déroulés dans la capitale,
Considérant qu'il convient de prévenir le renouvellement de tels incidents,
Considérant que le déroulement de cette manifestation présente également un risque important de survenance de débordements violents et de troubles manifestes à l'ordre public,
Considérant en effet qu'il a été porté à la connaissance des services de la Préfecture de police que le déroulement de cette manifestation serait de nature à donner lieu à des contre-manifestations susceptibles d'entraîner des troubles graves à l'ordre public,
Considérant que pour prévenir ces menaces à l'ordre public et assurer la sécurité des personnes et des biens,
Il convient de prendre immédiatement toute disposition nécessaire pour empêcher la tenue d'une telle manifestation.
Signé Le Préfet de police
Pierre Mutz
Paris, 2 juin 2006 »


« Se sont des associations juives, telles que la LICRA et le CRIF, qui ont fait pression pour demander l'interdiction de cette manifestation. Elles ont gagné. Nous vivons dans un pays occupé. » Déclare ainsi Ginette hesse Skandrani. « La préfecture a refusé le droit de manifestation sous le prextete que des menaces avaient été proférées contre nous et que la police ne pouvait pas nous protéger. Nous avions juste été autorisé à être sur place pour informer les gens. Je pense que c'est le fait d'avoir mis le drapeau palestinien sur moi qui a déclenché l'arrestation des manifestants par les forces de l'ordre. »

La préfecture rappelle de plus que « Les services de police ont reçu des consignes d'extrême fermeté en ce sens et procèderont à l'interpellation immédiate des contrevenants qui seront présentés à la justice pour répondre de ces faits. » Selon l'Article 431-9 du code pénal, l'organisation d'une manifestation « illicite » peut être puni de six mois d'emprisonnement et de 50 000 Francs d'amende soit un peu plus de 7 600 Euros.
par Saphirnews publié dans : France
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Vendredi 2 juin 2006

Garnier, fabricant de produits de beauté du groupe L'Oréal et la société de travail temporaire Adecco ont été relaxés jeudi par le tribunal correctionnel de Paris. Poursuivis par SOS-racisme pour discrimination à l'embauche lors du recrutement, en l'an 2000, d'hôtesses de démonstration qualifiées BBR « Bleu Blanc Rouge », un code souvent usité selon un rapport de Roger Fauroux, ex ministre de l'industrie.

La 31è chambre du tribunal correctionnel de Paris a donc relaxé jeudi les Laboratoires Garnier du Groupe L’Oréal, ainsi que Districom, filiale de l’entreprise de travail temporaire Adecco et trois de leurs cadres. Les peines encourues par les personnes pouvaient aller de trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende et leurs sociétés jusqu’à 220.000 euros d'amende. SOS-Racisme poursuit ces entreprises et trois de leurs cadres, pour «discrimination en raison de l'origine, de la nationalité ou de l'ethnie», lors du recrutement d’hôtesses de démonstrations. C’est à l’occasion d’opérations promotionnelles de produits capillaires du groupe Garnier, en l’an 2000, qu’un critère de sélection raciale aurait été diffusé sous le terme de « BBR », signifiant Bleu Blanc Rouge. Apposé à un document interne envoyé par Districom à sa maison mère Adecco par fax, les témoignages de nombreux employés viennent étayer la thèse que « la consigne "BBR"signifiait "pas d'étranger" ».

Appel

Suite à cette décision, Me Dominique Tricaud , avocat de SOS Racisme, partie civile dans le dossier, déplorant « un double discours de plus en plus lourd, celui du président de la République qui fait de la lutte contre les discriminations une priorité et celui du parquet qui soutient l'accusation comme la corde soutient le pendu », a annoncé qu'il allé faire « immédiatement appel » de la décision qualifiée d' « inique » et d' « extrêmement inquiétante » par Samuel Thomas, vice-président de l'association.

De son côté, l'avocat de Garnier, Me Jean Veil, s'est réjoui de la décision du tribunal démontrant qu'« aucun élément de fait, aucune preuve n'étaient rapportés » sur la culpabilité des prévenus. L'Oréal, dans un communiqué, s'est « trouvé injustement impliqué dans ce procès» et rappelé avoir « la conviction que la différence et la diversité sont une source de richesses » et qu'ainsi ils ne tolèreraient « aucune forme de racisme ou de discrimination. »

Que veut dire « BBR » ?

L'association SOS-Racisme a porté au dossier un fax daté du 12 juillet 2000 envoyé par Districom. Dans le corps de ce fax, est détaillé le profil des hôtesses recherchées par Garnier pour l'action promotionnelle de ses produits : « 18-22 ans, taille de vêtement 38 à 42, BBR. » Ces dernier code aurait donc pour signification Bleu BLanc Rouge et sous entendrait, selon certains employés de Districom, un critère racial éliminant d'office toute personnes dites « étrangères ». La rédactrice du fax a expliqué que ce code signifiait « s'exprimant correctement en français ». Une interprétation évidemment rejetée par SOS-Racisme et le parquet. L'inspection du travail diligenté chez L'Oréal, suite à cette plainte, a tout de même établi que peu de filles d'origines africaine, asiatique ou maghrébine apparaissaient dans les campagnes de lancement.

Roger Fauroux, ancien ministre de l'industrie, a rendu un rapport accablant sur la discrimination. Daté de juillet 2005, il fait état de l'utilisation de ce code : « Une partie des affaires de discriminations à l'embauche ayant donné lieu à contentieux est révélée par le recours mal dissimulé au code BBR (Bleu, blanc, rouge), dont l'existence même et l'utilisation partagée ne manquent pas d'interroger sur la généralisation des phénomènes de discriminations et la faible prise de conscience des interdits en la matière. » Le rapport fait état des déséquilibres catastrophiques entre personnes "issues de l'immigration" et françaises de souche. « Concrètement, ces victimes sont surtout ceux dont le faciès, le patronyme ou l'adresse laissent supposer qu'ils sont originaires du continent africain. »

De grandes entreprises devant les tribunaux

Est-ce le mur du silence qui se brise ou une réalité occultée qui semble se dévoilée, en tout état de cause, de nombreuses grandes entreprises font l'objet d'attaques pour discriminations raciales, ethniques ou religieuses sur le lieu de travail.

La suite ici :http://www.saphirnews.com/Garnier-et-Adecco-relaxe
s_a3435.html?PHPSESSID=565e33dfe2449bd70af152f417fbc088
par Saphirnews publié dans : Discriminations et racisme
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Jeudi 1 juin 2006

Le débat lancé suite au défilé de la Tribu Ka dans le quartier juif du Marais à Paris, est l’occasion de soulever une question importante : Comment se fait-il que la République tolère des milices privées et communautaires sur son sol, alors même que ces milices sont interdites dans leurs pays d’origines (USA et Israel pour le cas de la LDJ, considérée aux USA comme une organisation terroriste) ?

Il n’est pas question de prendre la défense de la Tribu Ka qui par ses excès VERBAUX et son goût de la provocation offre du pain béni à tout ceux qui fantasment sur un supposé racisme anti blanc.

Néanmoins on constate avec peine que les médias traitent cette affaire avec un parti pris évident : Il est bien souvent question dans les dépêches de "milice antisémite noire armée" et venue s’en prendre indistinctement aux juifs, alors que Kémi Séba leader de la tribu Ka affirme pourtant sur RMC ce matin avoir été à la recherche de la LDJ censée les attendre. Les milices LDJ et Bétar, les rares fois où elles sont évoquées, sont parfois présentées comme des mouvements de jeunesse, sans plus de précision ! De qui se moque-t’on ? Quelques organes de presse ont néanmoins fait correctement leur travail sur cette affaire en citant nommément la LDJ et le Bétar pour ce qu’elles sont : Des milices privées et communautaires. On peut les en remercier.

On attend maintenant de voir le traitement télévisuel de fond de cette affaire, légé hier soir sur France 3 irresponsable et TF1 prudente, ce soir sur France 2 sans doute plus approfondi, et de voir la façon dont les politiques vont s’en emparer.

Si la Tribu Ka a violé la loi, il faut qu’elle soit sanctionnée conformément à la loi, y compris si la sanction implique la dissolution de ce mouvement.

Mais dans ce cas à fortiori, il faudra procéder à la dissolution de la LDJ et du Bétar qui ont à leur actif de nombreuses agressions.

En particulier des agressions de personnalités politiques : Mamère, Bové, Aounit, etc., ou d’intellectuels français, et même d’un commissaire de police poignardé en marge d’une manifestation ( !) sans parler de militants propalestiniens, ou plus simplement encore d’innocents passants noirs ou arabes ( !) qui ont eu le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. On pourrait rajouter à la liste les agressions dont Dieudonné a été victime, y compris le jet d’une bouteille d’acide dans le public d’un de ses spectacles qui a blessé une petite fille (RAS depuis !?).

Dans la plupart de ces affaires, les médias sont curieusement restés silencieux, ou alors en ont pudiquement et succintement parlé, pour rapidement tourner la page, alors qu’un débat de fond est nécesaire sur la question. Les enquêtes de police ont été longues, quand elles ont débouchées, et la plupart du temps les nervis n’ont pas été inquiétés ou ont écoppé de sursis, exceptionnellement de prison ferme. Quand aux hommes politiques aucun n’a jamais évoqué la question, hormis ceux qui ont été victimes d’agressions de la part de ces milices, mais l’écho médiatique a été très faible.

Ce black-out médiatique et politique sur ces agissements, comparé au traitement actuel dont bénéficie la Tribu Ka, témoigne d’un édifiant deux poids deux mesures. Une quarantaine de personnes qu’on risque de présenter comme représentatifs de la violence "des noirs" chère à Sarkozy... "curieusement les noirs sont plus violents que les arabes"

Jusqu’à présent, bien que ses propos soient intolérables, la Tribu Ka s’est surtout rendue coupable de provocations verbales à l’encontre de toutes les communautés autres que Kémite et pas seulement contre les juifs, dans une espèce de délire sectaire autocentré. Or les médias ne parlent quasiment que de l’opposition Noirs/Juifs !

La LDJ et le Bétar eux, se sont bel et bien rendus coupables d’agressions en bandes organisées et armées.

Demandons l’application des lois de la République et l’interdiction de TOUTES les milices : Tribu Ka, LDJ, Bétar,...

LA suite ici: http://lesogres.org/article.php3?id_article=2127
par Les ogres publié dans : France
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Lundi 22 mai 2006

Par Ahmed Djouder, écrivain et éditeur. Auteur du livre « Désintégration » paru aux Editions Stock.(05/05/2006)

L’idée actuelle d’intégration prête à rire, mais jaune. Pendant quelques décennies, après la Seconde Guerre mondiale, les hommes politiques français ne souhaitaient pas que les immigrés s’intègrent. Des mesures avaient été prises pour empêcher ces gens, venus d’Afrique notamment, de trop aimer la France. Le besoin de cette main-d’œuvre docile et peu exigeante n’ayant pas cessé, les années ont passé et il n’était tout simplement pas humain de maintenir loin de leur famille les hommes immigrés. Finalement, une loi sur le regroupement familial a été votée. Les enfants d’immigrés, bien français aujourd’hui, ont grandi avec l’idée qu’un jour ils repartiraient dans leur pays d’origine. La montée de l’extrême droite dans les années 80 n’a d’ailleurs fait que renforcer le sentiment d’être indésirable.

Aujourd’hui, on entend dire : “Ils ne se sont pas intégrés les bougres !” De qui parle-t-on ? Si l’on parle des immigrés âgés, en France depuis plus de trente ou quarante ans, alors effectivement ils ne sont pas intégrés dans le sens où on ne leur a pas donné de cours de langue française. “On” a oublié de les instruire. Ces gens ne sont pas allés chercher l’“extraordinaire” culture française parce qu’ils sont dans la classe des pauvres. Lorsqu’on est pauvre, on est dans la survie, on pense à manger, à avoir un toit et à élever ses enfants.

La culture ou l’envie d’être français, ce n’est pas leur souci premier. Si l’on parle des enfants d’immigrés, la plupart ont une instruction minimale et se fondent assez bien dans la population française. Reste que certains employeurs, certains propriétaires peinent à les intégrer. Il faut voir alors l’intégration dans l’autre sens : l’acceptation par les Français de ces immigrés et de leurs enfants, et surtout de l’histoire qui les a placés ici en France.

Mais quand on veut parler d’intégration, on pense surtout aux jeunes Beurs et Blacks qui “sèment” la terreur dans les villes. Et là, l’intégration est le terme plus correct pour évoquer une sorte de domestication. En faisant des immigrés et de leurs enfants des boucs émissaires, en les traitant comme des bêtes sauvages à dompter, des races à sélectionner et à mettre au pas, la France opte pour une politique primitive et dangereuse.

Fermeté et rigueur, tels sont les mots d’ordre. La France endosse le rôle de la mauvaise mère, qui punit, prive et castre en croyant agir pour le bien de ses enfants. La mauvaise mère crée des êtres révoltés qui se retournent tôt ou tard contre elle. La crise des banlieues et les manifestations anti-CPE en sont les illustrations parfaites. Doit-on supprimer les mots “égalité” et “fraternité” de la devise républicaine pour rendre sa cohérence à la France ? Le gouvernement français n’a-t-il pas compris que diriger un pays signifie servir, pacifier, rassembler, réconcilier, unir ?

Source: Metro
par Yabiladi publié dans : A lire à écouter ou à voir
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Samedi 13 mai 2006
Un double meurtre au mobile raciste a été commis jeudi 11 mai, en plein centre d'Anvers, en Belgique. Un jeune homme de 18 ans, Hans Van Themsche, a tué avec une arme de 9 mm qu'il avait acquise le matin même une Malienne de 24 ans, Oulemata Niangadou, et la petite fille de 2 ans dont elle avait la garde, en tant que jeune fille au pair. Mlle Niangadou était enceinte. Avant cela, le meurtrier avait tenté de tuer une femme turque de 46 ans portant un foulard. Il l'a grièvement blessée.
Hans Van Temsche, qui paraissait vouloir poursuivre son chemin et faire feu sur d'autres personnes, a été repéré et blessé au ventre par un policier en civil, qui dit lui avoir intimé, à trois reprises, l'ordre de s'arrêter.

Les témoins de la scène ont tous décrit le jeune homme comme calme, sûr de lui, dénué de toute émotion. Il s'était rasé les tempes, portait un long manteau noir et arborait divers signes d'appartenance à l'extrême droite, dont des croix celtiques et l'autocollant d'un groupe ultranationaliste flamand.

Selon le parquet, divers documents ont été saisis dans la chambre de l'assassin, étudiant dans un institut agricole de Roulers, en Flandre occidentale, prouvant qu'il aurait planifié une véritable tuerie. Dans un texte, il exprimait son souhait d'en "finir avec l'impunité et le manque d'ordre dans la société". Il avait quitté l'internat le matin même, sans avertir personne. Luc Deprez, directeur de l'établissement, décrit son étudiant comme un jeune homme jovial et sans problèmes.

Le meurtrier est le neveu de Frieda Van Temsche, une députée du parti xénophobe et ultranationaliste Vlaams Belang. Son père est également un militant de cette formation, qui draine 30 % des voix à Anvers. Son grand-père a combattu avec les troupes flamandes ralliées aux nazis pendant la seconde guerre mondiale. "Rien n'a jamais indiqué qu'il haïssait les étrangers", a expliqué Mme Van Temsche, qui concède toutefois que sa famille est "flamande et nationaliste".

INTERVENTION DU PREMIER MINISTRE

La Belgique est d'autant plus sous le choc qu'elle a connu d'autres faits de racisme violents au cours des derniers jours. Un Marocain a été retrouvé noyé à Anvers le week-end dernier, après une altercation dans une discothèque. A Bruges, un Français d'une cinquantaine d'années, d'origine africaine, a été attaqué par des skinheads d'extrême droite dimanche 7 mai. Il est toujours dans le coma.

LA suite ici: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-771042@51-770868,0.html
par Le monde publié dans : Discriminations et racisme
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Mercredi 10 mai 2006
Personne n’est dupe, au fond, et la question palestinienne reste depuis des décades, et pour de nombreux gouvernements, l’objet de jeux politiciens et de stratégies diplomatiques qui doivent plus à la gestion de la symbolique qu’à la volonté réelle de parvenir à la paix. Les gouvernements israéliens successifs, comme ceux de l’Occident ou du monde arabe, temporisent, manipulent ou simplement mentent alors que la situation se dégrade chaque jour davantage pour le peuple palestinien.
Tout se passe comme si, à coup de campagnes d’informations - hypertrophiées jusqu’à l’overdose de mots et de slogans du type « processus », « accords », « paix », « solution », « Road Map », qui impliqueraient « les deux parties », « les partenaires régionaux » ou le « quartet » international - on avait cherché à gagner des points et du temps sur le seul champ qui semble compter aujourd’hui : la bataille médiatique.
Force est de constater que la victoire du camp israélien est sans pareille sur ce dernier plan et que cette réussite s’est doublée de nombreux succès politiques dignes des plus redoutables stratèges militaires et diplomatiques. Depuis les accords d’Oslo, puis les discussions de Barcelone et jusqu’à la « Road Map » - qui devait offrir un Etat aux Palestiniens en 2005 ! -, l’observateur attentif ne peut que constater que derrière le « processus de paix » s’est inscrit un autre vrai processus qui, depuis quinze ans, n’a eu pour effet que d’entretenir de fausses promesses à l’endroit des Palestiniens et de laminer leur unité et leur capacité de résistance. Quinze ans plus tard, la situation est pire que jamais et Israël n’a strictement rien lâché de ses prérogatives et n’a respecté aucune des résolutions majeures de l’ONU.
Les autorités ont obtenu de Yasser Arafat qu’il reconnaisse Israël, qu’il plie et qu’il entre dans un interminable « processus du paix » (alors que le gouvernement israélien s’était au préalable chargé d’éliminer un à un ses collaborateurs trop encombrants). A chacune des étapes, les négociateurs israéliens ont fait en sorte de gagner du temps. L’accélération de cette stratégie a pris des proportions phénoménales ces derniers temps : le retrait de Gaza n’a rien coûté (bien au contraire) au pouvoir israélien et n’était qu’une manœuvre, comme l’a avoué le chef de Cabinet de Ariel Sharon, pour gagner - encore ! - du temps.
La politique d’installations de colonies en Cisjordanie et autour de Jérusalem s’est amplifiée et élargie de façon stratégique... loin des caméras. A terme, Jérusalem sera tout simplement, et presque entièrement, « colonisée »... loin des caméras. Le mur de l’apartheid - dit de sécurité - continue d’être construit alors qu’il pénètre profondément dans les territoires palestiniens (en contradiction totale avec les termes des accords préalablement acceptés et les résolutions de l’ONU) et rend impossible l’édification ou la survie d’un « Etat palestinien. »... loin des caméras. Sous les fondations de la Mosquée al-Aqsa, les travaux continuent et s’intensifient : lentement, mais sûrement, son existence même est mise en péril... loin des caméras.
Du côté de Tel Aviv, il n’y a pas, il n’y a plus de « processus de paix », mais toujours la même politique du « discrètement », « par diversion », « lentement », « sûrement »... asphyxier l’adversaire, l’humilier et, à terme, annihiler ses moindres prétentions voire le faire disparaître. Loin des caméras toujours. Sans omettre une politique régionale digne encore du plus impressionnant génie politique. Tous les pays alentours sont désormais en proie à une plus ou moins grande instabilité : de l’Irak, à la Syrie et au Liban et jusqu’à l’Iran, le pouvoir israélien est impliqué, de plus ou moins près, dans l’évolution de la situation : ce dernier prend parfois le rôle de simple observateur (faussement désintéressé, conseiller amical des Américains et des Européens), ou alors tire directement ses cartes du jeu.
On connaît la présence de conseillers militaires israéliens en Irak, on sait leur intérêt à neutraliser le Liban (et bien sûr la Syrie) avec le foyer de résistance du Hezbollah. Le gouvernement israélien n’a jamais caché son espoir de limiter le pouvoir d’action politique et/ou nucléaire de Téhéran. A l’heure où nous écrivons ces lignes, cette politique est redoutablement efficace. Washington suit, l’Europe se tait, les Palestiniens se meurent.
Et puis il y a eu ces premières élections libres, transparentes, démocratiques. Alors que dans l’ensemble du monde arabe, un tel acquis est impensable - et pour bien des décennies encore - voilà que cela devient possible dans les territoires occupés palestiniens. Un miracle ! ... une parodie. Depuis des années et des mois, le pouvoir israélien n’a eu de cesse de vider le « pouvoir palestinien » de toute substance d’ « autorité ». Maîtrise des frontières, check points multipliés (avec leurs lots d’humiliations), blocages des transferts financiers, intrusions intempestives dans les territoires occupés, bombardements continus, etc. Le monde se concentrait sur la corruption - ô combien réelle et indigne du Fatah en place - sans observer que l’ « autorité palestinienne » n’avait d’ « autorité » que le nom.
Une pure manœuvre verbale, une fois encore, où la symbolique avait pour fonction essentielle de tromper sur le réel. Le paroxysme de ce troisième temps du génie politique israélien est - après avoir stoppé les pourparlers avec Arafat, puis ignoré Mahmoud Abbas et rendu impossible la vie quotidienne des Palestiniens - d’avoir laissé se dérouler, en présence des caméras, la tenue d’élections « totalement démocratiques » en terres tout-à-coup-plus-si-occupées-que-cela. A la stupéfaction générale, dit-on (et même des premiers concernés), le Hamas allait accéder à la direction d’une « Autorité » qui n’avait, dans les faits, aucun pouvoir.
Sur la scène internationale, la bataille se jouait encore une fois sur le champ de la symbolique. Voilà donc ce qui avait été le résultat d’élections démocratiques. La victoire du pire, d’ « islamistes », de « terroristes », d’ « ennemis de la démocratie et d’Israël » qu’il était impossible de reconnaître comme interlocuteurs et encore moins de soutenir. Hamas gagnait les élections dans les faits et sur leurs minuscules territoires occupés ; le gouvernement israélien empochait la mise de leurs interprétations et de leur gestion au niveau international. Au fond, les choses se sont purement et simplement inversées : Hamas ne possède plus que la symbolique du pouvoir alors que Israël est maître du jeu et de la mise en scène.
Les Etats-Unis et l’Union européenne ont décidé de cesser leur soutien à l’ « Autorité palestinienne » et ont, dans les faits, accepter de transformer la cause politique palestinienne en cause désormais « humanitaire ». Un glissement grave et dangereux... un bel acquis, symbolique autant que concret, pour le gouvernement israélien. Les gouvernements arabes, de veuleries en hypocrisies - et parfois, mais plus rarement, du fait de l’ impuissance - sont atteints de la même frilosité et des mêmes tergiversations aussi bruyantes qu’inefficaces depuis des décennies : rien à attendre de ce côté.
La cause palestinienne est en crise : les institutions, les ONG, les femmes et les hommes qui depuis des années ont été sensibles à l’injustice que subit le peuple palestinien se retrouvent coincés, en proie à des tensions qu’ils n’avaient point connues jusqu’alors. Les questions pleuvent et les voilà poussés dans leurs retranchements : qui soutiennent-ils ? Comment distinguent-ils désormais entre le peuple palestinien et son « autorité » islamiste démocratiquement élue ? Quelle est somme toute la finalité de leur combat ? Avec qui, et comment, puisque le peuple souverain palestinien a librement choisi ?
En Palestine occupée, dans le monde arabe, en Occident, la situation est bloquée et Israël continue sa politique des petits pas discrets et du fait accompli. Les fonds sont gelés ou retenus, les fonctionnaires ne sont plus payés, le chômage se répand, l’asphyxie est générale. La société palestinienne est au bord de l’implosion et le gouvernement israélien ne peut qu’être satisfait du renversement de perspective qui transforme l’impératif de la solution politique (respectant les droits légitimes des Palestiniens) en une urgence de l’action humanitaire (destinée à assister la population palestinienne en déroute). Les caméras pourront revenir bientôt sans risque...
Il faut mettre un terme à cette parodie ! Le temps est compté et l’ « Autorité palestinienne » devrait démissionner dans les plus brefs délais. Il est en effet urgent que cette dernière mette collectivement un terme à son mandat et, en s’en allant, exige du Président Mahmud Abbas et des gouvernements occidentaux, qui affirment le soutenir, qu’ils prennent leurs responsabilités politiques. Le peuple palestinien a des droits qu’il faut faire respecter et il faut refuser avec fermeté et dignité que l’on se joue de mots et que « le processus démocratique » dans les territoires occupés ne soit qu’un moyen d’une stratégie globale consistant à évider la cause palestinienne de son caractère politique.
Il n’est point étonnant que les deux maîtres mots du jour soient « combattre les terroristes » et « le soutien humanitaire » ! La perversion est absolue : plus de pouvoir, plus de droits, plus de résolutions... il ne reste qu’une vague compassion internationale au cœur de l’absence de volonté politique à agir ! Avant que le piège de cette mascarade se referme et finisse par étouffer et diviser le peuple palestinien, au vu et au su de tous, il faut quitter cette mise en scène, cette parodie d’ « Autorité » et mettre la communauté internationale et les pouvoirs arabes en face de leurs responsabilités, de leurs lâchetés et/ou de leurs aveuglements. Dans la dignité.
La reconnaissance des droits des Palestiniens, (dont les droits fondamentaux à vivre libres, absolument autonomes et dans la dignité), est la condition de la paix. Toutes les manipulations symboliques ou les petites victoires stratégiques n’y changeront rien. Nos voix, du monde entier, doivent rappeler cette évidence et parce que nous refusons toutes les violences, nous ne devons plier devant aucun silence imposé ou complice. L’Autorité palestinienne actuelle ferait mieux de démissionner de suite et la communauté internationale de se mobiliser sans attendre pour faire pression sur Israël et lui rappeler ses obligations politiques et les termes des résolutions internationales.
Dans les cabinets feutrés de Tel Aviv, des décisions politiques se prennent et s’appliquent au quotidien - loin des caméras - qui rendent impossible tout espoir de paix. C’est nous, la communauté internationale, les citoyens libres du monde qui, par notre silence, serons demain responsables de cette flagrante injustice comme nous aurons notre part dans les violences qui ne manqueront pas de s’exprimer sous peu. On aura beau jeu d’affirmer et de répéter que le peuple palestinien fait fausse route et qu’il choisit mal ses représentants quand, au fond, il lui était impossible de simplement imaginer qu’il existât la moindre route ni l’ombre d’un choix.
par Tarik Ramadan publié dans : International
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