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Dimanche 23 juillet 2006
« A partir de quand pouvons-nous utiliser les mots « Crime de guerre » ? Combien d’enfants doivent être déchiquetés dans les décombres des attaques aériennes israéliennes avant que nous rejetions la formule obscène « dommages collatéraux » et que nous commencions à parler de poursuites pour crimes contre l’humanité ? »
 
Depuis Beyrouth
Robert Fisk, journaliste, The Independent, 20 Juillet 2006
 
 
 
Le poète français Charles Baudelaire avait eu cette formule heureuse : « La plus belle ruse du diable est de nous persuader qu’il n’existe pas. » Dans la même veine, on pourrait affirmer que le succès le plus diabolique des comploteurs d’aujourd’hui est de nous persuader que les comploteurs et les complots n’existent pas...
 
 
L’instrumentalisation de « la guerre contre le terrorisme » a atteint des sommets de mensonges, d’hypocrisie et de terreur intellectuelle et politique à nul autre pareil. On aurait dû entendre, et se méfier, des propos de Ariel Sharon lorsque après les attentats du 11 septembre 2001, il avait affirmé que Yasser Arafat était « (son) terroriste » indiquant - avec une curieuse prémonition - qu’un jour les Palestiniens allaient payer la note de New York. Il fallait la médiation de quelques civils innocents - « dommages collatéraux » d’une stratégie de confrontation globale - en Afghanistan, puis en Irak, avant que la foudre ne s’abatte sur les Palestiniens dans « les territoires dévastés ».
 
 
Israël avait prévu d’attaquer le Sud Liban depuis quelques longs mois déjà. Les observateurs le savaient, le Hezbollah le savait. Ce dernier a choisi d’anticiper l’attaque pour déplacer le centre de gravité du conflit et en faire une question régionale et globale. C’était sans compter avec la veulerie des gouvernants arabes et leur complicité silencieuse alors que des centaines de civils innocents succombent sous les bombes. Mais nous le savions, le concept de « civils innocents » n’existe que marginalement dans le lexique des autocraties arabes.
 
 
On aurait pu s’attendre à ce que les Nations Unies, la voix proclamée de la sagesse des nations, interviennent, fasse cesser le massacre... De biens mauvais souvenirs reviennent à notre mémoire. Il y a plus de dix ans à Srebrenica, les forces de paix ont livré ceux qu’elles devaient protéger et qu’elles avaient auparavant désarmés. Au Rwanda, les forces des Nations Unies sont venues protéger et faire fuir les Blancs, « les étrangers » et ont proprement livré encore les Tutsis à la folie meurtrière des Hutus. Il y a une semaine, des familles et des civils libanais sont venus demander refuge dans le quartier général des forces des Nations Unies constituées de Ghanéens : ces dernières ont refusé de les protéger... sur la route de l’exil, quelques heures plus tard, ces familles - 27 personnes - ont été décimées par les bombes israéliennes. A quoi servent les représentants des Nations Unies ? Qui servent-elles enfin ? Une honte... à répétition.
 
 
Israël a annoncé qu’elle avait besoin d’une semaine à dix jours pour mener à bien ses opérations. Le G8 a demandé un cessez le feu, puis rien, le silence et la gêne. Par un heureux hasard des calendriers meurtriers, voilà que Condolezza Rice annonce sa visite dans la région... dix jours exactement après les précisions formulées par le Premier Ministre israélien. A croire que Tel Aviv tient l’agenda de la secrétaire d’Etat américaine. On n’oubliera pas de citer ici cette question - et la formule - de Nicolas Sarkozy au Ministre israélien de l’intégration qui venait « bénir » tout à la fois les Français qui ont décidé de s’exiler en Israël et la valeureuse armée israélienne : "De combien de temps l’Etat d’Israël a-t-il besoin pour terminer le travail ?" (Le Monde, 20 juillet). Terminer le travail ? Tuer des innocents, saccager un pays ? A l’aune des images qui nous parviennent quant aux conséquences meurtrières de « ce travail à finir », les propos de Sarkozy sont bien plus choquants que les formules « voyous » ou « racailles »... Une honte encore. Mais si peu d’échos dans les médias...
 
 
L’Agence France Presse vient de nous apprendre que les Etats-Unis avaient fourni ces derniers jours des armes aux Israéliens : « une commande de bombes à guidage de précision. » Pour éviter de tuer trop de civils sans doute... la belle humanité ! Pour Les Etats-Unis comme pour la Grande Bretagne tous ces morts, nous dit-on, sont les victimes de la nécessaire et impérative « guerre contre le terrorisme ». Cette guerre permet tout de fait... le terrorisme d’Etat, le meurtre, la torture, les enlèvements, les lois liberticides et, en aval, la criminalisation des immigrants et des demandeurs d’asile.
 
 
A celles et à ceux qui observent sans broncher les horreurs du Moyen Orient, l’oppression inique des Palestiniens, la souffrance des Libanais et qui pensent qu’il suffit d’être neutres et qu’ainsi ils seront protégés et sauvés du marasme comme le sont les « étrangers » du Liban que leur pays respectif protège et rapatrie par milliers quand les « Libanais », les « Arabes », sont laissés à leur misérable destin... à ceux-là, il faut dire avec force que la folie ou la complicité meurtrières des Etats-Unis et de leurs alliés a, et aura, des conséquences qui ne s’arrêteront pas aux frontières de leurs riches pays comme on y arrête les immigrants « de là-bas. »
 
 
Dans notre quotidien, dans notre paix sociale, dans notre convivialité, dans notre sécurité, dans nos lois, dans nos droits, dans nos libertés comme dans nos vies... nous ressentirons bien vite et très concrètement les conséquences de nos lâchetés devant la barbarie. Le silence de celles et de ceux qui ne savent plus dénoncer « les terreurs officielles » ni se lever en face de tant d’injustices et de telles horreurs est une honte, effectivement. Une de plus. A n’en point douter, nous serons un jour conviés - d’une manière ou d’une autre - à la table de ceux qui ont des comptes à rendre et nous devrons, comme tant d’autres, y boire la substance de notre honte et de notre démission déshumanisées. 
 
 
Ces derniers jours, je suis resté pensif. A quoi peut-il bien servir de « condamner le silence » de la communauté internationale face à l’oppression continuée du peuple palestinien et aux massacres perpétrés au Liban... A quoi cela peut-il bien servir, en effet ? Peut-être à se donner le droit - au nom de la cohérence - de faire silence quand les puissants de ce monde s’agiteront pour faire « condamner » les conséquences de leur silence ! Peut-être...il y aurait quelque logique à cela.
 
 
Ou peut-être plus simplement... au nom de la dignité... pour refuser de se taire et ne jamais cesser de résister aux oppresseurs et aux meurtriers, même riches, même « civilisés » !
par tarik ramadan publié dans : Analyse/ Chronique
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Mercredi 19 juillet 2006
Un membre de l'équipe de la chaîne satellitaire qatariote Al-Jazeera a été blessé par des "tirs israéliens" pendant la couverture en direct d'une incursion de l'armée israélienne à Naplouse en Cisjordanie mercredi.

La correspondante de la chaîne en Cisjordanie, Jevara al-Boudeiri, relatait en direct les mouvements de l'armée israélienne lorsque des coups de feu ont été entendus en provenance d'un endroit où l'on pouvait voir sur l'écran un char et des voitures militaires israéliennes.

Touché par balles au pied, le technicien Waël Tantous s'est effondré en direct devant la caméra avant d'être transporté par ses collègues, qui tentaient de s'abriter des tirs.

"Notre collègue a été touché par des tirs israéliens", a annoncé alors la correspondante.

"Depuis le déclenchement de la guerre actuelle contre le Liban, les équipes d'Al-Jazeera ont été la cible d'entraves et d'intimidations des autorités israéliennes, qui ont tenté de porter atteinte à notre correspondante Jevara al-Boudeiri et ont tiré des coups de feu sur le technicien Waël Tantous", affirme un communiqué de la chaîne.

"Waël Tantous a été blessé à la jambe. Sa vie n'est pas en danger", a précisé un porte-parole de la chaîne à l'AFP.
par saphir publié dans : Proche orient
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Dimanche 16 juillet 2006
Le journaliste libanais Hanady Salman, du quotidien As-Safir, adresse un appel sur le net pour que soient publiés les clichés ci-dessous, qui montrent un enfant et un jeune assassinés dans des conditions atroces samedi par un raid de l’aviation israélienne.






Voici son appel au secours :
"Chers amis et confrères, Je vous prie de bien vouloir m’excuser pour cet envoi. Il s’agit de photos d’enfants tués par les Israéliens au Sud-Liban. Leurs corps sont entièrement brûlés. J’ai besoin de votre aide. Je suis pratiquement certain que ces images ne seront pas publiées en Occident, bien qu’il s’agisse de clichés pris par l’agence américaine Associated Press. Aidez-moi à les rendre publics. Il faut savoir que ces victimes appartenaient à un groupe de gens auquel les Israéliens ont ordonné ce matin de quitter leur village de Tel Hafra dans les deux heures, faute de quoi ... Ceux qui le pouvaient quittèrent donc Tel Hafra, en direction du poste de l’ONU (présente dans la région depuis plus de 20 ans, après les précédentes invasions israéliennes, NDT) le plus proche. Mais arrivés à ce poste de l’ONU, on leur dit de ne pas rester, et de partir. Je suppose que compte tenu du précédent massacre de Qana en 1996 (lorsque l’aviation israélienne bombarda délibérément le poste de l’ONU de Qana, tuant plus de cent civils libanais qui pensaient y avoir trouvé refuge), les Nations-Unies ne veulent plus endosser une quelconque responsabilité vis-à-vis des populations civiles. Il y a quelques minutes, les Israéliens ont ordonné aux habitants du village d’Al Boustan, dans le sud du pays, d’évacuer leurs maisons. Je crains que les masscres ne se poursuivent, tant qu’on aura pas mis un terme aux actions militaires des Israéliens. Aidez-nous si vous le pouvez.

Hanady Salman"
http://angryarab.blogspot.com/

Appel traduit de l’anglais par CAPJPO-EuroPalestine

par Europalestine publié dans : Proche orient
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Samedi 15 juillet 2006
Les opérations du Hamas et du Hezbollah étaient des provocations militaires contre Israël, nul ne peut le nier. Mais en répondant à ces deux incidents circonscrits par des actes de guerre de grande envergure, Israël entame une escalade totalement disproportionnée.

La démesure nuit en tout, et elle est suspecte. Même si l’inénarrable George W. Bush, qui n’en est pas à une manifestation de soutien inconditionnelle près à Israël, prétend « qu’Israël a le droit de se défendre », l’Europe, elle, dénonce les réactions totalement disproportionnées de Tel-Aviv. Et elle a raison de s’inquiéter : 52 civils Libanais dont 15 enfants sont déjà morts lors des tirs de l’armée israélienne sur des villages du Sud Liban et l’aéroport de Beyrouth. Et ce n’est pas fini puisque les Israéliens eux-mêmes ont prévenu que ce n’était que le tout début des hostilités, menaçant de « faire revenir le Liban 30 ans en arrière ». En tout cas c’est un beau début, avec des frappes ciblées sur des ponts pour couper le pays, et des destructions d’un aéroport civil, rien de moins !

La communauté internationale est désemparée. Mais n’est-ce pas là une conséquence logique, méritée, et prévisible, de la mollesse de ses tentatives pour résoudre la crise israélo-palestinienne depuis plus d’un demi-siècle, et d’un parti pris lâche et cynique ? Laissant pourrir le terreau de la misère et de la détresse des Palestiniens sans espoir, aucune des voix qui comptent sur la scène internationale n’a véritablement laissé une chance à une paix bâtie sur un accord équitable. D’où l’avènement du Hezbollah, mi-milice armée, mi-parti politique, un état dans l’état au Liban et une force politique indéniable au Moyen-Orient. Et d’où aussi l’accession du Hamas au gouvernement de l’État Palestinien.

À qui profite le chaos ? Aux Syriens, à l’Iran, au Hamas et au Hezbollah, et sûrement à Ehoud Olmert, qui montre ainsi sa détermination à ses électeurs. Mais, le basculement dans une crise grave pourrait mener à la guerre et à un embrasement du Moyen-Orient avec ses cortèges de malheurs pour la population civile des trois côtés (Libanais, Palestinien et Israélien), avec la destruction d’infrastructures coûteuses et indispensables au bon fonctionnement du pays. Sans compter que la Syrie, et aussi l’Iran, où plane la menace d’une frappe sur des installations nucléaires, entreront aussi en lice tôt ou tard.

L’enlèvement de trois soldats constitue-t-il un crime tel, qu’une véritable déclaration de guerre s’ensuit avec une telle intensité des frappes ? À quoi attribuer cette hâte et cette démesure des Israéliens à montrer sa force sans retenue et à promettre l’apocalypse à ceux qui l’ont outragé ? Vulnérable, pris en étau, Israël réplique dans la démesure, franchissant une ligne rouge qui autorise toutes les craintes et enclenchant la spirale des violences.

Forte de sa supériorité militaire, Israël est sûr de gagner. Mais gagner quoi ?

Ashoka

par Ashoka publié dans : International
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Vendredi 14 juillet 2006

bombardement israeliens au Liban
Vidéo envoyée par khalidoune
publié dans : A lire à écouter ou à voir
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Mercredi 12 juillet 2006

On peut tirer au moins trois leçons de la coupe du monde de football. Les voici :

La première leçon concerne la vitesse avec laquelle on descend quelqu’un et la vitesse avec laquelle on le porte aux nues de nouveau. Je parle ici des medias qui ont vomi sur Domenech lors des débuts difficiles de l’équipe de France dans le mondial, et qui ensuite l’ont encensé, après un ou deux succès.

La deuxième leçon c’est que la France entière était derrière son équipe. Même les racistes, ceux qui veulent expulser les noirs et les arabes. Mais l’équipe de France serait quoi sans eux ? Sagnol et Ribery joueraient à peu près à deux les balles que Barthez leur enverrait... Alors, il faudrait, une fois pour toutes, savoir si on en veut des noirs et des Arabes, Si on ne les veut que quand ils se font descendre pendant la guerre et quand ils gagnent des médailles sur les stades pour les bons petits Français bien blancs qui votent LePen et voteront pour que sarkozy karchérise les banlieues infestées de ces hôtes indésirables, mais qu’on ne veut pas d’eux dans les entreprises ni dans la vie publique.

La troisième leçon concerne l’incident avec Zidane. La presse a critiqué son geste. Et pourtant il y a fort à parier que Zizou a réagi viscéralement sous pression d’une provocation dont on ne saura pas si elle est individuelle ou collective et donc préméditée. Marco Materazzi a saisi Zidane sur son épaule blessée, en le faisant probablement exprès, et a vraisemblablement prononcé des insultes terribles, que Zidane n’a pu encaisser. Peut être des insultes concernant la famille de Zizou, ou autre chose tout aussi inadmissible. Alors, si c’est le cas, et si on le sait un jour, c’est ça le sport ? Et quelle est la valeur de la victoire italienne si ce subterfuge cynique et totalement déloyal a été utilisé pour évincer Zidane et éviter la précision de ses tirs au but. S’il avait tiré au lieu de Trézéguet, qui jouait contre plusieurs de ses amis italiens du même club, Zidane aurait pu faire basculer le résultat.

On le voit, on ne prend pas que du plaisir lors de la coupe du monde de football, on prend aussi des leçons de ce qui s’est passé. Et si c’est moins plaisant, c’est encore plus salutaire.

Ashoka.

par Ashoka publié dans : Sports
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